À quoi sert le design ?

Réduire notre impact écologique

Si vous regardez autour de vous, combien d’objets arrivez-vous à compter ? 10, 30, 100 ? D’où viennent-ils ? Avec quels matériaux sont-ils conçus ? Utilisent-ils des ressources rares ? Quels sont les emballages et les dépenses énergétiques qu’ils nécessitent ? Les objets que nous consommons ont un impact sur la planète… Alors pour réduire cet impact, faut-il arrêter de les fabriquer ? Ou alors le faire autrement ? Et dans ce contexte, à quoi sert le design ?

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1. Qu’est-ce que l’éco-conception ?

« L’éco-conception consiste à intégrer l’environnement dès la conception d’un produit ou service, et lors de toutes les étapes de son cycle de vie. »
Telle est la définition formulée par l’Association française de normalisation (Afnor) en 2004.

L’éco-conception est donc une démarche qui induit une réflexion sur notre impact écologique dans le cadre du développement de produits de consommation tout autant que de services – selon la norme Afnor, le terme « produit » englobe celui de « bien » et celui de « service ».
Pratiquer l’éco-conception, c’est suivre un processus qualifié d’économie circulaire, car ce sont toutes les étapes du cycle de vie d’un produit qui vont être étudiées de manière à connaître l’ensemble des répercussions environnementales associées à la création de ce nouveau produit.

Schéma représentant l'éco-conception : Fabrication, Transport logistique, usage, recyclage en fin de vie, conception, extraction de matières premières puis départ d'un nouveau cycle itératif.

C’est pour cette raison que l’éco-conception est considérée comme une démarche préventive. Elle permet une analyse par anticipation d’un ensemble d’impacts positifs ou négatifs et offre ainsi les moyens d’effectuer des choix mesurés et stratégiques, avant de commencer la création concrète d’un produit.

Les designers s’emparent des enjeux écologiques en adoptant, selon leurs domaines d’intervention, les principes de l’éco-conception. La démarche design peut en effet intégrer une réflexion sur les effets environnementaux, les incidences sociales et sociétales ou encore les conséquences humaines engendrées par une production ou une action donnée.

2. Portraits de designers : coopérative Mu

François-Xavier Ferrari, designer industriel, et Anthony Boule, ingénieur environnement, fondent la coopérative Mu en 2010. Leur agence rassemble des profils aux compétences professionnelles complémentaires avec l’ambition de créer des projets. Ce sont des ingénieurs, des designers et des experts matériaux qui élaborent ensemble les solutions pour améliorer l’éco-efficacité de produits ou de services pour lesquels la coopérative est sollicitée.
Chez Mu, le travail d’éco-conception intègre l’analyse des impacts, même a priori non visibles, des produits. Ainsi, c’est l’ensemble du « système produit » qui est étudié : où et comment les matières premières sont-elles produites ? Comment sont-elles transportées et transformées ? Comment le produit fini est-il ensuite lui-même emballé, transporté, vendu, utilisé et recyclé ?
Cette évaluation environnementale permet de repérer à chacune des étapes de production les points à travailler pour améliorer la portée environnementale du produit.

Découvrez l’ensemble des projets réalisés par l'agence d'éco-conception Mu.

Qu’est-ce qu’une coopérative ?
« Une coopérative est une association autonome de personnes volontairement réunies pour satisfaire leurs aspirations et besoins économiques, sociaux et culturels communs au moyen d’une entreprise dont la propriété est collective et où le pouvoir est exercé démocratiquement. »
Déclaration sur l’identité coopérative de l’Alliance coopérative internationale, 1895 (révisée en 1995). Autrement dit, dans une coopérative, les différentes personnes associées sont leur propre patron. Elles décident ensemble la manière de gérer et de faire évoluer l'entreprise.

3. Un projet « éco-conception » dans mon établissement scolaire

L’éducation au développement durable inscrite dans les programmes scolaires offre la possibilité de construire avec les élèves des projets interdisciplinaires, voire transversaux, qui peuvent intégrer une réflexion sur l’éco-conception.
Une approche pédagogique par le projet permet aux élèves de s'approprier plus facilement une méthodologie transférable dans le monde professionnel et la découverte des métiers associés à l’éco-conception renforce l’acquisition de leurs compétences en la matière.

Au collège, les enseignements pratiques interdisciplinaires (EPI) et les travaux personnels encadrés (TPE) au lycée donnent un cadre pour la conduite de projets « éco-conception » qui vont :

  • rendre les élèves acteurs de leurs apprentissages ;
  • solliciter plusieurs enseignements pour l’accompagnement des élèves ;
  • enrichir les connaissances de la communauté éducative sur le développement durable ;
  • apporter de potentiels sujets de présentation à l’oral du brevet ou du baccalauréat ;
  • nourrir la réflexion des élèves sur leur orientation.

Des pistes à explorer

Piste 1 : Mener une enquête

À l’image de l’analyse des impacts environnementaux pratiquée par la coopérative Mu, les élèves réalisent une enquête sur la manière dont fonctionne le service de restauration de l’établissement. Cette enquête va nécessiter l’interview de personnels de l’établissement (gestionnaire, service de restauration, notamment) pour découvrir l’origine géographique de l’approvisionnement en denrées alimentaires, le traitement des déchets et des emballages, par exemple. Les découvertes peuvent être restituées sous des formes facilement partageables avec les classes qui ne participent pas directement au projet (podcasts, vidéos ou panneaux de synthèse). Si l’objectif est de sensibiliser les élèves aux conséquences du gaspillage alimentaire, in fine, des règles de bonne conduite peuvent être élaborées et affichées à l’entrée de la cantine afin que tous les usagers s’en emparent.

Piste 2 : Explorer une thématique

Le choix d’une thématique favorise l’adhésion et la participation d’un grand nombre d’enseignements au projet. Celle de l’eau, par exemple, soulève plusieurs registres de questionnements :
- D’où vient l’eau consommée ?
- Quelle quantité d’eau est consommée pour le fonctionnement de l’établissement ?
- En quoi les usagers de l’établissement sont-ils concernés par cette consommation ?
- Où les élèves peuvent-ils trouver de l'eau dans l'établissement et quels en sont leurs usages ?
- L’eau de pluie est-elle récupérée pour arroser les espaces verts ?
- Peut-on envisager la création d’un jardin dans l’établissement qui utilise uniquement l’eau de pluie ?

Ces projets peuvent concerner une ou plusieurs classes, un niveau complet ou l'ensemble de l'établissement.

Des projets réalisés

Découvrez 11 projets d’éducation au développement durable réalisés en 2018-2019 dans l’académie de Strasbourg

4. Pour aller plus loin

Les éco-délégués

Sollicitez les éco-délégués pour construire et mettre en œuvre un projet issu d’une réflexion ou d’une démarche concernant l’éco-conception au sein de votre établissement.
Élus au même titre que les délégués de classe, les éco-délégués ont pour mission d’aider à une prise de conscience et à une concrétisation des gestes, des attitudes à adopter ainsi que des actions à entreprendre pour la préservation de l’environnement et le développement durable.
Pour en savoir plus sur les éco-délégués et leurs rôles à l’école primaire, au collège et au lycée, consultez l’article dédié sur le site du ministère de l’Éducation nationale.

La labellisation « E3D »

Cette labellisation concerne les établissements scolaires qui entreprennent une « démarche globale développement durable ». Elle accrédite une approche de l’éducation au développement durable qui soit interdisciplinaire entre les enseignements, inter-métiers dans l’établissement et partenariale avec des acteurs territoriaux, notamment.

Pour mieux connaître la labellisation « E3D », consultez le référentiel de mise en œuvre.

Visitez également le site du Pôle national de compétences et de ressources pour l’éducation au développement durable.

Estelle Béline, professeure agrégée d'Arts Plastiques