Synopsis

Hammond 1955 : une petite ville du nord de l’État de New York au temps d’Eisenhower. Une bande de cinq adolescentes, écrasées par les inégalités (modèle social paternaliste et machiste) et en conflit avec l’institution (école et justice), concluent un pacte à la vie à la mort en formant une société secrète du nom de Foxfire. « Foxfire » pour « jolie fille » en argot américain, mais aussi pour « feu follet ». Mais quand le « feu » est associé à la « ruse du renard », on ne peut qu’imaginer un « double je » qui ne manquera pas de mener cette confrérie idéaliste à sa perte. Ainsi, en devenant des « sœurs de sang » sous la dominance de leur intrépide chef de file Legs, elles seront amenées à vivre une équipée sauvage à travers des délits mineurs (graffitis, intimidation) et majeurs (vol de voiture, menaces à mains armées, enlèvement) et vivront leur American Dream selon leurs propres lois dans une Amérique d’après-guerre dont la seule préoccupation est de savoir si l’on est heureux ou pas.
En mettant en vedette des jeunes filles « en crise », ce film nous livre une idée du féminisme, plus intuitive que politique, et nous plonge dans des questions philosophiques qui nous concernent tous : peut-on être indépendante et heureuse lorsqu’on est une adolescente dans une société consumériste et sexuée ? Peut-on vivre selon ses propres règles ? Dans quelle mesure peut-on exercer son libre arbitre quand on est confronté à la réalité ? Plus largement, Foxfire nous questionne sur nos engagements et notre façon de les faire « vivre » et perdurer dans le temps.
Comme le roman éponyme de Joyce Carol Oates, Foxfire : confessions d’un gang de filles, le film prend la forme d’un journal narrant les aventures des Foxfire à travers le regard et les souvenirs de Maddy, la chroniqueuse de la bande, qui reconnaîtra la vision à la fois naïve et utopiste de leur engagement : « Nous pensions que nous étions intouchables, invisibles, invincibles. Mais nous nous trompions. »
Things could be like a fairy tale. Let’s say, “Once upon a time, in the 1950s, in the small town of Hammond in upstate New York, near Lake Ontario, lived five high-school girls who were ‘invisible’ to the rest of society. One day, after one of them was publicly denigrated by their math teacher, they decided to form a gang in their own image and spirit and create a Secret Society that their leader Legs chose to call Foxfire, probably to evoke the rage and frustration that lay inside them. They were all the more bound together as after swearing an eternal pledge and getting tattooed, they started committing several offensive and illegal actions like doing graffiti on the city walls and shop-windows, breaking windows, menacing and taking revenge on male oppression. They would even live their American Dream in a Foxfire homestead by living together free from adults’ supremacy for a while. Unfortunately, the adventure turned into a nightmarish utopia, and so the Foxfire sisters, as they called themselves, “would not live happily ever after”. As a matter of fact, the story is a rather true-to-life experience since it is told by one of the girls called Maddy, who is the chronicler of the gang and starts her captivating account with a quite apologetic tone and a hint of nostalgia in her voice, “We thought we were intouchable, invisible, invincible. But we were wrong.”