Mémoire du travail. Patrimoines, représentations, mémoire

Introduction

En prolongement de l’ouvrage Mémoire du travail. Patrimoines, représentations, mémoire inscrit au programme de l’option histoire des arts du baccalauréat, consultez 17 autres objets d’étude, représentatifs du patrimoine du travail étendu à toutes les activités laborieuses : agricoles ou minières, artisanales ou industrielles, scientifiques ou scolaires, et resserrés sur l’Europe, plus particulièrement sur la France, du milieu du XVIIIe siècle à nos jours.

Des analyses de spécialistes et de pédagogues se croisent pour fournir, de façon complémentaire :

  • un « regard d'expert » sur l’objet d’étude à consulter via la cartographie,

  • des « questions d'enseignement » à exploiter en classe, disponible sous la cartographie.

Patrimoines

Bassin minier du Nord – Pas-de-Calais

Fosse n° 11-19 de Loos-en-Gohelle, terrils-jumeaux, carreau et cités des provinces à Lens et Loos-en-Gohelle, Pas-de-Calais. © Philippe Frutier / Altimage.

Questions d'enseignement

L’inscription du Bassin minier au Patrimoine mondial interroge l’évolution de la notion de patrimoine et de paysage. Les évocations de ce territoire sont anciennes et multiples, de Zola à Meunier et de Van Gogh à Aragon. Toutefois, en affirmant que le Bassin minier, par son patrimoine et ses paysages industriels, a autant sa place dans l’histoire du monde que les cathédrales ou les villes historiques, l’Unesco bouscule les représentations et les imaginaires sur l’industrie et ses patrimoines.
Il est par ailleurs essentiel d’interroger la place du patrimoine industriel dans la reconversion d’un territoire. Musées et lieux de mémoire sont fondamentaux pour la transmission d’une mémoire d’un territoire dédié à une activité industrielle. Le Centre historique minier de Lewarde en est ainsi un garant. Mais la reconversion d’un vaste territoire repose sur un subtil équilibre entre préservation d’une histoire et nécessaire évolution : inscrit au titre de « paysage culturel évolutif vivant », le Bassin minier est habité par 1,2 million de personnes. Le territoire doit donc suivre son évolution dans une dynamique respectueuse de son identité patrimoniale.
Enfin, il est primordial d’explorer comment le patrimoine de l’industrialisation permet une ouverture sur le monde. L’inscription du Bassin minier, par sa dimension internationale, oblige à se décentrer des échelles régionales, nationales et européennes. On peut alors comparer les sites entre eux, au titre des interprétations patrimoniales ou des dispositifs de valorisations, et confronter les points de vue français, britannique ou allemand. Le sujet permet également d’aborder l’actualité, notamment les représentations des catastrophes, comme celle de Mariana au Brésil en 2015.

Par Marie Patou, chargée de mission à la Mission Bassin Minier et Gérard Dumont, professeur missionné au Centre historique minier de Lewarde.

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Les plaques muletières

Plaque muletière en laiton à épigraphe gravé, 1875, Musée des vallées cévenoles, Saint-Jean-Gard. Source : Musée des vallées cévenoles.

Questions d'enseignement

 Il est rare que l’on traite des arts populaires en classe et pourtant il est des objets traditionnels qui ont donné lieu à une inventivité remarquable : épis de faîtage, girouettes, clarines ou plaques muletières.

Les plaques muletières témoignent de la collaboration de l’homme et de l’animal. Les bêtes de somme comme l’âne, la mule et le mulet bénéficient dans de nombreuses traditions populaires d’harnachements décorés. La présence de l’ornement – des motifs, des couleurs vives – peut être comprise comme une échappatoire à la pénibilité et l’austérité du travail rural. Si les plaques muletières relèvent de l’art du métal (repoussage, ciselage et gravure), on trouve ailleurs une grande attention portée aux textiles : tapis de selle (Grèce), matelassures (Algérie) ou sacoches de selle, les splendides khordjins persans dont les motifs et les techniques de tapisserie varient selon les tribus d’Iran.

Cette entrée permet aussi d’envisager les enjeux de la mémoire du travail rural, des travaux des folkloristes aux problèmes actuels de muséographie. On pourra, pour cela, évoquer la constitution de collections ethnographiques – par le Musée national des arts et traditions populaires (1937-2005) en France – et leur redéploiement au sein d’ensembles vastes conduisant à des expographies transversales en forme de récit (au MUCEM de Marseille, au musée des Confluences de Lyon). On constatera ainsi qu’aujourd’hui, un musée se définit parfois moins par une collection qu’un projet et une mission. On pourra, enfin, ouvrir l’étude à d’autres musées d’art populaire, soit en France dans le contexte des « arts premiers », soit à l’étranger, comme ceux d’Athènes, Alger ou Mexico qui présentent la diversité du travail du bois, des métaux, du cuir, du textile, du verre et de la terre sur leur territoire national et font réfléchir à la notion controversée de folklore.

Par Fanny Gayon, professeur d’histoire des arts au lycée Léon-Blum de Créteil.

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La saline royale d’Arc-et-Senans

Salines d’Arc-et-Senans, vue aérienne, Doubs. Source : Collection Salines royales.

Extrait de "Les salines royales d'Arc-et-Senans" réalisé par Jacqueline Margueritte, série : Eveil (OFRATEME - 1973) © Réseau Canopé

"Arc-et-Senans, de la manufacture à l'utopie". Extrait de « Trois cités industrielles », réalisé par Patrice Gauthier, série : L’aventure des villes nouvelles (CNDP, La cinquième - 1996) © Réseau Canopé

Questions d'enseignement

Si ce n’est quelques chanceux qui auront l’opportunité de visiter la saline de Ledoux, la majorité des élèves pourront avoir un aperçu du site par les nombreuses photographies disponibles sur internet et surtout grâce à l’épisode de la série Architecture de Richard Coppans et Stan Neumann qui lui est consacré (Arte TV).

L’observation des façades permet de prendre la mesure d’un programme architectural. On pourra ainsi constater le traitement différencié des bâtiments selon leur fonction : l’architecture « à caractère » de Ledoux se teinte de références locales pour les espaces de vie et de travail des ouvriers, elle se fait néoclassique quand il s’agit de la maison du directeur, plus haute, placée au centre du demi-cercle. Le porche d’entrée dorique rappelle l’activité du site par son aspect rocailleux.

Salines d’Arc-et-Senans, la maison du directeur, Doubs. Source : Collection Salines royales.

L’étude des plans de la cité idéale de Ledoux révèle l’importance de la géométrie (la figure du cercle en particulier) et montre comment la ville s’organise autour du travail. Il faut rappeler alors le contexte historique de la révolution industrielle. L’étude des écrits de Ledoux (disponibles en ligne) permet de replacer l’artiste dans la pensée rationaliste et utopiste des Lumières, pensée mise en œuvre dans la distribution des bâtiments : on peut observer l’orientation est-ouest des logements pour le meilleur ensoleillement, la possibilité de cultiver son jardin…

À partir de ce site singulier, il est possible d’engager une réflexion sur la manière dont l’architecture s’adapte à une activité productive, mais aussi témoigne des rapports de pouvoir au travail et, au-delà, d’une certaine vision politique, voire utopique, du travail. Il convient enfin de s’interroger sur la place de la mémoire du travail dans ce type de valorisation patrimoniale : effacement de l’ancienne fonction productive au profit de la valorisation de l’œuvre architecturale, jusque dans la substitution de nom qui abandonne le terme de « saline » au profit du nom de l’architecte, etc.

Par Fanny Gayon, professeur d’histoire des arts au lycée Léon-Blum de Créteil.

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Bibliographie/sitographie
- « Arc-et-Senans, de la manufacture à l’utopie », vidéo (2 min 28 s) extraite de « Trois cités industrielles », CNDP-La cinquième, 1996.  
- « Patrimoine industriel : Arc-et-Senans », vidéo (2 min 16 s) extraite de « Trois cités industrielles », CNDP-La cinquième, 1996. 
- Neumann Stan et Nivoix Georges, Lieux d’architecture. N° 1. Lieux de travail, 1 DVD extra, 63 min ; 1 livret, 48 p., 2011.
- Nivoix Georges, Claude Nicolas Ledoux, architecte du regard, CRDP de Franche-Comté, 1 DVD vidéo, 12 x 01 min 40 s ; 1 livret, 36 p., 2006.

Le Familistère de Guise

La place du Familistère de Guise, Aisne. Source : Collection Familistère de Guise. Photographie © Stéphane Chalmeau.

Questions d'enseignement

Cette cité industrielle de Jean-Baptiste Godin a donné lieu à un documentaire de la série Architecture de Richard Coppans et Stan Neumann (Arte TV). Faute d’une visite sur place, il est primordial d’appréhender de manière sensible cet imposant complexe architectural : prendre la mesure de l’échelle des bâtiments, entendre la réverbération sonore des cours sous verrière, expérimenter les coursives intérieures exposant chacun au regard et à la surveillance de tous, constater la proximité des logements avec l’usine et les différents services, mais aussi la relation de la cité à la ville : à la fois proche et autarcique.

La comparaison avec une initiative similaire de la fin du XIXe siècle comme Noisiel est éclairante. On retrouve des traits communs qui relèvent du paternalisme patronal – le logement ouvrier s’accompagne de services divers (écoles, coopérative…) – et d’autres représentatifs des techniques de construction d’alors – architecture de brique, usage du métal et du verre. Mais elle met en évidence aussi l’originalité du parti pris de Godin : celui du logement collectif. Ainsi, ses ouvriers sont logés dans de véritables palais qui s’inspirent autant de Versailles que des « phalanstères » imaginés par Charles Fourier, dont la modernité et l’organisation devaient favoriser l’harmonie sociale. La lecture de textes et dessins de ce dernier permet ainsi de comprendre la pensée sociale de Godin.

Fanny Gayon, professeur d’histoire des arts au lycée Léon-Blum de Créteil.

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La sucrerie de Bois Rouge

Sucrerie de Bois Rouge, Île de la Réunion, 1897. Source : musée Léon-Dierx.

Questions d'enseignement

Alors que durant deux siècles, l’industrie du sucre de canne fut la principale activité de l’île de la Réunion, seules deux sucreries restent en activité aujourd’hui dont celle de Bois Rouge. Que celle-ci soit aujourd’hui ouverte au public pour des visites jumelées avec la rhumerie de Savanna – le rhum est un produit dérivé du sucre de canne – est représentatif de la conscience moderne du patrimoine vivant et de la nécessité de le transmettre, même si celui-ci s’éloigne des critères traditionnels du beau et du monumental.

Il est par ailleurs éclairant de comparer Bois Rouge avec l’usine Stella Matutina, ancienne usine sucrière réunionnaise. On retrouve dans les deux cas des structures identiques : l’ensemble s’organise autour d’une maison de maître, d’un jardin, d’un domaine agricole et des logements pour la main-d’œuvre. Ce plan peut être analysé dans la mesure où il induit un type bien particulier d’organisation du travail et de la vie sociale selon lequel les travailleurs vivent sur le lieu de production. Or, il est intéressant de souligner que cette organisation propre au mode esclavagiste persiste avec les premières formes de salariat, correspondant par ailleurs à l’organisation de la production industrielle au XIXe siècle de certains lieux métropolitains étrangers à l’histoire de l’esclavage.

De même, une topographie commune – les domaines s’étendent de la côte aux montagnes – vient rappeler combien les aménagements ont dû composer avec l’environnement. Il est alors possible de travailler sur la notion de paysage et d’analyser la manière dont l’organisation de la production transforme la nature. L’usine Stella Matutina, musée public régional, présente les techniques de l’industrie du sucre de canne grâce à une approche qui fait la part belle à l’histoire : le centre de documentation concentre la mémoire de l’engagisme, du paysage transformé par l’industrie et de l’évolution de l’activité sucrière de l’île. Par ailleurs, les ruines du domaine de Saint-Gilles-les-Hauts de Villèle à Saint-Paul, qui sont parmi les mieux conservées de l’île, permettent d’appréhender combien les constructions étaient régulièrement l’objet de travaux d’amélioration ; il est toujours possible d’observer la roue métallique qui permettait d’approvisionner en eau l’usine depuis un canal. Ces traces dans le paysage viennent rappeler combien celui-ci doit se lire comme un palimpseste où il convient de savoir débusquer le travail des hommes. Patrimoine industriel et « nature » ne peuvent ainsi être dissociés.

Par Fanny Gayon, professeur d’histoire des arts au lycée Léon-Blum de Créteil.

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Les Grands Moulins de Corbeil-Essonnes

Les magasins des Grands Moulins de Corbeil-Essonnes, sur la Seine, vers 1910, Essonne. © CAP/Roger-Viollet.

Questions d'enseignement

L’incendie d’un des silos de Corbeil en novembre 2016 peut permettre de poser en classe la question des problèmes de patrimonialisation des sites industriels. Comment conserver des bâtiments encore en usage ? Comment composer à la fois avec le désir de préserver une mémoire du travail et la nécessaire modernisation d’infrastructures qui doivent s’adapter à l’évolution de l’industrie ?

Il est intéressant de commencer par replacer les bâtiments dans une chronologie : architectures de pierre, de brique ou de béton, les différents édifices témoignent chacun de leur temps. On se demandera alors ce qu’a pu apporter l’introduction du verre ou de la structure métallique à ces lieux de travail. Ce sera aussi l’occasion de déconstruire l’un des préjugés des élèves : l’architecture industrielle serait inesthétique. Comment en juger ? Comment lire cette architecture ? On pourra introduire la distinction entre fonction, forme et style. Si les bâtiments du XVIIIe et XIXe siècle, de style néoclassique, nous semblent majestueux, c’est en voyant à Montréal, en 1923, des silos à béton similaires à ceux de Corbeil que Le Corbusier, fasciné par leurs formes pures et fonctionnelles, construisit sa réflexion sur la vérité architecturale.

Enfin, comprendre cette architecture, c’est aussi comprendre sa fonction, les outillages et machines. Encore faudrait-il aller à la rencontre de ceux qui y exercent pour qu’ils partagent leur expérience.

Par Fanny Gayon, professeur d’histoire des arts au lycée Léon-Blum de Créteil.

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Mémoires

Scénographie de la Salle de classe de la IIIe République

Reconstitution d’une salle de classe Jules Ferry au Musée national de l’Éducation à Rouen, Seine-Maritime. Source : Munaé (Musée national de l’Éducation).

Questions d'enseignement

L’important effort de construction d’écoles dans toute la France à partir des années 1830 est l’aboutissement d’une pensée de l’enfant et de la pédagogie qui naît avec l’Émile de Rousseau et se poursuit durant tout le XIXe siècle. C’est peut-être le Grand Meaulnes d’Alain Fournier (1913) qui a, pour des générations, incarné l’école de Jules Ferry. On peut visiter à Épineuil-le-Fleuriel (Cher) la maison-école qui a inspiré le roman et qui, devenue musée, nous replonge dans l’atmosphère d’une école rurale du début du XXe siècle. L’augmentation significative du nombre d’écoles à cette époque répond également à un objectif politique : l’uniformisation des savoirs et de l’instruction, afin de former de futurs citoyens dans un cadre national et républicain. Ces salles de classes d’autrefois font réfléchir à celles d’aujourd’hui. On est frappé par l’opposition entre les tons sombres du mobilier d’antan et l’accent mis aujourd’hui sur la blancheur et la lumière. Des baies vitrées s’ouvrent désormais sur un paysage rural ou urbain plutôt que sur une cour intérieure : un monde scolaire clos, recueilli, inspiré du cloître, et un monde d’ordre et de discipline, inspiré de la caserne, ont laissé place à une école partie prenante de son environnement. Le mobilier s’est adapté aux nouveaux matériels et aux nouvelles technologies, l’ergonomie de l’écriture à la plume n’étant pas celle de l’écriture au stylo. Les tables au plateau horizontal d’aujourd’hui permettent un travail de groupe que les pupitres penchés, reliés aux bancs ne permettaient pas. Cependant, l’espace architectural de la classe, celui de l’école, leur organisation ont-ils si radicalement changé ?

Comme en témoigne l’école réalisée à Suresnes par les architectes Lods et Beaudouin en 1935, les années 1930 ont été particulièrement créatives en architecture scolaire, les préoccupations hygiénistes se mêlant à un esprit utopiste. On peut s’intéresser à l’architecture et au mobilier scolaire fonctionnels du designer Jean Prouvé (ancienne école de Vantoux, 1950) ou de Jean Renaudie (école Einstein d’Ivry, 1982) qui proposent une nouvelle pensée des espaces scolaires dans un esprit soit rationaliste soit organique et poétique, pour aller jusqu’aux plus récentes expéri¬mentations de classes immersives.

Par Fanny Gayon, professeur d’histoire des arts au lycée Léon-Blum de Créteil.

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Les Halles de Paris

Les Halles de Paris, vue aérienne, 1952. © Roger Henrard / Musée Carnavalet / Roger-Viollet.

Extrait de "Les Halles, du marché au forum" réalisé par Mehdi Zergoun, série : Parcours d’histoire (CNDP, La Cinquième - 1998) © Réseau Canopé

Extrait de « Images de Paris en novembre », réalisé par Patrice Gauthier, série : Télé-Voyages (CNDP- 1976) © Réseau Canopé

Questions d'enseignement

Pour donner vie à ce chef d’œuvre disparu, on peut se plonger dans la lecture du Ventre de Paris de Zola, regarder le tableau naturaliste de Léon Lhermitte et plus proches de nous les photographies de Robert Doisneau ou le film de Duvivier Voici le temps des assassins (1956). Ainsi pourra-t-on voir une véritable ville dans la ville, où dans les divers pavillons, dans les allées, s’activent des commerçants, des plus miséreux aux plus installés, hommes et femmes, peuple de Paris laborieux et haut en couleur.

Avec les dessins de Baltard, les photographies de Doisneau constituent le support idéal pour observer et comprendre l’originalité des édifices, si l’on ne peut visiter le seul vestige conservé en France, le Pavillon Baltard, remonté à Nogent sur Marne. On peut y observer l’association de la fonte, du verre et du bois, sur des soubassements en brique. Les poteaux et poutres affinés, ornementés, semblent réaliser dans le métal l’idéal gothique d’une architecture légère, lumineuse et spatieuse. En outre, les halles de Baltard inaugurent, dans toute la France, une vague de constructions fonctionnelles en structure métallique apparente : marchés, halles et gares, dont beaucoup sont encore en usage et dont la visite peut constituer un point d’appui à l’étude des halles de Paris. On peut ainsi observer in situ l’espace, la lumière et la polyvalence des lieux.

Par Fanny Gayon, professeur d’histoire des arts au lycée Léon-Blum de Créteil.

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Sitographie
- « Le quartier des Halles à Paris : le marché et les pavillons Baltard », vidéo (4 min 59 s) extraite de Les Halles du marché au forum, Collection « Galilée » Série « Parcours d’histoire », © La Cinquième-CNDP - 1999.
- « Le quartier des Halles à Paris : la construction du forum », vidéo (3 min 58 s) extraite de Les Halles du marché au forum, Collection « Galilée » Série « Parcours d’histoire », © La Cinquième-CNDP - 1999.

L’usine Motte-Bossut

Salle de lecture des Archives nationales du monde du travail, Roubaix, Nord. © ANMT (Archives nationales du monde du travail).

Questions d'enseignement

Les archives du monde du travail déposées à Motte-Bossut sont riches de nombreux fonds d’agences d’architectes. Elles contiennent, entre autres, celles d’Alain Sarfati, architecte en charge de réhabiliter l’usine. Il paraîtrait tout à fait pertinent d’engager avec les élèves une recherche dans celles-ci, afin de faire saisir le processus de formalisation et de reconversion de la filature. L’exploration de plans, dessins et notes d’intention, en relation avec les archivistes, pourrait consister en une étude comparée du projet de départ et du projet d’arrivée, afin de comprendre les contraintes et réorientations qui ont animé la réalisation du lieu. On y percevrait tout particulièrement la manière dont s’est formulée l’ambition de conservation du patrimoine industriel. Cela permettrait de donner, en outre, la mesure concrète du travail – souvent collectif – qui préside à la création architecturale. Enfin, par la consultation et l’étude du dossier de presse constitué au moment de l’inauguration, s’envisagerait la réception – compliquée – du bâtiment rénové.

La plongée dans un service d’archives est aussi la manière la plus immédiate pour appréhender la question de la conservation des traces et la constitution d’un « lieu de mémoire » : le souci de favoriser l’appropriation collective du passé ouvrier y serait directement perceptible. En région, les archives départementales ou communales peuvent conserver des fonds permettant également d’étudier des démarches similaires.

Par Vincent Casanova, professeur d’histoire des arts au lycée Léon-Blum de Créteil.

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La Ruhr et la reconquête des paysages industriels

Vue générale du complexe industriel de la mine de charbon de Zollverein classé au Patrimoine mondial de l’Unesco, ancienne usine cokerie désaffectée, Essen, bassin de la Ruhr, Rhénanie-du-Nord-Westphalie, Allemagne. © image BROKER / hemis.fr.

Questions d'enseignement

Le complexe industriel de la mine de charbon de Zollverein à Essen peut constituer un cas concret pour faire réaliser aux élèves un travail qui s’assimile à celui de conservateurs travaillant en vue du classement au patrimoine mondial de l’Unesco. En rappelant que le lieu a été retenu en 2001 selon les critères 2 et 3 définis par l’organisation internationale, on pourrait leur demander de rédiger chacun une notice qui expliciterait en quelques phrases les arguments ayant conduit à sa sélection, puis, dans un second temps, comparer avec les formulations proposées par le site officiel. Il y aurait là une manière de saisir, d’une part, l’importance de propos bien choisis et d’un vocabulaire spécifique pour rendre compte avec précision des œuvres, et, d’autre part, cela conduirait à faire comprendre combien le regard sur l’architecture industrielle change dès lors que celui-ci se nourrit de la notion de patrimoine.

Pour prolonger cette perspective et dans un souci de mise en œuvre pratique, il serait possible d’engager les élèves à aller photographier des éléments d’architecture industrielle de leur environnement proche, tels Bernd et Hilla Becher : la réflexion sur l’art du cadrage s’y éprouverait ainsi directement. La pertinence esthétique d’une visite de la « Route de la culture industrielle » y gagnerait ainsi sa pleine évidence.

Par Vincent Casanova, professeur d’histoire des arts au lycée Léon-Blum de Créteil.

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Haut-fourneau de l'ancienne usine sidérurgique Thyssen de Meiderich, parc paysager de Duisburg-nord, Rhénanie-du-Nord-Westphalie, Allemagne. © image BROKER / hemis.fr.

Le haut-fourneau U4 d’Uckange

Claude Lévêque, Tous les soleils, 2007. Commande publique, Haut-fourneau U4, Communauté d’agglomération du Val de Fensch/Ministère de la Culture et de la communication, Uckange, Moselle. Projecteurs avec filtres rouges et orangés, tubes fluo et lampes infra-rouge, cheminement et belvédères en métal galvanisé, jumelles et panneaux d’orientation, peinture or. Propriété de la Communauté d’agglomération du Val de Fensch. Photo © Marc Domage © Claude Lévêque. Collection de l’artiste et Kamel Mennour, Paris. © ADAGP, Paris 2017.

Questions d'enseignement

Au moment où de nombreuses usines cessent leur activité sous le coup de la désindustrialisation, se pose une question inédite : faut-il conserver ces témoignages de l’architecture industrielle du passé ? Admirés comme fleurons économiques, on ne leur a longtemps daigné la moindre valeur esthétique.

Pourtant, le choix fait à Uckange fut de transmettre cette mémoire ouvrière et se traduisit par une commande faite à Claude Lévêque pour une mise en lumière qui transforme les hauts-fourneaux en une gigantesque archi-sculpture que l’on peut faire apprécier en la comparant aux tableaux d’Elsie Driggs et de Fernand Léger. On étudiera le parti pris de la mise en lumière en remontant aux sources de l’op art avec Dan Flavin, artiste minimaliste américain, ou François Morellet en France qui, parmi les premiers, utilisèrent les néons pour transformer la perception de l’espace intérieur, Flavin jouant davantage de la couleur, Morellet, du graphisme du néon blanc sur fond noir.

De manière plus contemporaine, on peut mettre en regard le travail de Claude Lévêque et celui de Yann Kersalé qui s’est fait une spécialité de transformer musées et gratte-ciel en apparitions colorées et questionner pour chaque œuvre les partis pris de transformation de l’édifice matériel en installation lumineuse immatérielle. On peut enfin interroger ce choix de « farder » l’architecture métallique, en comparant cette réalisation avec les photographies « objectives » d’architectures industrielles de Bernd et Hilla Becher.

Par Fanny Gayon, professeur d’histoire des arts au lycée Léon-Blum de Créteil.

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Les usines Blin et Blin d’Elbeuf

Vue extérieure de l’ancienne usine de filature Blin et Blin, reconvertie en logements, îlot Gambetta, Elbeuf, Haute-Normandie. Photo Yvon Miossec © Inventaire général Région Normandie 1992.

Questions d'enseignement

Comme l’indique le titre du catalogue en ligne de l’exposition de 2012, « Blin et Blin, 150 ans d’une aventure industrielle à Elbeuf », étudier l’usine Blin et Blin, c’est aborder la question de la mémoire du travail sur le temps long. Elle permet d’appréhender l’histoire de l’industrie drapière depuis la révolution industrielle, ses modernisations techniques, ses luttes sociales et ses liens avec la grande histoire. Il faut aussi envisager les établissements Blin et Blin dans leur territoire : une Normandie spécialisée dans l’industrie textile depuis le Moyen Âge, ce dont témoignent à Elbeuf les vieux ateliers du XVIIIe siècle en pans de bois. Les divers ouvrages d’Emmanuelle Réal permettent de mener l’enquête sur l’évolution de l’architecture industrielle en Seine-Maritime.

L’ampleur de cette ville-usine et sa localisation en plein centre-ville ont exigé de penser, dès la fermeture, sa réaffectation, soulevant des problèmes d’architecture et d’urbanisme. On pourra étudier les réalisations des maîtres d’œuvre Reichen et Robert, spécialisés dans la réhabilitation de friches industrielles (les Grands Moulins de Pantin, la chocolaterie Menier…) afin de comprendre leurs partis pris, et s’intéresser au phénomène répandu de la transformation de bâtiments industriels en lieux d’art et de culture. La Fabrique des savoirs, qui fait la part belle à la mémoire ouvrière d’Elbeuf, est née dans le sillage de la Friche de la Belle de Mai de Marseille, du 104 à Paris ou de la Briqueterie de Vitry-sur-Seine. On pourra alors s’interroger sur ce choix de politique culturelle et se demander en quoi ces architectures sont propices à cette nouvelle fonction en mettant en regard le Centre Pompidou qui s’inspire de l’architecture industrielle.

Par Fanny Gayon, professeur d’histoire des arts au lycée Léon-Blum de Créteil.

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Vue intérieure du musée La fabrique des savoirs, installé dans l’ancienne usine de filature Blin et Blin, Elbeuf, Haute-Normandie. Photo Denis Couchaux © Inventaire général Région Normandie 2012.

Le site verrier de Meisenthal

Bâtiments de la plateforme verrière de Meisenthal, Centre International d’Art Verrier (CIAV), Meisenthal, Moselle. Source : Wikipédia.org © Claude Truong-Ngoc, 2012.

Questions d’enseignement

C’est souvent à l’Art nouveau qu’est associé l’art du verre. Le musée des Beaux-Arts de Nancy ou le musée d’Orsay permettent d’en admirer des chefs-d’œuvre. Pourtant, cet art est à la fois très ancien et encore vivace. Le site verrier de Meisenthal est dépositaire de cette histoire, mais surtout, veut la perpétuer. L’ancienne usine n’est pas seulement un musée, elle est, grâce au CIAV, un conservatoire du travail du verre. C’est là que les artisans font la démonstration de leur savoir-faire au public et transmettent les mots et les gestes de leur métier. Cet accès au patrimoine des gestes est exceptionnel, si bien qu’en 2011 ont été créées les Journées européennes des métiers d’art, durant lesquelles, dans toute la France et en Europe, les artisans et les musées ouvrent au public leurs ateliers où s’exerce un travail minutieux héritier d’une longue tradition, pour en perpétuer la mémoire et susciter des vocations.

Ainsi, Meisenthal est à la croisée de plusieurs problématiques de la mémoire du travail. La première est la sauvegarde des sites industriels. Le choix ici a été de réaffecter l’usine en un complexe culturel vivant où se produisent des concerts et des spectacles, mais qui garde, par sa thématique, un lien fort avec son passé et avec le territoire : Lalique, Gallé, Daum, ces noms prestigieux de l’industrie verrière ont fleuri en Alsace-Lorraine. La seconde est la conservation des métiers d’art en tant que patrimoine national. Pour échapper au risque de fossiliser ces savoir-faire d’excellence, Meisenthal invite des designers contemporains, créant, par le dialogue entre les arts, une véritable actualité du verre. On peut comparer le site verrier de Meisenthal avec le Centre international du vitrail de Chartres, qui, partageant la même mission pédagogique, s’est toutefois orienté vers un projet plus scientifique.

Par Fanny Gayon, professeur d’histoire des arts au lycée Léon-Blum de Créteil.

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Représentations

Tôlerie des Forges d’Abainville

Questions d'enseignement

La contextualisation est un élément clé d’appréhension de l’œuvre de François Bonhommé. Parce que celui-ci a mis son art au service d’une idéologie – la glorification de l’industrie et de ses acteurs nourrie de saint-simonisme – il peut s’inscrire dans une réflexion plus large sur la place de l’iconographie du travail dans les arts de propagande : en effet, « toute représentation esthétique du travail a quelque mal à prétendre au désengagement » (Paul Ardenne). Il apparaît dès lors crucial de rappeler combien ce qui peut être aujourd’hui perçu comme une ressource documentaire illustrant un moment de l’histoire des techniques était avant tout une création engagée : en écho avec la pensée de Proudhon, il s’agit de donner un sens à l’activité laborieuse. En travaillant sur les nombreux dessins préparatoires également, on soulignera d’autant mieux l’implication personnelle du peintre. Il y a là enfin le point de départ possible pour de multiples jeux de comparaison afin de souligner l’originalité de Bonhommé : d’une part, de Bouhot à Sisley en passant par Chassériau et surtout les Cyclopes modernes de Menzel, l’univers des forges a donné lieu à de nombreuses représentations. D’autre part, un prolongement sur la manière dont certains régimes totalitaires – notamment l’URSS avec le réalisme socialiste soviétique près d’un siècle plus tard, avec les œuvres d’Alexandre Deïneka, par exemple – ont fait du monde ouvrier et industriel un thème obligé, rappellerait combien ces œuvres doivent être regardées avec des yeux informés.

Par Vincent Casanova, professeur d’histoire des arts au lycée Léon-Blum de Créteil.

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Gustave Caillebotte, Les Raboteurs de parquet, 1875

Gustave Caillebotte, Raboteurs de parquet, huile sur toile, 1,02 x 1,465 m, 1875, Musée d’Orsay, Paris. Photo (C) RMN-Grand Palais (musée d'Orsay) / Hervé Lewandowski.

Questions d'enseignement

Les Raboteurs de parquet est une œuvre singulière sur le travail ouvrier au XIXe siècle interrogeant les rapports de domination sociale, mais aussi, incidemment, la question du genre. Peintre du nouveau Paris, Caillebotte voit dans l’urbanisme régulier, élégant voire monotone du baron Haussmann, le reflet de la bourgeoisie triomphante et de ses valeurs. Or, il montre ici – fait rare – l’envers du décor. On retrouve pourtant, comme dans ses paysages urbains, le même intérêt pour les perspectives et le point de vue en plongée, les effets de texture, l’opposition des lignes droites et courbes… mais ici, la ville haussmannienne est en construction et, comme pour un décor de théâtre (le parquet invite à l’analogie), les raboteurs apportent les dernières finitions à un appartement dont ils s’effaceront pour laisser place aux riches occupants. Les outils (rabots, marteau, ciseau), les copeaux de bois, les sacs posés dans un coin, le litre de vin rouge – marqueur social que l’on retrouvera dans les Repasseuses de Degas – posé sur la dalle de cheminée en marbre pour ne pas tacher le parquet participent à l’effet de réel.

La comparaison avec d’autres représentations du peuple laborieux à la même époque montre l’originalité du traitement du travail masculin. D’ordinaire, l’ouvrier est représenté en extérieur (Les Charbonniers de Monet, les photographies de Marville) ou à l’usine (L’Usine de fer de von Menzel, Les Fondeurs de Rixens). Il lutte contre la matière. L’intérieur est, en revanche, le domaine du travail féminin. Les raboteurs de Caillebotte, torses nus, exaltent le labeur viril, mais leur posture accroupie, bras tendus, les rapproche des métiers de blanchisseuse ou de lavandière qui bénéficient d’un fort succès chez les peintres de la deuxième moitié du XIXe siècle. Cette ambiguïté de l’œuvre, entre héroïsation et soumission, est explicitée dans le film de Cyril Collard, Les Raboteurs, réalisé en 1988 avec le chorégraphe Angelin Preljocaj. La violence et l’érotisme larvés du tableau y sont exprimés par la danse et les mots.

Par Fanny Gayon, professeur d’histoire des arts au lycée Léon-Blum de Créteil.

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Pour aller plus loin
Analyse de l'œuvre sur L'Histoire par l'image.

Maximilien Luce, Construction, quai de Passy, 1907

Maximilien Luce, Construction Quai de Passy, huile sur toile, 1 x 0,81 m, 1907, Musée de l’Hôtel-Dieu, Mantes-la-Jolie. © Musée Maximilien Luce, Mantes-la-Jolie, France / Bridgeman Images.

Questions d'enseignement

Quoique préoccupé par les aspects formels de la couleur et de la perception, Maximilien Luce ne cesse de s’intéresser au réel, porté notamment par son engagement politique. Son attachement aux modifications du paysage urbain tient davantage des photographies de Marville documentant la transformation de Paris sous le Second Empire. D’ailleurs, par la superposition des plans, Construction, quai Branly rappelle la photographie de Marville de 1870 montrant les travaux d’arasement de la butte des Moulins pour le percement de l’avenue de l’Opéra. On pourra avantageusement comparer la photographie et la peinture en questionnant le caractère documentaire de ces deux œuvres.

On peut également s’interroger sur la manière de représenter l’ouvrier au travail dans le décor de la ville et de ses transformations. Sous l’effet des mutations économiques et industrielles, l’art du début du XXe siècle accorde une place importante à la représentation du travail. Un contemporain de Luce, Alfred Stieglitz, photographie dès 1907 à New York les gratte-ciel en construction, fasciné comme lui par le graphisme des échafaudages et des squelettes de bâtiments en construction. Or, dans ces photographies, les hommes sont absents et le formalisme l’emporte. Les constructivistes russes, dans les années 1910-1920, exaltent la figure de l’ouvrier. Dans les années 1930, Lewis Hine et Charles Ebbets photographient les bâtisseurs de gratte-ciel, en se concentrant sur le caractère acrobatique et spectaculaire de leur travail. En France, à peine plus tard, on retrouve dans les tableaux de Fernand Léger le décor d’échafaudages et la représentation de l’ouvrier, tandis qu’André Lhote et François Desnoyer, poursuivant dans leurs paysages industriels la recherche de Luce en matière de couleur, se détournent de la figuration du travailleur.

Par Fanny Gayon, professeur d’histoire des arts au lycée Léon-Blum de Créteil.

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L’Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers

Diderot et d'Alembert (sous la direction), L'encyclopédie ou dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers, Tome 9, planche 1, Savonnerie. Différentes opérations pour la préparation du savon et ustensiles, 0,55 x 0,325 m, 1762. Photo (C) Ministère de la Culture - Médiathèque du Patrimoine, Dist. RMN-Grand Palais / image RMN-GP.

Regard d'expert

Cette encyclopédie française, composée de 17 volumes de textes et de 11 volumes de planches d’illustrations, est publiée de 1751 à 1772, à plus de 4 000 exemplaires, tirage considérable pour le XVIIIe siècle. L’initiative en revient à Denis Diderot (1713-1784) et à l’éditeur André-François Le Breton (1708-1779), qui confie en 1745 à Jean le Rond d’Alembert (1717-1783), philosophe, mathématicien et membre de l’Académie des sciences, la traduction de l’ouvrage anglais en deux volumes illustrés, la Cyclopaedia ou Dictionnaire universel des arts et des sciences (or an Universal Dictionary of Arts and Sciences) d’Ephraim Chambers, paru en 1728. Ce projet n’aboutit pas mais se transforme en une vaste entreprise, celle de l’Encyclopédie, dont d’Alembert écrit le « Discours préliminaire ».

Cette aventure rédactionnelle et éditoriale est l’œuvre collective d’une société de gens de lettres qui se donne comme objectifs de faire connaître la philosophie des Lumières et de « former un tableau général des efforts de l’esprit humain dans tous les genres et dans tous les siècles ; de présenter ces objets avec clarté […]. Jusqu’ici personne n’avait conçu un ouvrage aussi grand ; ou du moins personne ne l’avait exécuté », comme l’écrit Diderot en 1750. 160 auteurs ont ainsi contribué aux 72 000 articles de la première édition. L’ouvrage est publié dans une époque de censure contournée grâce à un système de renvois. L’ordre des articles est alphabétique et certains, dont le titre pourrait sembler subversif, sont d’apparence anodine mais renvoient à d’autres articles critiques de la société et du pouvoir.

Les dessinateurs connus de L’Encyclopédie, Louis-Jacques Goussier (1722-1799), Jacques-Raymond Lucotte (1733-1804) ou Louis-François Petit-Radel (1739-1818) « font davantage partie du monde de l’artisanat que de celui de l’art ; à l’exception de Charles-Nicolas Cochin, bien peu d’entre eux sont membres de l’Académie royale de peinture ».

La planche présentée est la planche 2 parmi les douze consacrées à la « Fayencerie » dans le Recueil des planches sur les sciences, les arts libéraux et les arts mécaniques, avec leurs explications. La page est partagée en deux parties. Le tiers supérieur – la vignette – représente un atelier où trois ouvriers, vêtus « aristocratiquement », sont occupés à remuer et pétrir la terre, à mouler et à tourner. Un poêle chauffe l’atelier et permet de sécher les pièces mises en forme et posées sur les étagères. Tout au fond, on aperçoit le foyer du four. La partie inférieure de la planche est occupée par le dessin de vingt pièces exécutées en faïence : sucrier, moutardier, tasse à café, salière, pot de garde-robe…

En quelque sorte, il s’agit de présenter « une vue idéalisée de l’artisanat et des manufactures, du travail humain, un monde propre où n’apparaissent pas la misère, le surpeuplement des ateliers, les fumées, les odeurs, le froid, la chaleur. »

Par Claudine Cartier, conservateur général du patrimoine.

Questions d'enseignement

Les planches illustrées de L’Encyclopédie sont une ressource iconographique facile à explorer : elles sont en effet toutes indexées sur le site internet planches.eu. On y retrouve ainsi les douze planches de la série sur la « Fayencerie », mais aussi celle sur tous les métiers identifiés du XVIIIe siècle – de l’« amydonnier » au vitrier, en passant par le maroquinier. L’exploration vagabonde d’un tel outil est une bonne manière de prendre la mesure de l’aventure qu’a représentée la réalisation d’un tel ouvrage et par là même une occasion de pointer ce que constitue le travail intellectuel.

Par ailleurs, ce site est un outil tout à fait mobilisable pour conduire un travail d’analyse formelle. En comparant des séries de planches d’univers professionnels radicalement différents se dégageraient les points communs propres à l’ensemble des représentations. En attirant le regard sur l’unité visuelle, il est ainsi possible de souligner la démarche qui caractérise celle des Encyclopédistes ; parce qu’ils veulent ramasser tous les savoirs connus et se saisir du monde, ils en donnent une vision uniforme, structurée de manière répétée mais, de ce fait, très lisible et appropriable. La volonté d’objectivité des gravures pourra être ainsi décryptée à l’aune du projet socio-politique que L’Encyclopédie incarne.

Par Vincent Casanova, professeur d’histoire des arts au lycée Léon-Blum de Créteil.

Prokofiev, Le Pas d’acier

Maquette de décor pour le final du Pas d’acier (ballet en deux scènes), chorégraphie de Léonide Massine, musique de Serge Prokofiev, dessin de Georges Yakoulov, 1927. Source : BnF / Bibliothèque-musée de l’Opéra, RC-A-76713.

Regard d'expert

Représenté le 7 juin 1927 au théâtre Sarah-Bernhardt, à Paris, par la troupe des Ballets russes, à l’initiative de Serge Diaghilev, Le Pas d’acier représente deux visions opposées du monde du travail. Le sujet du ballet repose en effet sur la reconstruction et l’industrialisation de la Russie socialiste qui éclipse l’ancienne Russie des tsars. Serge Prokofiev en a signé la partition musicale.

Comment la musique peut-elle incarner la mécanisation soviétique ? Quelle représentation du travail humain ce ballet révèle-t-il ? Selon l’argument, « les deux tableaux de ce ballet présentent une suite de scènes donnant deux aspects de la vie russe : les légendes du village et le mécanisme de l’usine ». L’évocation d’un monde ancien se matérialise sous forme de légendes allégoriques, décousues et désordonnées à la manière du théâtre de Meyerhold, avec quelques parenthèses lyriques et nostalgiques.

La Russie moderne s’incarne par un changement de scénographie : on pouvait découvrir un décor constructiviste, signé par G. B. Yakoulov, avec roues, engrenages, courroies de transmission, disques de signalisation, échelle ; les danseurs, portant tabliers de cuir, exécutaient des mouvements anguleux et répétitifs, tels les mouvements de machines-outils dont ils devenaient l’incarnation.

La musique adopte un vocabulaire sensiblement identique. Dans la scène « L’usine », les rouages sont symbolisés par des motifs répétés en boucle, des ostinati, qui se superposent. Aucun élan lyrique et chantant n’est employé ; la présence humaine semble quasi annihilée au profit d’un univers mécanique ; les motifs rythmiques dominent et insufflent une force motrice. La puissance de cette mécanisation est rendue par la superposition de ces motifs rythmiques, autant de rouages qui se combinent musicalement et visuellement. Prokofiev donne l’illusion d’accélération progressive en jouant sur les diminutions (en divisant les valeurs rythmiques de ces mêmes motifs). La puissance de cet univers industriel est renforcée par les ponctuations des cuivres et des instruments à percussions et une pulsation vivement marquée. Une écriture musicale « constructiviste » que l’on peut rapprocher de celle de Mossolov avec son ballet L’Acier de 1926-1927 ou de celle de Gottfried Huppertz dans la scène de la « Machine Moloch » du film Metropolis de Fritz Lang (1927).

Pour autant, il ne faut pas considérer Le Pas d’acier comme une vision manichéenne de deux mondes en désaccord, l’un à rejeter et l’autre idéalisé ; il découle de l’ensemble du ballet une unité stylistique évidente qui met en lumière le positionnement politique et artistique de Prokofiev.

Par Nadège Budzinski-Bourgeon, professeur de musique et formatrice en histoire des arts pour l’académie de Créteil.

Questions d'enseignement

Appréhender Le Pas d’acier peut se faire selon deux angles : d’abord en tant qu’œuvre musicale et donc par l’écoute d’un extrait enregistré. Celui-ci permettra de dégager les caractéristiques sonores de la composition. Le choix du tableau intitulé « L’usine » est sans doute le plus approprié (il s’agit aussi du dernier mouvement de la suite pour orchestre que Prokofiev conçut peu de temps après), car il joue de manière assez simple avec l’atmosphère du lieu de travail : répétition et lourdeur des motifs musicaux font écho, par analogie ou figuralisme, à la dureté du monde ouvrier. Cela ne plut d’ailleurs pas aux autorités soviétiques qui en attendaient une exaltation.

Il est possible ensuite de l’envisager plus globalement et de considérer la musique en articulation avec la chorégraphie, les décors et costumes. C’est ainsi qu’apparaît de la manière la plus complète la dimension créatrice de l’œuvre. On pourra pour cela s’appuyer sur le travail de reconstitution réalisé par l’université de Princeton en 2005 ou, à tout le moins, sur la maquette de décor de Yakoulov présentée lors de l’exposition « Danser sa vie » au Centre Pompidou en 2011-2012 : la figure stylisée de la roue occupe une place centrale au sein d’échafaudages et permet ainsi de mesurer combien l’esprit constructiviste a fait de l’univers laborieux soviétique une source d’inspiration privilégiée.

Un site internet (en anglais) est consacré au ballet de Prokofiev. Il est possible d’y commander le DVD  du spectacle intégralement reconstitué.

Par Fanny Gayon, professeur d’histoire des arts au lycée Léon-Blum de Créteil.

Note : il a été fait le choix de mettre les noms russes dans la graphie usuelle en français. On rencontre parfois les formes suivantes pour les noms : Georgi Iakoulov, Sergeï Prokofjev, Mosolov, Sergei Dyagilev.

Rohmer, Métamorphoses du paysage

Photogramme extrait du film réalisé par Eric Rohmer, Métamorphoses du paysage, noir et blanc, sonore, 22 mn, IPN, 1964. Source : Réseau Canopé.

« Métamorphoses du paysage » réalisé par Éric Rohmer, série Vers l’unité du monde : l’ère industrielle (IPN- 1967) © Réseau Canopé

Regard d'expert

Éric Rohmer a réalisé une œuvre documentaire pour la télévision scolaire des années 1960. Le réalisateur s’était alors employé à aborder des sujets divers en prise avec les thèmes de prédilection qu’on lui connaît dans ses fictions. Mieux : il jouissait d’assez d’autonomie dans la proposition et le traitement de ces sujets, ce qui fait de ces films pédagogiques des petits bijoux d’inspiration esthétique et de maîtrise formelle au service d’un didactisme au sens noble du terme. Avec Métamorphoses du paysage, il propose un angle novateur par rapport au traitement classique en usage dans la manière d’aborder « l’ère industrielle ». Le traitement rohmérien choisit d’aborder les métamorphoses provoquées par l’industrialisation sur les campagnes et sur les villes en adoptant une posture artistique, à la fois picturale quant aux images et littéraire quant au commentaire.

Le film plante d’abord un décor bucolique pour lier la représentation d’un travail humain à une représentation inspirante pour les artistes. L’image ancestrale du moulin introduit le propos. Son caractère fonctionnel perdure : il s’agit encore et toujours d’utiliser au mieux la force motrice du vent. Mais ici, il faut « faire abstraction de tous les prestiges poétiques dont la tradition l’a affublé », pour faire comprendre à l’élève le rôle strictement utilitaire que le moulin avait jadis aux yeux du paysan. Il suffit de se rappeler la récurrence de ce motif dans le cinéma rohmérien pour se convaincre de l’importance de cette image introductive, ainsi décrite : « Ce paysage n’a pas changé depuis deux cents ans, c’est un paysage industriel. » Rohmer prend donc ici lui-même le contre-pied de l’approche qu’il applique généralement aux moulins, références implicites à Don Quichotte, figure centrale dans la psychologie de ses personnages.

Dès le début sont posées les questions du patrimoine industriel et de la machine, des liens entre beau et utile, de la mémoire du travail et de nos capacités de nous représenter le travail qui appartient à une histoire révolue. Puis, en optant pour l’image d’une grue en plein chantier urbain, Éric Rohmer poursuit sa pensée sur le lien entre beau et utile : « Un autre paysage, une autre machine. L’espèce de fascination qu’elle exerce, la rêverie qu’elle suscite, la beauté propre qu’elle possède, sa poésie même pourrions-nous dire, sont-elles si différentes de celle dont nous parons notre vieux moulin de toiles et de planches ? »

Par Laurent Garreau, chargé de mission au Clémi et historien du cinéma.

Questions d'enseignement

Les Trente Glorieuses constituent aujourd’hui l’un des plus puissants mythes de l’histoire récente : le couple croissance/modernisation tient lieu ainsi, bien souvent, d’étiquette pour résumer cette période, et c’est non sans nostalgie qu’on convoque la transformation radicale – « métamorphoses » dit le titre du documentaire – des structures socio-économiques de la France. On en perçoit aujourd’hui toutefois toutes les limites, ce qui conduit à les requalifier parfois en « Trente ravageuses » (Christophe Bonneuil). Il faudrait ainsi rappeler combien l’ambition pédagogique de Rohmer est fille de son époque, à l’unisson des discours des années 1960 : l’ode globale à la beauté qu’il y déploie doit donc être mise en perspective. Elle gagnerait à être comparée avec le regard ethnographique que Chris Marker pose sur ce même temps dans Le Joli Mai (et plus tard au travers de sa collaboration au sein des groupes Medvedkine). On peut penser aussi au court-métrage d’Alain Resnais, Le Chant du styrène, qui apparaît comme le détournement ironique d’une commande du groupe industriel Péchiney – l’absence de l’homme n’y revêt pas le même sens que chez Rohmer. On pourrait aussi souligner le souci de ce dernier à inscrire ses pas dans une tradition visuelle et littéraire née avec la modernité artistique du XIXe siècle. Les trois minutes (de 13’ à 16’), majoritairement sans voix off, en donnent explicitement un exemple : insérant des reproductions de toiles, il rappelle l’intérêt ancien de nombreux artistes pour l’univers industriel et s’en fait le fidèle héritier. Mais c’est aussi le cinéma soviétique des années 1920-1930 qui est incidemment convoqué juste après par l’art du cadrage dont il reprend les codes. Enfin, les quelques plans conclusifs sur une décharge industrielle clôturent une séquence qui permet de faire comprendre toutes les contradictions d’une œuvre qui est aussi celle de son époque.

Par Vincent Casanova, professeur d’histoire des arts au lycée Léon-Blum de Créteil.

François Kollar, La France travaille. Mineurs

François Kollar, « La France travaille » Mineurs. Nettoyage des lampes, photographie, négatif sur plaque de verre, 13 x 18 cm, 1931-1934, Société des mines de Lens, Pas-de-Calais. © François Kollar / Bibliothèque Forney / Roger-Viollet.

Regard d'expert

François Kollar est né en 1904 près de Presbourg (alors en Hongrie) devenue Bratislava. En 1924, il quitte son emploi dans les chemins de fer pour venir en France et devient tourneur sur métaux chez Renault à Boulogne-Billancourt. Il veut réaliser son rêve : être photographe. En 1928, il travaille dans l’imprimerie Draeger, spécialisée dans la publicité, alors à son apogée. Il intègre ensuite le studio Chevojon spécialisé dans le reportage industriel, puis l’agence Lecram Press et installe son studio à Paris en 1930. Des photographies à son nom sont publiées dans les magazines VU, L’Illustration, Voilà, Plaisir de France.

François Kollar, dont la technique est reconnue, s’intègre dans une équipe de jeunes photographes parisiens, souvent originaires d’Europe de l’Est comme lui. En septembre 1930, il participe à l’Exposition internationale de photographies de Munich, entouré de Germaine Krull, André Kertèsz, Florence Henri ou Ergy Landau.

Les éditions Horizons de France, après avoir publié Visage de la France de 1925 à 1927, en dix-huit fascicules, ont alors le projet de dresser une fresque de la France au travail. En 1931, elles proposent à François Kollar d’en être le photographe et de « constituer une collection inédite de clichés photographiques de valeur artistique certaine ». Pendant ces années, François Kollar devient un ouvrier du regard et parcourt la France en chemin de fer, utilisant tout d’abord une chambre Gilles Faller, un appareil de reportage 10 x 15 puis un Rolleiflex. Il couvre toutes les grandes régions économiques industrielles en y séjournant plusieurs jours et en enquêtant comme un ethnologue pour constituer un corpus de plus de 2 000 clichés.

La photographie des mineurs, réalisée à la Société des mines de Lens, est légendée « Des ouvrières procèdent minutieusement au nettoyage des lampes » dans le premier fascicule de La France travaille. Mineurs publié en 1932. Paul Valéry rédige la préface, Pierre Hamp le texte. Le cadrage est parfaitement réalisé avec la diagonale de la table faisant écho à celle des trois jeunes femmes, leurs cheveux protégés par un foulard. Cette coiffure se retrouve chez toutes les femmes travaillant « au jour », afin de se protéger des poussières ambiantes. C’est le métier féminin le plus emblématique de la mine : celui de la lampisterie où elles entretiennent et distribuent les lampes. « La lampiste […] est une femme attentive qui donne à chaque mineur sa lumière et la reprend à la remonte. La lampe rapportée est le témoin de la vie de l’homme . » Une fois mariée, elle abandonne son travail pour devenir une femme de mineur.

Les clichés de François Kollar (négatifs et tirages) se trouvent conservés, pour l’essentiel, à la Bibliothèque Forney et à la Médiathèque du patrimoine, grâce une donation de la famille Kollar , mais aussi dans de grands musées comme le musée national d’Art moderne.

Par Claudine Cartier, conservateur général du patrimoine.

Questions d'enseignement

Avec le processus d’industrialisation et l’essor de la bourgeoisie, le travail est devenu une valeur capitale, vertu prévenant tous les vices, facteur de progrès et de prospérité, et surtout, ciment d’une unité nationale qu’exprime la personnification « la France travaille ». C’est cet idéal que Kollar est chargé d’illustrer. Pour cette ode à la France laborieuse, le photographe adopte une esthétique de l’ordre et de la netteté. Son formalisme s’inspire des constructivistes russes avec des compositions obliques et des vues en plongée mais sans la radicalité des artistes révolutionnaires. L’usine de Kollar a tout l’air d’une utopie réalisée où l’homme est en harmonie avec la machine. L’on y sent une réelle fascination pour l’organisation des lieux et du travail, la standardisation et la géométrie des objets et des pièces de machine. Dès lors, le regard subjectif de l’artiste sert-il ou vient-il parasiter le projet ethnographique ? C’est là peut-être que le projet ethnologique de Kollar trouve sa limite. Notre photographie traite indifféremment les femmes en blouse absorbées par leur tâche et les lampes démontées et alignées. Leur statisme s’oppose à la célèbre affiche de Rodtchenko pour les éditions Lenguine (1924) où, dans une composition dynamique, une jeune ouvrière portant le même fichu, la main en porte-voix, appelle à la lecture. La comparaison avec les photographies réalisées à la même époque par Jakob Tuggener est tout aussi éclairante. Le Suisse fait la part belle aux travailleurs, avec des portraits et des représentations en contexte. Ses images, qui jouent d’effets de texture, recherchent le détail qui individualise l’ouvrier et raconte sa condition.

La photographie documentaire du XXe siècle s’est largement emparée du monde industriel. De Lewis Hine dans les années 1910 à Nabil Boutros aujourd’hui, les partis pris et les propos sont d’une grande variété.

Par Fanny Gayon, professeur d’histoire des arts au lycée Léon-Blum de Créteil.

Note : pour les noms russes, il a été fait le choix de la transcription usuelle en français ; on trouve parfois les graphies suivantes, qui sont celles notamment de l’anglais : Alexander (Aleksander, voire Aleksandr) Rodchenko et Lengiz Edition.

Crédits

Les textes « regard d’expert » ont été rédigés par des enseignants, des chercheurs, des universitaires spécialistes du sujet, mais aussi par les responsables des collections et des sites étudiés.
Les « questions d’enseignements » ont été écrites par Stéphanie Gayon et Vincent Casanova, professeurs d’histoire des arts au lycée Léon-Blum de Créteil, ainsi que Marie Patou et Gérard Dumont de la Mission Bassin Minier.

Décembre 2017