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Féral Benga raconté par Julie Gayet
- 2017
- vidéo en ligne
Durant son enfance, François dit Féral Benga évolue entre une famille paternelle aisée et une famille maternelle connue pour ses activités de guérisseur. Cette double culture va nourrir ses créations. Jeune adulte, il tente sa chance à Paris. Apprenant que l’on cherche des figurants noirs au music-hall, il décroche son premier contrat aux Folies-Bergère. Au cours de sa carrière, il rencontre de nombreuses célébrités comme Jean Cocteau, avec lequel il tourne le célèbre Sang d’un poète en 1930.
Il se présente ainsi comme un discret mais essentiel pionnier de la rénovation chorégraphique et de la reconnaissance de la danse africaine comme art à part entière.
Consulter la biographie complète de l’artiste.
Ce portrait est utilisé comme ressource du dossier pédagogique « Artistes de minorités / Du stéréotype à l’intégration » ci-dessous.
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Transcription
« Artistes de France - Raconté par Julie Gayet »
-Je ne connaissais pas Feral Benga. C'est assez incroyable, cet homme qui sait qu'il a été choisi pour certains clichés, et qui va, avec l'art contemporain, avec beaucoup de finesse et d'intelligence, décaler les choses. Né au Sénégal, Feral Benga fut l'une des grandes figures de la danse et des cultures noires dans le Paris des années 1930. Il a 17 ans quand il arrive en France. Il débute avec Joséphine Baker dans « La folie du jour ». Les danses exotiques sont alors à la mode. Très vite, sa carrière au music-hall est lancée. Il est l'une des vedettes d'une revue des Folies Bergère, « Un coup de folie ». La critique le consacre comme « l'étoile noire ». La même année, repéré par Jean Cocteau, il sera l'ange noir de son film « Le sang d'un poète ». Les grands photographes de l'époque l'immortalisent. Il devient une icône. Et la danse du sabre restera comme l'une de ses créations les plus connues. En réaction à la montée du nazisme en Allemagne, il crée au Théâtre des Champs-Élysées un gala de danse noir et blanc. La critique déplore que ces danses ne fassent pas assez africaines, exotiques, car il préfère le classicisme. En 1938, Feral Benga ouvre « La Rose rouge ». Ce grand cabaret parisien deviendra un haut lieu des mouvements artistiques de la négritude. Proche de Jean-Paul Sartre et Albert Camus, pionnier dans le dialogue des cultures européennes et africaines, il a marqué à jamais l'histoire de la chorégraphie française.
Fiche détaillée
Durée : 00:01:56
Date de production : 2017
Contributeur : Julie Gayet