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Catherine Chabaud, navigatrice
Canopé de Rennes - site internet "Gens de Bretagne"- 2015
- vidéo en ligne
- Agir
Retrouvez prochainement la fiche d'accompagnement pédagogique de cette vidéo.
Transcription
Catherine Chabaud, navigatrice.
Sur un bateau, quand on part, on n'a pas été conçus physiquement pour ça, donc au départ, on va avoir le mal de mer.
On n'est pas dans son élément.
Donc on est un peu animal, surtout pour traverser l'Atlantique ou faire le tour du monde.
L'encéphalogramme, il est plat.
On imagine qu'on va avoir de belles pensées, qu'on va cogiter sur sa vie, mais au départ, on cogite sur rien du tout.
Et petit à petit, il y a des choses qui se remettent en place, etc.
La vie en mer est extrêmement simple.
On règle le bateau, on vit avec le temps qu'il fait, pas le temps qu'il est.
On finit par avoir une relation avec la mer, le ciel, les nuages, les étoiles, le bateau, ça devient cosmique.
On est à la fois tout petit et énorme.
On a l'impression de retrouver notre place dans l'univers.
Il y a des moments magiques où on a vraiment cette sensation fine qui s'impose et qui remplit... On peut se tromper d'histoire, commencer à monter un projet, mais finalement, ce n'est pas ce qu'on voulait.
À chaque fois qu'on essaie de faire quelque chose, on apprend.
C'est cette idée qu'effectivement, les explorateurs font des découvertes en se trompant, en fait.
En se trompant par rapport à quoi ?
Par rapport à l'idée qu'ils se faisaient d'eux.
On part, on court après... On veut partir faire le tour du monde, explorer la planète et finalement, au bout du compte, c'est soi-même qu'on découvre.
Petit cap Horn, c'est la première fois que je viens te voir, je ne sais pas s'il y en aura d'autres.
Mais c'est vachement dur de venir jusqu'à toi.
J'ai choisi le journalisme après avoir démarré des études de mathématiques appliquées parce que je ne supportais pas l'idée de la spécialisation.
J'avais pensé devenir biologiste, puis archéologue sous-marin, etc.
Je me suis rendu compte que travailler sur un sujet en particulier, ce qui supposait de renoncer aux autres, ça ne me convenait pas.
J'avais l'impression que j'allais perdre de la liberté.
Sans cette passion du bateau, j'aurais été grand reporter parce que j'ai essayé d'aller sur le terrain... J'ai toujours aimé transmettre, essayer d'expliquer les choses.
La situation est très grave.
Il n'y a pas un jour, quand on traverse l'Atlantique, où on ne voit pas de poubelles, il n'y a pas un tour d'Europe où on ne croise pas des nappes de dégazage, pas une plongée sous-marine sans voir des amoncellements de macro-déchets dans les fonds, etc.
À tous les échelons, on est tous des pollueurs.
Je pollue, tout le monde pollue.
Bien sûr, les gros pétroliers polluent plus que les autres, à la mesure des entreprises qu'ils sont.
On les regarde, eux, les affreux pollueurs, mais au lieu de dépenser de l'énergie à les accuser, j'ai envie de dépenser mon énergie à leur donner envie d'agir.
Fiche détaillée
Durée : 00:03:37
Date de production : 2015
Réalisateur : Canopé Rennes
Producteur : Canopé de Rennes - site internet "Gens de Bretagne"