Les Essais ne constituent pas un discours continûment philosophique. Ils sont parsemés d’éclaircissements médités, à la fois pertinents (s’inscrivant dans les contextes d’expériences particulières et singulières dont ils procèdent) et conceptuels (de portée universelle), susceptibles d’inspirer et d’éclairer d’autres expériences particulières et singulières.
Ainsi, la philosophie de Montaigne ne s’arrête à aucune expérience particulière. Rompue au réel indistinct de l’apparaître, elle mobilise et traverse le scepticisme en s’ouvrant à tout ce qui le précède et l’excède ; c’est en ce sens qu’elle est une philosophie de l’expérience.