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Classes cooperantes
Réseau Canopé- 2016
- vidéo en ligne
Ce témoignage a été réalisé dans le cadre des Journées de l’innovation 2016.
Synthèse
Le collège Sophie-Germain est intégré à un projet de ville qui valorise la mixité sociale à deux pas du centre-ville de Nantes. Le levier coopératif doit permettre de mettre en valeur les qualités et les compétences propres à chacun pour permettre les réussites de tous.
Les objectifs
- Augmenter les chances de réussite de chacun des élèves : succès à l’examen, orientation choisie et pérenne, degrés de maîtrise de compétence accrus.
- Développer l’altérité, l’écoute, l’expression langagière et l’argumentation.
La mise en place
A la rentrée 2014, le collège Sophie-Germain situé à Nantes, a créé des classes coopérantes sur l’ensemble du niveau 6e. Dans cet établissement classé REP+ et accueillant un public très diversifié, l’ensemble des équipes a opté pour un apprentissage basé sur l’échange. Toute une série de mesures a donc été prise, au niveau de l’organisation, du fonctionnement et de la posture professionnelle pour favoriser la réussite chez chacun des élèves par ce biais.
Inscrit dans le projet de l’établissement, le levier coopératif est actionné à tous les niveaux : entre les élèves et les enseignants, entre adultes (personnel, parents), entre les parents et leurs enfants et entre les élèves. De nouveaux temps, de nouveaux espaces de formation et de nouvelles structures ont été aménagés pour permettre une action coopérative stimulante, ambitieuse et efficace. La différenciation pédagogique est facilitée, le rapport élève/adulte est modifié pour développer la responsabilisation, l’autonomie, l’esprit d’entraide sans altérer les ambitions légitimes de chacun.
L’organisation
- Deux professeurs principaux ont en charge le pilotage de leur classe et un coordonnateur pédagogique sur le cycle 3 a été nommé.
- Deux temps ménagés : l’éducation à la coopération et le conseil coopératif.
Dans chaque classe, est dispensée une éducation à la coopération (1 heure hebdomadaire par 2 enseignants) où les élèves apprennent à coopérer, de manière réflexive et souvent ludique.
Chaque classe est dotée d’un Conseil coopératif qui se réunit également 1 heure par semaine avec les deux mêmes enseignants. Il s’agit d’un temps de régulation, dans lequel les sujets abordés trouvent leur solution dans l’altruisme, l’échange de savoirs, le débat d’idées.
Une salle est dédiée à la classe pour l’ensemble du temps scolaire (hors disciplines spécifiques), ce qui permet une meilleure appropriation du lieu par les élèves et leurs professeurs. Cet espace est un lieu de partage pédagogique : affichage commun et spécifique. L’aménagement de la salle a fait l’objet d’une réflexion d’équipe en lien avec les élèves eux-mêmes.
La formation des élèves s’appuie sur les compétences transversales et disciplinaires (bulletin trimestriel revu, abandon de l’évaluation chiffrée). Des rites sont institués, des rôles sont confiés (dans la classe et à l’échelle du collège), des représentants sont élus dans les instances (CESC, FSE, Conseils des délégués). La coopération est instituée comme mode d’apprentissage dans la classe, ce qui suppose un travail de concert dans chaque équipe pédagogique. Chaque journée de classe se termine par une heure d’accompagnement personnalisé pendant laquelle chaque élève, muni de son plan de travail individuel et de son agenda-planning, effectue son travail et ancre ainsi des habitudes, développe sa responsabilité, son organisation et ses méthodes d’apprentissage. Les professeurs s’obligent ainsi à des pratiques pédagogiques cohérentes et concertées.
Le dispositif repose en partie sur la cohérence commune des attentes pédagogiques. Cela induit une collaboration étroite des membres des équipes et un suivi attentif du coordonnateur. Des réunions fréquentes sont organisées pour en garantir l’efficacité.
Ce dispositif novateur doit être accompagné régulièrement auprès des familles : lecture du résultat des évaluations et du bulletin, accompagnement de la scolarité, collaboration dans le cadre des aides individualisées.
Les apports du projet
On note un impact indéniable sur les pratiques des enseignants, notamment dans l’aspect collectif et concerté qu’impose le dispositif. Même si les dispositifs sont mis en place à différents degrés selon les personnels, les attendus de mise en place de la coopération dans les séquences pédagogiques disciplinaires créent des besoins de formation et des demandes de construction d’outils communs et convergents. La coopération interpersonnelle sur le sujet du travail personnel a modifié et clarifié les attendus de tous les collègues sur ce point et a permis l’émergence d’objectifs et d’une organisation cohérents.
Transcription
Christophe Clouet, principal du collège.
-Le public du collège est constitué à la fois des élèves issus du quartier Malakoff, qui représentent environ 60 % de nos effectifs, et des élèves qui bénéficient d'un environnement culturel, social et éducatif peut-être un peu plus favorisé.
Donc, le grand projet de ville a pour vocation d'aboutir à une mixité sociale, éducative, à l'équilibre.
Nous sommes partis du postulat que tous les élèves qui composent le collège ont à échanger et à s'apporter mutuellement.
Étant donné la diversité des origines sociales, culturelles et éducatives, il nous a semblé intéressant d'actionner le levier coopératif comme source d'apprentissage pour les élèves.
Une élève.
-"Mon meilleur ami", "ma meilleure amie".
Une deuxième élève, puis la première.
-C'est pareil.
-Non !
La deuxième élève.
-"My", ça veut dire "mon", "ma", "mes".
La première élève.
-OK.
César, élève de 6e.
-On travaille très souvent en groupe.
On échange nos idées, on coopère beaucoup.
Christophe Clouet, principal du collège.
-Nous sommes partis naturellement du niveau 6e, pour lequel nous avons mis en place une pédagogie fondée sur la coopération dans la classe et en dehors de la classe.
Donc, aider, être aidé, accepter d'être aidé.
Une élève.
-Je ne sais pas encore quand, mais je vais passer une nuit à Rennes.
Apparemment, ça fait beaucoup de bruit...
Félix, élève de 6e.
-Comme on est assez, qu'on se parle beaucoup de nous et qu'on connaît assez notre vie, ça nous rapproche un peu plus et ça peut créer des liens et donc, une meilleure ambiance dans la classe.
Christophe Clouet, principal du collège.
-Nous avons institué des temps spécifiques à l'acquisition et à l'apprentissage de la coopération, 2 heures par semaine, à savoir l'éducation à la coopération, 1 heure par semaine, et le conseil coopératif, qui prend lui aussi 1 heure Christophe Clouet, principal du collège, puis Morgane Durocher, professeur de SVT et d'EIS.
à l'emploi du temps des élèves.
-Vous serez à 12, 5e, 4e, 3e mélangés, en AP.
Et vous aurez à travailler, faire vos devoirs, faire vos activités ensemble.
Stéphane Gort, professeur de sciences physiques et d'EIST, coordonnateur Classes coopérantes.
-L'éducation à la coopération, c'est un temps où il y a deux personnes avec la classe.
L'idée, c'est de travailler spécifiquement sur les compétences psychosociales qui sont liées à la coopération et dont on a besoin pour coopérer.
Une élève.
-"Vous organisez votre opération de survie et vous devez classer par ordre d'importance les 15 articles présentés dans le tableau suivant."
Morgane Durocher, professeur de SVT et d'EIS.
-Ce matin, on a fait une séance d'éducation à la coopération.
Dans cette séance, l'objectif est, pour les élèves, de se rendre compte qu'il est mieux de travailler en groupe, on est plus efficace en groupe que seul.
Stéphane Gort, professeur de sciences physiques et d'EIST, coordinateur Classes coopérantes.
-Et donc, il y a une programmation sur l'année, sur s'encourager, écouter l'autre, accepter le point de vue de l'autre, autour d'activités qui peuvent être en lien direct avec le scolaire, mais aussi beaucoup plus ludiques.
À travers le jeu, pour faire émerger ce qu'il y a derrière ce jeu comme besoins.
César, élève de 6e.
-J'ai mis un coussin flottant.
Imagine, ça se crève !
Un deuxième élève, puis César, élève de 6e.
-Ah oui...
-Il peut y avoir plein de cas.
Félix, élève de 6e.
-Mes parents ne comprenaient pas toujours tout.
Même vraiment rien.
Et je leur disais : "Il faut faire comme ça et après, il faut faire ça."
Félix, élève de 6e, puis Mikaël Landec, professeur d'histoire-geographie.
Ma mère me regardait comme ça.
-Le conseil coopératif, c'est un moment où la parole est libre, en respectant un certain nombre de règles, de prise de parole, de respect de la parole de l'autre, d'écoute, et où les élèves sont libres d'exprimer un certain nombre de sentiments, d'avis sur la vie du collège, sur leur vie en classe, sur leur expérience personnelle.
Une élève.
-Je trouve que j'ai toujours des difficultés en français.
En conjugaison, surtout, et en dictée.
Mikaël Landec, professeur d'histoire-géographie.
-Le deuxième axe, qui est l'aboutissement qu'on attend, mais qui prend plus de temps, c'est que la coopération se retrouve dans les salles de classe.
Une élève.
-"And shoes".
"Une chaussure" : "and shoes".
L'élève, puis une deuxième.
"Une chaussure" : "and shoes".
-T'es sûre ?
Une troisième élève, puis Mikaël Landec, professeur d'histoire-géographie.
-Écris : "And shoes".
-Apprendre à s'écouter, prendre la parole en public, et tout ça, il y a quand même cet objectif du collège qui est la formation des futurs citoyens.
Fiche détaillée
Durée : 00:04:35
Date de production : 2016
Producteur : Réseau Canopé
Réalisateurs : Bernard Taillat, Pierrick David