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Boccioni, Dynamisme d’un cycliste

L’alliance de l’homme et la machine

- 2015

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En mai 1913, le cycliste Carlo Oriani remporte le Tour d’Italie au terme d’un incroyable sprint final. L’exploit est dans tous les journaux. Un nouveau sport s’impose : le cyclisme. Boccioni, peintre et théoricien du futurisme, transmute l’événement en un déroutant manifeste artistique. Avec les futuristes, l’alliance de l’homme et de la machine célèbre une nouvelle forme de beauté.

Piste pédagogique

Niveaux quatrième, première L. Qu'est-ce que le futurisme ? Analyse de la vision antique du corps humain dans l’effort et celle de l’homme moderne et de sa machine.

Télécharger (27.67 Ko)



Narratrice.
Mai 1913. Le cycliste Carlo Oriani remporte le Tour d'Italie, au terme d'un incroyable sprint final.

Les journaux célèbrent l'événement, les photos de l'exploit font les unes.

Un nouveau sport s'impose : le cyclisme. Boccioni, peintre et théoricien du futurisme, transmute l'événement en un déroutant manifeste artistique.

Du cycliste initial qui a servi de modèle, on ne retrouve presque rien.

Un numéro de dossard, les contours d'un visage, la vague forme d'une roue, la ressemblance n'est pas la question.

Boccioni ne veut pas représenter un cycliste, mais comme l'affirme le titre du tableau, le dynamisme qu'il incarne.

Le futurisme naît au début du XXe siècle en Italie.

Les artistes recherchent des formes capables d'exprimer la modernité.

C'est-à-dire la vitesse, la ville, les mécaniques en action.

Loin de dénoncer l'agressivité de la société industrielle, ils la glorifient. L'oeuvre d'art doit montrer tout ce qu'ils vénèrent : vitesse, énergie, bruit et une forme de brutalité.

Comment appliquer le programme futuriste à la peinture ?

L'artiste n'a que l'espace d'un tableau et le choix des couleurs.

Tout d'abord, il faut rompre avec la tradition du clair-obscur.

Boccioni veut des contrastes, des couleurs franches qui se contrarient.

Pas de fadeur, pas de demi-teintes.

Deuxième idée : représenter plusieurs instants sur la même surface.

Le cinéma et les scientifiques produisent des instantanés du mouvement.

Trop simple. Il faut représenter le mouvement dans sa fluidité.

À l'avant, les lignes violettes rappellent l'air déplacé par le cycliste dans son mouvement.

La roue du vélo est déformée.

Elle garde la trace de ses positions antérieures.

Ailleurs, d'autres éléments se répètent et s'éparpillent comme par un effet d'écho visuel.

C'est une onde de choc qui se propage et s'atténue au fur et à mesure que l'on progresse dans le tableau.

Le cycliste et sa monture ne font plus qu'un. Ils s'unissent dans l'effort, transformés en un objet étrange tendu vers l'exploit.

Le sport n'est plus l'entraînement d'un corps nu comme le voulaient les Grecs et la beauté n'est plus celle d'un corps parfait que l'exercice a modelé. Seul est désormais beau l'alliance d'un homme et d'une machine.

Boccioni et les futuristes ne s'y sont pas trompés, les machines sont maintenant les extensions indispensables de nos corps, dans notre quête de l'exploit et de la beauté.


Durée : 00:03:04

Date de production : 2015