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A chacun son rythme
Réseau Canopé- 2016
- vidéo en ligne
Synthèse
Notre action porte sur le respect du bien-être (physique et psychologique), de la maturité et des rythmes de l'enfant : rythmes chrono-biologique, de travail, d'apprentissage. Nous souhaitons que chaque enfant s'épanouisse afin d'entrer dans les apprentissages de manière optimale, lorsqu'il y est prêt. Pour cela, nous nous sommes intéressées à la « pédagogie Freinet » et aux travaux de Maria Montessori. Cela nous a amenées à repenser notre manière d'enseigner et à rédiger un projet d'école soucieux de l'équilibre de l'enfant.
Pour que chaque enfant s’épanouisse à son rythme, la réflexion de l’équipe porte sur la continuité et la progressivité des apprentissages de la PS au CM2. Si les classes existent encore, si les cycles demeurent la référence, on peut néanmoins envisager de finaliser avec souplesse les apprentissages dans le temps. Ainsi, la pratique courante de la lecture peut faire l’objet de travaux d’étayage au cycle 3. L’acquisition de la numération (nombres naturels) peut être poursuivie tout au long des cycles. A contrario, certaines notions, relevant davantage d’un cycle, peuvent être évoquées, selon les possibilités et les besoins, de manière plus précoce : situations de partage dès le cycle 1, entrée dans l'écrit (écriture/lecture) dès que l'enfant présente des aptitudes et en exprime le besoin (petite, moyenne section...).
Les objectifs
L'objectif innovant de notre démarche est d'aider l’élève à conserver ou restaurer une image positive de lui-même en lui permettant notamment :
- d’exprimer ses émotions, ses sentiments, ses besoins ;
- de faire des essais, de vivre positivement l’erreur comme une étape d’apprentissage ;
- de se construire et d'apprendre en accord avec ses rythmes ;
- de prendre conscience de ses capacités ;
- de développer son estime de lui-même ;
- de devenir autonome et de coopérer avec ses pairs ;
et, en lien étroit avec le programme d’enseignement moral et civique ( spécial n° 6 du 25 juin 2015), de permettre :
- de développer un apprentissage par le corps, qui laisse une place primordiale à la manipulation et à l’éveil de tous les sens aussi bien en maternelle qu’en élémentaire (images corporelles des grandeurs et mesures, éducation motrice fine en maternelle et en élémentaire…) ;
- de placer l’élève au cœur de ses apprentissages en en faisant un acteur à part entière, un être singulier, en lui accordant dès le plus jeune âge, et en poursuivant tout au long de l’élémentaire, le statut défini par les programmes de la maternelle (BO spécial n° 2 du 26 mars 2015) : « L’enseignant reconnaît en chaque enfant une personne en devenir et un interlocuteur à part entière quel que soit son âge. […] Une école juste pour tous et exigeante pour chacun. […] Une école bienveillante dont la mission principale est de donner envie aux enfants d’aller à l’école pour apprendre, affirmer et épanouir leur personnalité. […] Tous les enfants sont capables d’apprendre et de progresser. » ;
- de favoriser la pédagogie de projets avec des activités ciblées, simples, pratiques qui permettent à chaque enfant de grandir et de devenir élève de l’école et citoyen du monde.
La mise en œuvre
Chaque classe est équipée d'outils spécifiques issus des pédagogies Montessori et Freinet, créés sur la base des intelligences multiples. Dans les ateliers, ces outils individuels, mis à disposition des élèves de manière permanente, leur permettent d'apprendre à leur rythme propre. Pour une compétence travaillée, plusieurs ateliers sont mis à disposition ou bien créés au besoin pour satisfaire toutes les intelligences (toucher, auditif, visuel, interactions avec les pairs, intelligence intrapersonnelle, etc.). L'équipe accueille les émotions des élèves, aide l'enfant à les verbaliser et veille à son bien-être. Nous mettons un point d'honneur à accueillir les enfants et leurs parents dans les classes le matin.
Les apports du projet
L'enfant prend conscience de ses progrès car ses réussites sont valorisées (pas de notes, de non acquis ou de rouge…). Les élèves osent entrer dans une démarche d'apprentissage même pour ceux qui rencontrent de grandes difficultés scolaires et/ou personnelles. Les enfants entrent très tôt dans la lecture et la décomposition des nombres, voire dans les calculs (GS, parfois MS).
Transcription
Céline Pelletier, directrice de l'école.
-Je dirais qu'il n'y a pas une spécificité mais plusieurs, dans cette école.
Le respect du rythme de l'enfant...
Des rythmes de l'enfant.
Pour que les élèves qui peuvent avancer sans nous avancent et ne soient pas toujours dans l'attente et qu'on puisse être disponibles pour ceux qui ont vraiment besoin de nous.
Justine, élève de CM2.
-On arrive, il y en a qui vont dans la classe, ils parlent ou commencent à travailler.
Et il y en a qui vont dans la cour, ils jouent, ils parlent...
On fait comme si on était en récréation.
Anne-Laure Heurtin, parent d'élèves.
-Le plus petit, je peux l'accompagner le temps qu'il se déshabille et après, je rentre dans la classe avec lui.
Ça me permet de voir ce qu'ils font comme activités sur la journée, et puis lui, d'être à l'aise pour pouvoir commencer sa journée aussi.
Pierre-Yves Roché, parent d'élève.
-On l'accompagne dans les premiers jeux de la journée et au bout de 10 minutes, un quart d'heure, on le laisse continuer ses activités.
Une maman.
-Maman va y aller.
Valérie Rouillon, professeur des écoles PS-MS-GS.
-Chaque enfant apprend à son rythme, on ne peut pas lui imposer des apprentissages s'il n'est pas prêt à les recevoir.
Une élève.
-"Je deviens empereur en 1804.
Je vais..."
Ça, c'est Napoléon.
Delphine Portal, professeur de CM1-CM2.
-On pose sur 9 fois 9, attention.
Voilà, super !
Valérie Rouillon, professeur des écoles PS-MS-GS.
-Chaque enfant prend l'atelier qu'il souhaite, au moment où il sent qu'il est prêt à le prendre.
À savoir que nous avons cinq domaines d'activités.
Mathématiques...
Une élève.
-4 fois 5, ça fait 20.
5 fois 5, ça fait 25.
Valérie Rouillon, professeur des écoles PS-MS-GS.
-Langage-écriture, activités sensorielles, sciences-arts et vie pratique.
Alexandre, élève de CM1.
-Le nom, c'est "Julien".
Delphine Portal, professeur de CM1-CM2, puis Alexandre, élève de CM1.
-Oui.
Et "Julien", c'est un nom...
-Propre.
Delphine Portal, professeur de CM1-CM2.
-Propre.
Très bien.
Alexandre ?
Alexandre, élève de CM1, puis Delphine Portal, professeur de CM1-CM2.
-"Glace", c'est un nom commun.
-Très bien.
Nous avons fini de voir les natures des mots.
Maintenant, on va étudier les fonctions.
Alexandre, élève de CM1.
-Beaucoup d'ateliers, la maîtresse les a faits.
Par exemple, il y a un Time's Up.
En fait, t'as des personnages, tu dois connaître les personnages, soit tu dois dire ce qu'ils ont fait, Alexandre, élève de CM1, puis Delphine Portal, professeur de CM1-CM2.
soit tu dois les mimer.
-C'est surtout des ateliers Montessori, qui sont plus basés sur la manipulation, et les enfants y ont accès toute l'année.
Donc, s'ils ont envie de valider telle ou telle compétence, ils peuvent prendre l'atelier qui correspond, pour le travailler, le remanipuler.
C'est toujours ce besoin de passer par le corps.
Car on a remarqué que les enfants intègrent mieux les notions quand ils les vivent.
Adeline Cailleau, parent d'élève.
-C'est l'autonomie totale, ils arrivent, ils regardent leurs ateliers et ils choisissent ce qu'ils veulent faire.
Les filles à une époque, les deux, d'ailleurs, c'était vraiment l'atelier puzzle.
Elles ne voulaient faire que des puzzles, elles restaient sur leur puzzle...
Si c'est le même atelier pendant des semaines, ce sera le même atelier pendant des semaines, il n'y a pas d'obligation à faire tel ou tel atelier.
J'ai des championnes du monde de puzzle, maintenant, qui me font même des puzzles de mille pièces.
Donc, voilà !
Céline Pelletier, directrice de l'école.
-Si l'enfant fait et refait, c'est qu'il y trouve encore son compte et qu'il a encore des choses à découvrir par là.
Avec l'expérience, on se rend compte qu'effectivement, l'enfant peut faire, refaire et refaire et devenir un expert dans ce domaine-là, et un jour, il le laisse et il passe à autre chose.
Toujours.
Delphine Portal, professeur de CM1-CM2.
-Tu vois, il faut que tu le guides, que tu lui dises comment faire.
Céline Pelletier, directrice de l'école.
-Le parrainage a été proposé par une maman d'élève en conseil d'école, car on rencontrait des difficultés de violence dans l'école.
Justine, une élève.
-Ma filleule, c'est Capucine.
Elle est en petite section.
En fait, on leur apprend, à notre manière, comme on essaie, nous, pour être au niveau...
Céline Pelletier, directrice de l'école.
-Du coup, les grands sont protecteurs.
C'est leur filleul, ils sont fiers.
Ils sont contents comme tout d'avoir cette responsabilité d'avoir un petit dont ils sont le référent dans l'école.
Et dans la cour, ils n'aiment pas qu'on bouscule leur filleul.
Capucine, élève de petite section.
-Justine, elle est trop belle.
Fiche détaillée
Durée : 00:04:35
Date de production : 2016
Producteur : Réseau Canopé
Réalisateurs : Pierrick David, Bernard Taillat