Le teko
Présentation

La langue teko, de la famille linguistique tupi-guarani, est parlée principalement par des personnes s’identifiant comme Teko, terme qui a remplacé les différentes dénominations dont on trouve des traces dans les écrits de l’époque coloniale : Maworias (1596), Maouriou (1674), Meriyoou (1733), Méréons (1731, 1760) et Emérillons à partir de 1767 jusqu’à récemment. Le terme émérillon ne renvoie pourtant à aucun terme équivalent dans cette langue. L’origine de cette dénomination serait un renvoi au nom du plus puissant des groupes fondateurs de ce groupe, Meneñõ.
Les Teko étaient au moment de l’arrivée des premiers colons européens implantés dans une région située entre l’hinterland de l’actuel Etat de l’Amapà aux confins des Tumuc Humac avec d’autres locuteurs de langues tupi. Ils étaient plus précisément localisés à l’extrême nord du territoire, sur le littoral atlantique. La particularité des Teko est que contrairement aux autres groupes socioculturels amérindiens, ils ne sont situés aujourd’hui qu’en Guyane française. Ils se répartissent majoritairement à l’Est (Camopi et hameaux environnants où ils sont en contact avec les Wayampi) et à l’Ouest (villages d’Elahé et de Kayodé où ils sont en contact avec les Wayana) du territoire. Le nombre de locuteurs de teko est estimé entre 600 et 700. Comme les autres groupes amérindiens de Guyane, il existe également des individus urbanisés et/ou scolarisés (Cayenne, Saint-Georges, Maripasoula et Saint-Laurent du Maroni).
En 1971, c’est en lien avec un projet, validé par le Vice-Rectorat, d’enseignement adapté à Camopi et Trois-Saut que les premières propositions orthographiques virent le jour. Eric Navet (professeur d’ethnologie à l’université de Strasbourg), conseillé par des membres du Lacito, affecté à l’école de Camopi dans le cadre de ce projet proposa une première version de l’alphabet teko qui est encore utilisé actuellement. Néanmoins, les propositions orthographiques découlant de ses propositions renvoient à des modes de transcription plus phonétiques que phonologiques. Les premiers contes publiés en teko par Ti’iwan Couchili (association Kobue Olodju) portent encore des traces de cette transcription phonétique mais au fil des ans, les expériences d’écriture des militants culturels teko vont progressivement proposer des modifications permettant d’aller vers une écriture plus phonologique.
Le teko est enseigné uniquement à Camopi depuis 2005 dans le cadre du dispositif des médiateurs culturels et bilingues (aujourd’hui intervenants en langues maternelle). Cet enseignement se fait essentiellement en maternelle à hauteur de 4 à 5h hebdomadaires.
Il est dans la liste des langues de France.
Pour découvrir les caractéristiques linguistiques du teko, nous vous invitons à réaliser les activités suivantes. Ces activités vous permettront à la fois de découvrir le fonctionnement de cette langue et de le comparer au fonctionnement du français.
Références bibliographiques
- Barrieras, Monica. 2009. La langue saamaka. In : O. Renault-Lescure et L. Goury (eds.), Langues de Guyane (pp.148-157). Vent d’Ailleurs/IRD Editions.
- Betian, Desmo & al. 2001. Parlons saramaka. Langue et culture. Paris : L’Harmattan.
- Price, Richard et Price, Sally. 2016. Deux soirées de contes saamaka. Vent d’Ailleurs.