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Les parcs nationaux, d’hier à aujourd’hui

Le concept de parc national a été conçu aux États Unis au milieu du XIXe siècle.  Le parc national du Yellowstone est le plus ancien au monde (1872). L'Europe emboîte le pas au début du XXe siècle.

Les premiers parcs nationaux français ont vu le jour en 1963, en application de la loi du 22 juillet 1960. Cette loi a permis la création par décret en Conseil d’État des sept premiers parcs nationaux en métropole (la Vanoise le 6 juillet 1963, Port-Cros le 14 décembre 1963, les Pyrénées le 23 mars 1967, les Cévennes le 2 septembre 1970, les Écrins le 23 mars 1973, le Mercantour le 18 août 1979) et dans un département d'outre-mer (la Guadeloupe le 20 février 1989). Suite à la loi du 14 avril 2006, 3 nouveaux parcs ont été créés : Parc national de La Réunion (2007), Parc amazonien de Guyane (2007) et Parc national des Calanques (2012).

On dénombre aujourd'hui environ 5 000 parcs nationaux dans le monde, plus de 300 en Europe dont 10 en France, qui représentent une superficie de près de 5,5 millions d’hectares sur terre et en mer (métropole et Outre-Mer).

La loi de 1960

L’article L331-1 du code de l'environnement stipule : « Un parc national peut être créé à partir d'espaces terrestres ou maritimes, lorsque le milieu naturel, particulièrement la faune, la flore, le sol, le sous-sol, l'atmosphère et les eaux, les paysages et, le cas échéant, le patrimoine culturel qu'ils comportent présentent un intérêt spécial et qu'il importe d'en assurer la protection en les préservant des dégradations et des atteintes susceptibles d'en altérer la diversité, la composition, l'aspect et l'évolution. »

Le modèle de parc national né de la loi de 1960 sera appelé par la suite parc national « à la française ». Sa vocation est d'allier les actions humaines et la protection de la nature. Le classement d'un espace en parc national manifeste une volonté politique de donner à ce territoire une forte visibilité nationale et internationale, d'y mener une politique exemplaire et intégrée de protection et de gestion de ses valeurs naturelles et culturelles et d'éducation à la nature, et de transmettre aux générations futures un patrimoine préservé. La loi de 1960 prévoit que les parcs nationaux comprennent une zone centrale, de forte protection et strictement réglementée, et une zone périphérique.

Le dispositif législatif et réglementaire de la loi du 22 juillet 1960 est resté quasiment inchangé jusqu'en 2006. Il est apparu progressivement décalé par rapport au contexte juridique général, au contexte social (rejet par les populations locales de contraintes qui n'étaient pas toujours bien comprises) et au contexte administratif (progression de la décentralisation, création d'une administration de l'environnement, multiplication des outils de protection et des acteurs de la protection de la nature).

La loi de 2006, une approche nouvelle des parcs nationaux français

La loi du 14 avril 2006, qui a modernisé le dispositif législatif et réglementaire des parcs nationaux français, a créé trois nouveaux parcs nationaux en six ans – Parc national de La Réunion (2007), Parc amazonien de Guyane (2007), Parc national des Calanques (2012) – et a permis de lancer un projet de parc national de forêts feuillues de plaine en Champagne-Bourgogne. Elle a apporté des innovations en termes de gouvernance et d'organisation territoriale des parcs nationaux de France.

Selon cette loi, un parc national est à la fois un territoire en plusieurs composantes (cœur, aire d'adhésion, réserve intégrale, etc.), des êtres humains (l'établissement du parc national comprenant l'équipe du parc et ses instances au sein desquelles sont représentés les acteurs locaux) et un projet : la charte.

La délimitation du périmètre d'un parc national

Le territoire d'un parc national est composé de deux zones :

  • Le cœur du parc
    Afin de préserver le caractère du parc, ce territoire est soumis à une réglementation particulière qui encadre plus ou moins fortement certaines activités afin de s’assurer de leur compatibilité avec la préservation du patrimoine naturel, culturel et paysager. L'objectif principal de cette zone est la protection stricte de l'ensemble des patrimoines, même si son accès reste libre pour de nombreux usagers. Elle constitue également un territoire privilégié pour la connaissance et les suivis scientifiques.
    À l’intérieur de cet espace, des « réserves intégrales », espaces au sein desquels la présence humaine est très limitée, peuvent être définies. Seuls les chercheurs peuvent y accéder pour des raisons scientifiques, afin d'observer les évolutions de la faune et de la flore en limitant les perturbations d'origine anthropique.
  • L'aire d’adhésion
    Cette zone qui entoure le cœur du parc résulte de la libre adhésion à la charte du parc national des communes situées à l’intérieur d’un périmètre optimal fixé par le décret de création du parc. Ce périmètre est constitué par les territoires en continuité géographique ou en solidarité écologique (interdépendance des êtres vivants, entre eux et avec les milieux dans lesquels ils vivent, qu'ils soient naturels ou aménagés de deux espaces attenants) avec le cœur. Aucune réglementation spécifique n'y est générée par le parc, c'est la réglementation environnementale générale à l'ensemble du territoire national qui s'y applique. Au travers de leur adhésion à la charte, les communes s'y engagent surtout dans un partenariat avec le parc national, pour mener des politiques et des actions en lien avec le développement durable.

La charte

La charte est un projet concerté de territoire. Elle concerne à la fois le cœur et l'aire d'adhésion. Construite collectivement avec les communes et les acteurs du territoire, elle indique les orientations de protection, de mise en valeur et de développement durable retenues pour le territoire pour une durée de validité de quinze ans. Les territoires des communes qui adhèrent à la charte du parc national constituent son aire d'adhésion.

Les communes, pour leurs territoires hors cœur, qui décident de ne pas adhérer à la charte restent en « aire potentielle d'adhésion ». Elles ont néanmoins la possibilité d'adhérer à la charte trois ans après son approbation.

Un parc national peut également comprendre des espaces appartenant au domaine public maritime et aux eaux sous souveraineté de l'État pour constituer un cœur marin ou une aire maritime adjacente reconnue comme une aire marine protégée au sens du code de l’Environnement.

Une procédure existe également pour permettre l'adhésion à la charte de communes non initialement identifiées dans l'aire optimale d'adhésion. Ce fut récemment le cas pour la commune de Barcelonnette dans le Parc national du Mercantour. Ces nouvelles adhésions, permises par la loi de 2006, peuvent impliquer, ou non, l'extension du cœur du parc national.

 

Les missions des parcs nationaux

Développer la connaissance et le suivi scientifique des patrimoines

La première mission des parcs nationaux correspond à une contribution au développement de la connaissance des patrimoines naturels, culturels et paysagers par :

  • la mise en place d'observatoires, d'inventaires, de suivis, de comptages, de cartographies, etc. ;
  • la facilitation de la recherche scientifique et du partage de connaissances entre les acteurs du territoire (échanges de bases de données, production d'atlas des parcs nationaux, édition de notes de synthèse, etc.).

Conserver, gérer et si besoin restaurer les patrimoines naturels, culturels et paysagers

Cela concerne la capacité des parcs nationaux à gérer et protéger leur territoire. Cette capacité est notamment liée à l'existence d'une réglementation stricte des usages sur sa zone cœur, ce qui suppose différentes actions :

  • des actions de police générale (veille, surveillance, procès-verbaux, etc.) et de police administrative (réglementation des usages dans le cœur) ;
  • d’autres types d'action telles que la lutte contre les espèces exotiques envahissantes (EEE), la restauration de milieux naturels (exemple des forêts sèches au Parc national de La Réunion), la réintroduction de certaines espèces (vautours, gypaètes barbus, bouquetins, castors, lamantins, etc.), la mise en défense de zones sensibles.


Favoriser les usages en contribuant à la préservation des patrimoines et au développement durable

Le parc national agit en concertation étroite avec les acteurs du territoire en les accompagnant vers des actions vertueuses pour l'environnement.

Il travaille avec les acteurs à travers des contrats de partenariats ou des conventions d'application.

Le parc national apporte un appui technique, subventionne, accompagne les acteurs afin qu'ils agissent en faveur du développement durable et de la préservation des patrimoines (exemple : gestion des mesures agro-environnementales territorialisées avec les éleveurs, partenariats avec les syndicats des professionnels de la montagne pour la promotion de pratiques exemplaires, organisation de formation pour les socio-professionnels de l'écotourisme, etc.).

Valoriser la plus-value du classement en parc national pour le territoire

Cette mission met en avant l'intérêt du classement en parc national pour le territoire. Il s'agit de favoriser l'appropriation des projets de parcs nationaux sur leur territoire par des opérations de promotion et de communication mettant en avant les bénéfices apportés sur le territoire par l'existence de ces parcs nationaux. Ceci passe par des opérations de communication favorisant la fierté des habitants, mettant en valeur les partenariats menés localement et les bénéfices économiques pour les territoires.

Les atouts pour le territoire sont en effet nombreux. Ils sont liés à l'existence propre du parc national et aux politiques qu'il met en œuvre en tant que tel (appui au développement par des aides financières ou techniques, accompagnement de projet, protection des patrimoines faisant la richesse du territoire, déploiement de la marque esprit parc national...), mais aussi à d'autres démarches de labellisations supra que les parcs peuvent déployer le cas échéant.

On pense notamment dans ce cas au bénéfice de labels internationaux : patrimoine mondial de l'Unesco, réserve Man and Biosphere, liste verte, diplôme européen des espaces protégés, charte européenne du tourisme durable, etc.

Sensibiliser, animer, éduquer aux enjeux de la préservation des patrimoines de ces territoires

L'établissement public d'un parc national contribue à développer et à promouvoir une culture de la nature à travers des actions d'éducation à l'environnement et au développement durable. Il participe également à des programmes de formation, d'accueil du public, de sensibilisation à l'environnement, de formation des acteurs du territoire. L'ensemble de ces actions utilise le territoire du parc, ses patrimoines ainsi que les connaissances scientifiques acquises comme supports pédagogiques. Grace à elles, les parcs nationaux contribuent à développer des comportements écocitoyens dans leurs territoires.

Offrir au public un accueil de qualité compatible avec les objectifs de préservation des patrimoines

Afin de pouvoir concilier au mieux la découverte des territoires et des patrimoines naturels, culturels et paysagers des parcs nationaux et pouvoir en même temps maîtriser l'impact dû à une forte fréquentation des sites, il est nécessaire de mettre en place des aménagements adaptés.

Ainsi, les établissements publics des parcs nationaux gèrent-ils des sentiers de randonnée et de découverte, la signalétique, les accès pour personnes en situation de handicap, des refuges, etc. Autant d'outils favorisant la cohabitation entre l'homme et la nature au sein des parcs nationaux.

Les maisons de parc, outils centraux de la politique de sensibilisation des publics des parcs nationaux, constituent également des lieux d'accueil et d'échange privilégiés avec les habitants, les usagers et les touristes de leur territoire.

Faire participer les acteurs locaux à la gouvernance des parcs nationaux

La gouvernance des parcs nationaux s'exerce à différents niveaux :

  • lors du projet de création du parc national, un processus de concertation est mis en œuvre à plusieurs échelles afin d'impliquer tous les acteurs locaux. Cela se traduit par des consultations locales et nationales ainsi que par une enquête publique ;
  • concernant l'administration de l'établissement public d'un parc national, cette gouvernance partagée s'exerce lors de l'élaboration, de la mise en œuvre et de l'évaluation de la charte. Ainsi, le projet de charte lui-même fait l'objet de consultations nationales et locales, en particulier des collectivités territoriales ;
  • une fois approuvée par décret, la charte sera soumise à l'adhésion des communes puis mise en œuvre à travers des conventions d’applications et des contrats entre l'établissement public du parc et les acteurs du territoire ;
  • dans le cadre de son fonctionnement courant enfin, le parc s’appuie sur différentes instances de gouvernance plus ou moins thématisées, qui rassemblent l’ensemble des parties prenantes intéressées par les orientations, projets et décisions du parc. Ce sont le conseil d'administration (CA), le conseil scientifique (CS) et le conseil économique, social et culturel (CESC).

Contribuer aux politiques régionales de développement durable et de protection des patrimoines

Les établissements publics des parcs nationaux contribuent aux politiques de protection de l'environnement à l'échelle régionale au niveau des Schémas régionaux de cohérence écologique (SRCE) découlant des Trames vertes et bleues (TVB) et des Schémas régionaux air climat énergie (SRCAE).

Contribuer aux politiques nationales de développement durable et de protection des patrimoines

Les parcs nationaux de France, placés sous la tutelle du ministère de la Transition écologique et solidaire (MTES), se doivent de concourir aux politiques nationales de protection de l'environnement et de développement durable telles que Stratégie nationale pour la biodiversité (SNB), la Stratégie de création d'aires protégées, les plans nationaux d’actions (PNA), etc. Ils contribuent également aux politiques nationales en faveur des paysages, des patrimoines, ainsi qu'à la mise en œuvre de la trame verte et bleue issue du Grenelle de l'environnement.

Contribuer aux politiques européennes et internationales de protection des patrimoines

Les établissements publics des parcs nationaux ont vocation à apporter leur contribution à la mise en œuvre des engagements internationaux et européens : Directive Oiseaux, Directive Habitats, Directive cadre sur le milieu marin, Directive cadre européenne sur l'eau, Stratégie européenne pour la biodiversité, Convention de RAMSAR, etc.

Le maintien et le renforcement de liens avec des parcs nationaux étrangers (par exemple le Parc national du Mercantour avec l’aire protégée Alpi Marittime en Italie, avec lequel il forme le premier parc européen) et la coopération transfrontalière à travers des organismes internationaux comme le réseau Europarc et l'Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) permettent également l'accomplissement de cette mission.

Présentation des 10 parcs nationaux et d’un projet de parc national

Le Parc national de la Vanoise

Site internet : www.vanoise-parcnational.fr

Date de création : 6 juillet 1963

Situation : Région Auvergne – Rhône-Alpes
L'aire optimale d'adhésion est composée de 29 communes. 20 ont une partie de leur territoire en cœur de parc, 2 ont adhéré à la charte.

Surface de l'aire d'adhésion : 20 800 ha.

Surface du cœur : 53 300 ha.
En 1963 naît le Parc national de la Vanoise, aîné des parcs nationaux. En 2015, les communes de Peisey-Nancroix et Les Belleville ont choisi d'adhérer à la charte du parc. Elles se sont ainsi engagées durablement à ses côtés, dans une dynamique de développement basée notamment sur la solidarité entre le cœur protégé et l'aire d'adhésion.

Patrimoine : Cinq réserves naturelles sont adjacentes au cœur du Parc national de la Vanoise. Il comprend une limite commune de 14 kilomètres avec le parc national italien du Grand Paradis (70 300 hectares). Les deux parcs sont jumelés depuis 1972.
Côté flore, 1 400 espèces sont recensées, dont 65 sont protégées.
Côté faune, le bouquetin et le chamois sont bien représentés, ainsi que près de 125 espèces d'oiseaux nicheurs, parmi lesquels le gypaète barbu (4 couples) et l'aigle royal.

Carte interactive du Parc national de la Vanoise

Le Parc national de Port-Cros

Site internet : www.portcros-parcnational.fr

Date de création : 14 décembre 1963

Situation : Région Provence – Alpes – Côte-d'Azur dans le département du Var (83), sur les îles d'Hyères et le littoral varois. Le Parc national de Port-Cros comprend 5 communes en aire d'adhésion et une en cœur.

Surface du cœur marin : 2 950 ha.

Surface du cœur terrestre : 1 671 ha.

Réserve intégrale : îlots de Bagaud, du Rascas et de la Gabinière.
Créé en 1963, le Parc national de Port-Cros est le premier parc terrestre et marin d'Europe. Deux cœurs, sur les îles de Porquerolles et de Port-Cros, bénéficient d'un haut niveau de protection compte tenu du caractère exceptionnel de leurs sites et de la présence de nombreuses espèces protégées. Une charte, projet de développement durable, élaborée en concertation avec les communes partenaires du littoral, vient d'être mise en œuvre.

Patrimoine : Le Parc national possède un patrimoine historique considérable, illustré par des vestiges romains, une trentaine d'épaves et une vingtaine de forts militaires. Escale privilégiée des oiseaux migrateurs, le territoire abrite aussi quelques espèces terrestres endémiques (qui n'existent qu'à cet endroit) comme le discoglosse sarde, petit batracien, et le phyllodactyle d'Europe, reptile en voie de régression. Les espèces végétales terrestres s'accommodent des sols siliceux et du sel des embruns.
Le milieu marin tire son originalité de ses paysages sous-marins endémiques à la Méditerranée : l'herbier de posidonie et le coralligène habités par plus de 180 espèces de poissons et de nombreux invertébrés.

Carte interactive du Parc national de Port-Cros

Le Parc national des Pyrénées

Site internet :www.pyrenees-parcnational.fr

Date de création : 23 mars 1967

Situation : Régions Occitanie et Nouvelle Aquitaine, dans les départements des Hautes-Pyrénées (65) et des Pyrénées-Atlantiques (64). Le parc national est composé de 85 communes, 15 ont une partie de leur territoire en cœur de parc et 65 ont adhéré à la charte.

Surface du cœur : 45 700 ha.

Patrimoine : le parc national s’étire sur plus de 100 kilomètres entre les hautes vallées d’Aure et d’Aspe, le long de la frontière avec l’Espagne.
Véritable barrière climatique, son influence océanique explique l’aspect verdoyant des paysages, la profusion de lacs et de cascades. Le Vignemale, plus haute cime des Pyrénées françaises, culmine à 3 298 mètres. Le parc national joue le rôle de zone refuge pour de nombreuses espèces : isards, ours, gypaètes barbus, etc. En 2014, il a réintroduit les premiers bouquetins ibériques, espèce ancestrale disparue depuis plus d’un siècle du versant français et depuis 2000 des Pyrénées espagnoles.
La richesse floristique y est également exceptionnelle. Le parc national favorise l’accueil de tous les publics : les maisons du parc national ainsi que plusieurs sentiers d’interprétation sont labellisés « Tourisme et Handicap » pour les quatre familles de handicaps.

Carte interactive du Parc national des Pyrénées

Le Parc national des Cévennes

Date de création : 2 septembre 1970

Situation : Région Occitanie et Auvergne – Rhône-Alpes, dans les départements de l’Ardèche (07), du Gard (30) et de la Lozère (48).
Le PNC est composé de 127 communes, dont 50 ont une partie de leur territoire dans le cœur et 111 ont adhéré à la charte.

Surface du cœur : 93 500 ha.
Le Parc national des Cévennes est remarquable par un équilibre particulier entre les humains et une nature façonnée par les générations successives, depuis le néolithique, et par le souci d’associer protection et développement. À ce titre, il a été désigné Réserve de biosphère en 1985. Il est habité jusque dans son « cœur », espace protégé et réglementé. Le Parc national constitue 70 % du bien reconnu par l’Unesco en 2011, les Causses et les Cévennes, au titre du Paysage culturel de l’agropastoralisme méditerranéen.

Patrimoine : la biodiversité du parc national est très riche. On dénombre 2 410 espèces animales dont 45 % des vertébrés et les deux tiers des mammifères de France, parmi lesquels 20 espèces de chiroptères. Le territoire abrite de nombreux rapaces menacés : aigle royal, circaète Jean-le-Blanc, faucon pèlerin, grand-duc, etc. C’est un site privilégié pour les vautours fauve, moine, percnoptère et gypaète barbu. La flore est très diversifiée (11 000 espèces dont 2 350 plantes à fleurs), avec des associations végétales remarquables et endémiques, en particulier dans les tourbières des monts Lozère et Aigoual, ou encore de la pseudo-steppe caussenarde.

Le Parc national des Écrins

Date de création : 27 mars 1973

Situation : Région Provence – Alpes – Côte d’Azur et Auvergne – Rhône-Alpes dans les départements des Hautes-Alpes (05) et de l’Isère (38). 51 communes ont adhéré à la charte du parc national. 22 d’entre elles ont une partie dans le cœur du parc national.

Surface du cœur : 92 000 ha.

Réserve intégrale : Lauvitel.
Portés par des alpinistes, des naturalistes et des forestiers, les prémices de sa création remontent à 1913. Le Parc national des Écrins est créé officiellement le 27 mars 1973. L’offre de randonnée, l’accueil des visiteurs et les actions pédagogiques comptent parmi les orientations de sa charte, co-construite avec les partenaires locaux. Ce projet de territoire accompagne les activités économiques dans le respect des milieux naturels.

Patrimoine : culminant à 4 102 mètres au sommet de la Barre des Écrins, il est considéré comme le parc européen de la haute montagne. Ses vallées forment des identités paysagères et culturelles affirmées : Oisans, Valbonnais, Briançonnais, Vallouise, Embrunais, Champsaur et Valgaudemar.
Son étonnante diversité végétale répond aux grands écarts d’altitude et à la conjugaison des influences climatiques des Alpes et de la Méditerranée. Vallées, alpages et sommets abritent toute la faune des montagnes.
Le bouquetin y a été réintroduit, l’aigle royal semble prospère, tandis que la population de lagopèdes s’accroche en altitude, menacée notamment par les évolutions du climat.

Le Parc national du Mercantour

Site internet :www.mercantour.eu

Date de création : 18 août 1979.

Situation : Région Provence – Alpes – Côte d’Azur dans les départements des Alpes-de-Haute-Provence (04) et des Alpes-Maritimes (06). Le Parc national est composé de 22 communes ayant adhéré à la charte, prochainement 23 (adhésion imminente de Barcelonnette).

Surface du cœur : 68 000 ha.
Créé le 18 août 1979, le Parc national du Mercantour doit la diversité de ses paysages et la richesse de son patrimoine naturel et culturel à sa situation géographique unique, au carrefour des influences ligure, alpine, méditerranéenne et provençale. Le territoire du parc national, qui court depuis ses vallées enclavées jusqu’à la métropole de Nice, à quelques kilomètres de la mer Méditerranée, est à la croisée des enjeux du développement durable, de l’aménagement du territoire et de la conservation de la biodiversité.
Collaborant depuis plus de 30 ans avec le parco Alpi Marittime avec lequel il est jumelé depuis 1987 sur des projets d'aménagement de sentier, de réintroductions d'espèces, de suivis scientifiques et d'éducation à l'environnement, les deux structures ont souhaité aller plus loin dans leur partenariat en créant en 2013 le premier parc européen transfrontalier. Celui-ci s'appuie sur une structure administrative ad hoc : un Groupement européen de coopération territoriale (GECT) Parc européen / Parco europeo Alpi Marittime Mercantour, qui porte notamment la candidature au patrimoine mondial de l’Unesco des Alpes de la Méditerranée.

Patrimoine : l’inventaire de la biodiversité, entamé en 2007 avec le parco Alpi Marittime, son jumeau italien, a permis de préciser la connaissance du vivant. Alors que le Mercantour comptait environ 3 200 espèces, il en est à près de 8 200 aujourd’hui. Les connaissances sur la flore ont par exemple augmenté en quelques années de 31 %, et même de 210 % sur les invertébrés !
À noter également son patrimoine culturel exceptionnel avec les 50 000 gravures rupestres qu'il abrite dans les vallées des Merveilles et de Fontanalba.

Carte interactive du Parc national du Mercantour
 

Le Parc national de la Guadeloupe

Date de création : 20 février 1989

Situation : Département de la Guadeloupe (971). Le parc national est composé de 21 communes, 15 ont une partie de leur territoire en cœur de par cet 16 ont adhéré à la charte.

Surface du cœur marin : 3 300 ha.

Surface du cœur terrestre : 18 800 ha.
Depuis sa création en 1989, le Parc national de la Guadeloupe assure la préservation d’écosystèmes extrêmement diversifiés qui s’étendent des fonds marins de la Côte sous le Vent et du Grand Cul-de-Sac marin au sommet du volcan de la Soufrière.

Patrimoine : ces écosystèmes offrent une richesse biologique exceptionnelle. Les îlets et la barrière récifale abritent une faune corallienne d’un grand intérêt écologique. Autour de la baie du Grand Cul-de-Sac marin, les côtes présentent plusieurs formations littorales humides essentielles au maintien des équilibres naturels. La forêt tropicale de la Basse-Terre est l’une des mieux conservées des Petites-Antilles. Véritable château d’eau, sa protection est primordiale pour le maintien de la qualité de vie des habitants. Sur le toit de l’île se développe une végétation robuste mais sensible. Ces milieux sont le refuge d’une faune rare. En raison d’un fort endémisme insulaire, de nombreuses espèces ou sous-espèces ne se rencontrent qu’en Guadeloupe.

Carte interactive du Parc national de la Guadeloupe

Le Parc amazonien de Guyane

Date de création : 27 février 2007

Situation : Le parc amazonien de Guyane est composé de 5 communes sur une surface de 3,4 millions d’hectares. 5 communes ont une partie de leur territoire en cœur de parc et 4 en zone d’adhésion. Ces 4 communes ont toutes adhéré à la charte.

Surface du cœur : 2 millions ha.
Plus vaste parc national de France et de l’Union européenne, le territoire du Parc amazonien de Guyane couvre 40 % de la Guyane française. Frontalier du Parc national brésilien du Tumucumaque (3,8 millions d’hectares), il contribue à former l’un des plus grands espaces protégés du monde. Il est délimité par deux grands fleuves : l’Oyapock, frontière avec le Brésil, et le Maroni, frontière avec le Suriname. Difficile d’accès, il protège l’une des zones à plus forte biodiversité de la planète, des modes de vie uniques et les activités humaines des habitants des fleuves et de la forêt. C’est le lieu de vie des Amérindiens Apalaï, Tilïo, Wayana, Wayãpi et Téko mais aussi des Aluku, noirs marrons du Maroni, des Créoles et des Métropolitains.

Patrimoine : côté flore, parmi quelque 5 800 espèces de végétaux vasculaires recensées, on compte sur le territoire guyanais plus de 1 500 arbres, dont certains culminent à 50 mètres. Côté faune, 400 espèces de poissons d’eau douce (40 % de taux d’endémisme), 192 espèces de mammifères, 261 espèces de reptiles et d’amphibiens, 719 espèces d’oiseaux et des centaines de milliers d’espèces d’insectes (papillons, coléoptères, phasmes).

Carte interactive du Parc amazonien de Guyane
 

Le Parc national de La Réunion

Date de création : 5 mars 2007

Situation : Département de La Réunion (974). Le Parc national de La Réunion est composé de 24 communes. 23 ont une partie de leur territoire en cœur de parc. 17 ont adhéré à la charte.

Surface du cœur : 105 447 ha.
La création du parc national s’inscrit dans la continuité des politiques publiques en faveur de la préservation et de la valorisation des Hauts de l’île. Depuis 2010, la totalité de son cœur est inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco. La charte du parc national, à laquelle ont déjà adhéré 17 des 24 communes de l’île, est un projet de territoire, et plus largement de société, pour les Hauts de La Réunion. Elle valorise les patrimoines naturel, culturel et paysager du territoire et vise le juste équilibre entre protection et développement.

Patrimoine : le cœur du parc national offre une mosaïque de paysages naturels grandioses, construits par les éruptions volcaniques successives et façonnés par les effondrements et l’érosion : pitons, cirques et remparts offrent ainsi un relief tourmenté et impressionnant.
Le cœur du parc national abrite plus de 110 types d’habitats, du littoral à l’altimontain (jusqu’à 3 070 mètres), en passant par des forêts sèches, tropicales humides, des pandanaies ou des tamarinaies. Cela lui vaut de figurer parmi les 34 hauts lieux de la biodiversité mondiale. Le cœur abrite également des zones habitées (îlets de Mafate et des Salazes), mais aussi quelques élevages bovins et des espaces sylvicoles.

Carte interactive du Parc national de La Réunion

Le Parc national des Calanques

Date de création : 18 avril 2012

Situation : Région Provence – Alpes – Côte d’Azur dans le département des Bouches-du-Rhône (13). Le Parc national des Calanques est composé de 3 communes en cœur (Marseille, Cassis et La Ciotat) et de 3 communes en aire d’adhésion (Marseille, Cassis et La Penne-sur-Huveaune).

Surface cœur marin : 43 500 ha.

Surface cœur terrestre : 8 500 ha.
Le Parc national des Calanques est le dixième parc national français et le premier parc européen périurbain à la fois terrestre et marin. Situé au cœur de la métropole Aix-Marseille Provence, ce monument naturel comprend des massifs littoraux découpés de calanques, ainsi qu’un vaste espace marin qui, avec le canyon de la Cassidaigne, inclut l’un des plus riches canyons sous-marins de Méditerranée en termes de biodiversité. Il comporte également plusieurs îles, à la fois refuges de biodiversité et porteuses de trésors patrimoniaux.

Patrimoine : les calanques offrent une biodiversité remarquable avec 140 espèces terrestres animales et végétales protégées, 60 espèces marines patrimoniales et un patrimoine culturel d’une très grande richesse. C’est cet ensemble unique d’écosystèmes terrestres et marins, littoraux et insulaires, et de spécificités culturelles que le Parc national des Calanques a pour mission de protéger et de valoriser pour les résidents, les usagers, les visiteurs, ainsi que pour les générations futures.

Carte interactive du Parc national des Calanques

Le Parc national des forêts de Champagne et Bourgogne

Date de création : 6 novembre 2019

Situation : Départements de la Côte-d'Or (21) et de la Haute-Marne (52).

Zone d'étude du cœur : 76 622 ha

Aire optimale d'adhésion : 241 781 ha

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