La petite fille s’ennuie. Elle aimerait passer plus de temps avec sa maman qui est très occupée. Elle voudrait aussi rendre visite à sa grand-mère souffrante mais doit réussir pour cela une recette imposée par sa maman. Un jour, elle arrive enfin à faire un flan et part donc sur la route pour traverser le bois. Alors qu’elle joue avec son ombre, elle rencontre le loup. Ils sympathisent et décident de faire la course jusqu’à la maison de la grand-mère. Distraite par sa rencontre avec les fourmis, la petite fille arrive trop tard pour sauver sa grand-mère, dévorée par le loup. L’enfant connaîtra le même sort, avant d’être délivrée par un homme qui passait par là…
Joël Pommerat mêle l’imprécision temporelle originale du conte à quelques allusions pouvant évoquer une époque plus contemporaine. Les illustrations de Marjolaine Leray renforcent pour le lecteur cette dimension (p. 7, la maman regarde sa montre).
Comme dans la tradition, l’action se déroule dans un cadre rural, « la campagne », que chaque lecteur peut imaginer. La maison de la grand-mère est située avec moins de précision que dans le texte de Charles Perrault. Isolée et insérée dans un espace naturel, elle s’apparente plus à celle des frères Grimm. On y arrive en traversant un bois.
Le texte reprend la structure « classique » des contes : situation initiale avec présentation des personnages principaux et des lieux, problème posé à l’héroïne, épreuves qu’elle doit affronter pour le résoudre, dé-nouement.
Le petit chaperon rouge et sa grand-mère sont sauvés par un homme, variation du chasseur des frères Grimm. La fin heureuse diffère en ce sens de la version de Charles Perrault.
La peur, le désir, le loup, l’animalité, le rapport parent/enfant, la famille, l’ennui, le temps.
L’histoire est rapportée par l’Homme qui raconte. Il faut attendre l’irruption du Loup pour que le dialogue commence véritablement. Ce personnage du narrateur – typique du théâtre de Joël Pommerat mais aussi constitutif du conte – intervient jusqu’à la fin de la pièce.