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Publié le 02/10/2015

Que savez-vous sur le climat scolaire ?

Caroline Veltcheff, membre de la délégation ministérielle prévention et lutte contre les violences en milieu scolaire, fait le point sur le climat scolaire.

La notion de climat scolaire apparaît dans quatre des axes présentés par Najat Valaud- Belkacem, ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, lors de sa conférence de presse de rentrée le 25 août dernier. Mais qu’est-ce que le climat scolaire ? Caroline Veltcheff, chargée de mission et responsable de la thématique du climat scolaire auprès de la délégation ministérielle prévention et lutte contre les violences en milieu scolaire, fait le point.

Réseau Canopé : Pouvez-vous nous expliquer ce qu’est le climat scolaire ?
Caroline Veltcheff : Il faut relier la question du climat scolaire à la question de la prévention des violences. Toutes les pratiques de tolérance zéro ont été largement étudiées par la recherche et ont montré leur inefficacité. Les programmes identifiés comme ayant un impact très important sur la réduction des violences en milieu scolaire sont des programmes qui mettent en œuvre un climat scolaire de qualité. Depuis 30 ans, cette notion de climat scolaire a été étudiée par la recherche de façon de plus en plus fine. Aujourd’hui, nous avons identifié les facteurs qui ont un impact sur le climat scolaire. Parmi ces facteurs, les trois plus importants en termes de qualité de climat scolaire sont : la qualité et la stratégie de l’équipe de l’établissement ou de l’école, la justice scolaire c’est-à-dire la façon dont nous faisons appliquer les règles et les normes dans l’établissement ou l’école, une politique volontariste de réduction des violences (discriminations, sexisme, tensions entre les enfants…).

R. C. : Comment préparer le début d’année dans un bon climat scolaire ?
C. V. : La question du climat scolaire commence dans la classe. L’enseignant a un fort impact sur la qualité des relations entre les élèves. Nous savons que si nous devions mesurer cet impact, 80 % de ce qui se passe dans la classe va être déterminant sur les échanges entre les élèves. L’enseignant est vraiment au cœur de cette problématique. S’intéresser consciencieusement à sa classe dans les dynamiques, dans les interrelations entre les élèves est primordial. Des petits outils comme des sociogrammes permettent de comprendre ces interactions : qui sont les leaders positifs, les leaders négatifs ou les leaders isolés ?
L’équipe d’enseignants peut et doit échanger sur les dynamiques de groupe. Par exemple, un enseignant peut hériter d’une classe qui a vécu quelque chose de complexe au moment de la récréation. Si nous n’en tenons pas compte, nous pouvons nous retrouver en difficulté pour faire le cours. Tout ce que nous croyons être de la perte de temps n’en est pas car plus nous travaillerons sur la question des règles de vivre ensemble, plus nous pourrons faire cours dans des conditions optimales.

R. C. : Quelles actions simples un(e) nouvel(le) enseignant(e) peut-il mettre en place dans sa classe, tout au long de l’année, pour améliorer le climat scolaire ?
C. V. : J’ai observé un enseignant qui, plutôt que de faire l’appel de façon traditionnelle, a affecté des couleurs à des humeurs. Les élèves plutôt que de répondre « présent » donnent la couleur de leur humeur. A la fin de l’appel, le panorama de la classe dévoile si la majorité des élèves est plutôt de bonne humeur, en colère ou triste. Je trouve ce procédé tout à fait intéressant car l’enseignant instaure une relation avec ses élèves et montre qu’il s’intéresse à ce que ces derniers ressentent.

Un principe simple : personne ne peut apprendre quand il/elle ne se sent pas en sécurité, c’est le point de départ absolu. Quand un enfant se sent victime ou est victime de violences, nous voyons bien dans les établissements que mécaniquement les résultats scolaires ne sont pas au rendez-vous.
Caroline Veltcheff.

R. C. : Comment s’informer sur le projet climat scolaire de son établissement et sur le climat scolaire de manière générale ?
Normalement, l’initiative du projet climat scolaire est prise en conseil pédagogique, c’est une décision de l’équipe. Cela peut correspondre à une impulsion du chef d’établissement, ou du conseiller principal d'éducation (CPE) ou d’un enseignant. Pour la mise en place des enquêtes locales de climat scolaire*, le conseil d’administration doit être consulté.
Sur le climat scolaire en général, le site web national fait le point sur la recherche et donne de nombreux outils élaborés par les acteurs de terrain.
*Une enquête locale  de climat scolaire est un questionnaire anonyme à destination des élèves et du personnel pour mesurer leur ressenti dans l’établissement.

R. C. : Justement, vous vous occupez du site climat scolaire, quels objectifs poursuit ce site ?
C. V. : La première vocation du site est de mettre à disposition de tous les avancées de la recherche sur le climat scolaire. Le deuxième objectif est de proposer des outils opérationnels qui permettront la mise en œuvre d’une politique active de climat scolaire dans une salle de classe, une école ou un établissement. Le troisième objectif est de faire du lien entre tous les acteurs de terrain qui ne se connaissent pas forcément. Un enseignant doit pouvoir trouver une association, une organisation académique… proche de son établissement.

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