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Publié le 18/01/2024
Climat de classe : quels gestes et postures professionnels adopter ?
Les gestes et les postures de l’enseignant impactent directement le climat de classe. Ils influencent le comportement, les postures et l’apprentissage des élèves. Alors, comment mieux les développer, les maîtriser ?
Les travaux de recherche permettent aujourd’hui d’affirmer que l’ensemble de vos gestes et postures professionnels quotidiens ont toute leur place dans la relation enseignant-élèves au sein d'une classe. Ils permettent entre autres de réguler le comportement de vos élèves et ont ainsi un effet sur le climat de votre classe. Dès lors, quels micro-gestes professionnels privilégier ? Quelles postures adopter en classe ? Comment décrypter, voire questionner, vos gestes et vos postures ? Comment, face aux élèves, apprendre à les maîtriser ?
Le climat de classe, quelle définition ?
Le climat de classe peut se définir comme la relation qu’ont les élèves entre eux et de celle qu’entretient l’enseignant avec ses élèves (voir le parcours M@gistère « Climat de classe et sentiment d’efficacité de l’enseignant »). Ainsi Philippe Géhin, auteur de la brochure « Gestion du climat de classe : une difficulté professionnelle ? », va encore plus loin en affirmant que : « Le climat de classe est un préalable aux apprentissages. L’élève ne peut apprendre que dans un environnement qui permette l’attention, la concentration et la réflexion indispensables à l’activité, à la compréhension et à la mémorisation. »
Face à cet enjeu de taille, vos gestes et vos postures professionnels vous aideront à installer et à maintenir un climat de classe serein et une relation éducative apaisée.
Pensez-y !
« Les micro-gestes professionnels au service d’une relation éducative apaisée », une autoformation accessible à tous les enseignants sur la plateforme M@gistère.
Les gestes professionnels
Dans une interview accordée au Pôle de développement professionnel des enseignants de Réseau Canopé, Dominique Bucheton, professeure en sciences du langage à l’université de Montpellier, définit le geste comme « le moyen de l’agir de l’enseignant ». Il peut être verbal – par exemple, la parole –, mais il est aussi corporel : les déplacements, les mimiques, les regards, etc.
Les gestes professionnels des enseignants revêtent plusieurs formes, mais tous répondent à un seul objectif : faire apprendre les élèves. Porteurs de sens, il est nécessaire qu’ils soient compris par tous et partagés.
Dans la vidéo Les micro-gestes et les postures de l’enseignant, Jean Duvillard, docteur en sciences de l’éducation, a justement identifié 5 micro-gestes de l’enseignant : la posture gestuée, la voix, le regard, l’usage du mot et le positionnement tactique. Il est essentiel « de prendre conscience de ces micro-gestes pour instaurer une relation éducative de qualité. »
Dans une autre vidéo, il s'appuie sur l’entrée en classe, un temps bien ritualisé, – mettre les élèves en rang, saluer chacun et chacune, etc. – pour démontrer l’incidence de ces petits moments sur le vivre ensemble.
C’est pour vous !
En février, CanoTech vous propose de participer au webinaire « L’art du détail : décoder les gestes professionnels en primaire, en collège, en lycée » afin d’identifier ensemble les micro-gestes professionnels qui favorisent une confiance réciproque élèves-enseignant dans la relation éducative.
Les postures professionnelles
Gestes et micro-gestes professionnels de l’enseignant sont nécessaires mais ne suffisent pas à garantir un climat de classe apaisé et à installer une relation éducative. Les postures professionnelles jouent également un rôle primordial dans la classe.
Selon Dominique Bucheton, le terme « posture » évoque « la façon dont l’enseignant va changer de manière d’agir, de mode de faire, de mode d’aider, d’étayer, etc., pendant une séquence de classe ». Elle ajoute qu’« elles se construisent dans l’expérience et peuvent s’installer sans même que vous en ayez conscience ».
Un certain nombre de postures sont observables, notamment dans des vidéos accessibles sur CanoTech. Jean Duvillard en définit trois :
- la posture d’instruction : une posture stable, une énergie communicative, de la conviction, cette posture est parfaite pour animer son groupe-classe, créer de l’intérêt et lancer une activité comprise par tous ;
- la posture de médiation : des petits mots, des gestes, des regards et une mise en confiance, l’enseignant devient alors un médiateur, il accompagne ses élèves dans l’activité en les observant, en les encourageant, tout en veillant à conserver une certaine distance ;
- la posture d’autorité, celle nécessaire au bon déroulement de la séquence pédagogique, du cours : davantage institutionnelle, elle cadre les choses, permet de désamorcer les potentiels conflits. Pour cela, il faut savoir trouver le bon positionnement dans l’espace, le regard adéquat et, bien sûr, les mots. La posture d’autorité est en quelque sorte la garante du règlement intérieur de l’école, de l’établissement scolaire.
Dominique Bucheton recommande aux enseignants d’alterner, de varier les différentes postures au sein d’une même séance, ceci favorise la dynamique de classe et rend actifs les élèves. « Plus l’enseignant change de posture régulièrement, plus les élèves changent de posture. » Face à la tâche scolaire, les postures enseignantes conditionnent les postures des élèves (voir l’interview de Dominique Bucheton).
Comment faire évoluer ses gestes et postures professionnels ? Selon Dominique Bucheton, les vidéos de classe – associées à des outils d’analyse de pratiques – ainsi que le travail collaboratif entre enseignants sont deux leviers puissants qui ont fait leurs preuves dans la formation et l’accompagnement des enseignants.
Fort de ce constat, retrouvez sur CanoTech, au sein de la thématique « Adapter ses gestes et postures professionnels », des analyses de séances de classe réelles et des webinaires. Le site Extra classe vous propose également des podcasts dans lesquels des enseignants partagent avec vous les fruits de leur expérience inspirante.
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