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Publié le 25/01/2024
Les conflits en milieu scolaire : des clés pour mieux les cerner, les anticiper, les gérer
Le conflit est la conséquence d’une incompréhension, d’un non-dit, ou de quelque chose qui n’a pas été pris en considération à temps. Dès lors, quelles actions mettre en place pour réduire les tensions ?
Que ce soit dans les cours de récréation, dans les couloirs, à la cantine ou au sein même de votre classe, les conflits entre élèves sont monnaie courante. Leur régulation fait partie de votre quotidien d’enseignant. Cependant, comment définir cette notion de conflit ? Peut-on éviter les tensions ? En cas de conflit, comment réagir, que mettre en place ? Et enfin, qu’apporte la Communication NonViolente (CNV) dans le cadre de la résolution de conflits ?
Vers une définition du conflit
Définir le conflit est un exercice complexe, car, selon Dominique Pouthier, formatrice, université de Montpellier, Inspé du Languedoc-Roussillon, « chacun de nous a sa représentation personnelle du conflit ». Pour autant, dans le webdocumentaire Conflits à l’école, elle propose cette définition : « À l’école, le mot “conflit” qualifie des situations très différentes, allant de phénomènes d’indisciplines, de transgressions des règles jusqu’à des oppositions plus tendues, parfois même violentes, entre jeunes ou entre jeunes et adultes. » Mais elle insiste également sur les aspects positifs du conflit qui « stimule l’énergie, responsabilise l’individu, renforce l’image de soi dans sa résolution. Il encourage aussi la recherche d’une meilleure solution et, plus largement, permet la construction de relations plus justes », « le conflit est source de développement pour l’enfant ».
Le conflit est un concept qui recouvre plusieurs aspects. Par conséquent, il ne doit pas être réduit à la mise en place de sanctions disciplinaire pour régler un problème. Il est donc intéressant de développer, d’installer de nouvelles postures : encourager la bienveillance, l’écoute empathique pour tenter de comprendre les besoins de chacun au sein d’un conflit et la prise en compte des émotions. La Communication NonViolente (CNV) est une démarche qui va dans ce sens. Des enseignants sensibilisés, initiés à la CNV, réussissent à installer avec leurs élèves une gestion constructive et positive des tensions et des conflits. Voici quelques exemples d’actions :
1/ Installer des temps d’échange, de médiation et d’écoute empathique
Un de vos élèves a été bousculé dans la classe ? N’hésitez pas à parler avec lui de l’incident, à évoquer les émotions qui l’ont traversé pour lui permettre d’évacuer, de s’apaiser et de poursuivre ainsi sereinement sa journée de classe. Écoutez, à ce sujet, le témoignage d’une enseignante en collège qui parle du dispositif « Pause ton sac » : un espace de parole qui donne l’opportunité aux élèves de parler à leur enseignant, de s’exprimer en étant réellement écouté.
Des élèves de votre classe sont fâchés ? Comment parvenir à dénouer les tensions ? Dans la vidéo Comment une enseignante facilite une médiation entre élèves ?, quatre élèves de 6e témoignent chacune à leur tour de la manière dont leur professeure principale les a aidées à résoudre leur conflit.
Dans ces deux exemples, Charlotte Serisier, initiée à la Communication NonViolente, guide les élèves dans une écoute empathique en les aidant à poser des mots sur les émotions. Cette écoute véritable leur donne l’occasion de reconnaître et verbaliser à l’oral leurs émotions, de s’interroger sur leur ressenti du moment et finalement de se sentir mieux. Par ce biais, les élèves apprennent progressivement, sans l’aide de l’adulte à résoudre eux-mêmes leur conflit. Une démarche à la fois curative et préventive !
Le nouvel ouvrage des éditions Canopé Développer les compétences psychosociales à l’école. Osons la Communication NonViolente dédie un chapitre entier à l’écoute empathique, comme « moyen concret pour s’occuper des conflits d’une manière constructive et au service des valeurs républicaines que l’école souhaite transmettre ».
Une sélection de webinaires
Des gestes professionnels pour renforcer l’empathie dès la maternelle : le mercredi 31 janvier à 14 heures ;
Des pratiques pour développer l’empathie dans le 1er degré : le mercredi 21 février à 10 heures ;
La médiation par les pairs : un dispositif de prévention : le mercredi 14 février à 14 heures ;
Des pratiques pour développer l’écoute et l’empathie : le mardi 18 juin à 18 heures.
2/ Organiser et animer des discussions à visées démocratique et philosophique (DVDP)
La discussion à visées démocratique et philosophique est un dispositif pédagogique qui permet l’apprentissage de la discussion dans l’espace public et qui – par ses règles de fonctionnement – met en pratique les valeurs de la République de liberté, d’égalité et de fraternité. Elle implique respect des autres et de leurs différences et nécessite écoute et empathie. C’est pourquoi, réalisée au sein de la classe, cette pratique permet de prévenir et gérer les conflits. Dans cet entretien filmé, le didacticien de la philosophie Michel Tozzi donne quelques clés et conseils pour vous lancer avec vos élèves, à l'école, au collège et au lycée.
« Qu’est-ce qu’une insulte ? » : découvrez également dans cette séquence filmée dans une classe d’une école d’un quartier de Montpellier un temps d’échanges sur un sujet qui parle à tous les élèves. L’enseignant anime, régule les propos et installe les règles pour initier les élèves au débat : apprendre à écouter l’autre et accepter les différences de points de vue.
Deux podcasts
Comment développer l’esprit critique dès la maternelle ? - Parlons pratiques ! #9
La pratique de la philo au 1er degré - Les Énergies scolaires #12
3/ Comprendre et prendre en compte les émotions
Pourquoi Léna est-elle aujourd’hui en colère ? Ou Pablo triste ? La peur, la joie, la tristesse, la colère et le dégoût : ces émotions sont des réactions physiologiques et cognitives à des situations. Elles font partie intégrante du quotidien de vos élèves et entrent inévitablement dans votre salle de classe. Toutes expriment un besoin, influencent la perception de vos élèves, leurs comportements et, par conséquent, deviennent la source de beaucoup de conflits, de malentendus. D’autant plus qu’en contexte scolaire, nombreux sont les enfants à éprouver des difficultés pour gérer leurs émotions, particulièrement les émotions désagréables comme la peur ou la colère. Prenez le temps d’observer et d’écouter vos élèves pour, d’une part, savoir répondre individuellement à leurs émotions et, d’autre part les aider à les reconnaître,à les nommer et à les comprendre.
Une sélection de ressources et formations
Les vidéos « Et si on parlait de nos émotions ? » et « Quelle place donner aux émotions à l’école ? » : Bénédicte Hare y explique le rôle que les émotions jouent en matière de communication et de bien-être ; elle insiste d’ailleurs sur l’importance d’apprivoiser ses émotions.
Le parcours M@gistère « Apprentissages : quand les émotions s’en mêlent » : cette autoformation, de 1 heure et demie à 2 heures, a pour objectif de prendre conscience de la place à donner aux émotions à l’école primaire, que ce soient les émotions des élèves ou celles des enseignants.
La série de petits films d'animation « Les émotions de P’tit Cube » sur la plateforme Les fondamentaux est également une ressource originale pour accompagner vos élèves de cycle 2 dans la compréhension et la gestion des émotions (voir le teaser).
En complément, retrouvez les articles :
Quelle autorité à l’école du XXIe siècle ?
Climat de classe : quels gestes et postures professionnels adopter ?