
Des repères pour comprendre
Islamique
Au XIXe siècle, par analogie avec le judaïsme et le christianisme, « islamisme » désigne la religion musulmane. Aujourd’hui, il possède une autre acception. Les islamistes forment différents groupes.En effet, ce concept renvoie à des réalités multiples, il est tout aussi pluriel que l’islam dont il se réclame. Ces mouvements ont en commun de revendiquer une réforme politique au nom de l’islam.Cette aspiration peut être régressive et appeler à l’application stricte d’un droit rétrograde (charia : loi musulmane), et/ou radicale et appeler à l’action violence contre la « dépravation des mœurs occidentales» et pour l’islamisation de la société.
Fondamentalisme, intégrisme
Le fondamentalisme ou intégrisme revendique le retour aux principes originels d’une doctrine religieuse et valorise une lecture littéraliste et rigoriste du texte (Bible, Coran).
Salafisme
Le salafisme (de salaf, « ancêtres ») est l’une des formes du fondamentalisme musulman sunnite et souhaite la mise en place d’une société régie par un islam rigoriste. Le fondamentalisme musulman est un courant au sein de l’islam alors que l’islamisme est un projet politique.
Terrorisme
Le terrorisme est un ensemble d’actes de violence commis par une organisation politique dans le but de créer un climat de terreur, de désorganiser la société et d’exercer un chantage sur un gouvernement.Le terrorisme est, d’après Raymond Aron, un acte dont les effets psychologiques sont hors de proportion avec ses effets physiques. Cette « violence spectacle » vise à déclencher la peur de celui contre qui elle est utilisée, et peut donc être considérée comme un élément de la guerre psychologique, une forme extrême de propagande. Le terrorisme, qui peut prendre la forme d’attentats, d’assassinats ou de prises d’otages, vise spécifiquement les populations civiles.
Dans la seconde moitié la du XXe siècle, le terrorisme prend différents visages. Il subsiste un terrorisme territorial de libération qui vise l’État et ses représentants (l’ETA basque contre l’État espagnol depuis la fin des années 1960, les Tchétchènes contre l’État russe dans les années 1990 et 2000). Dans les années 1970, est apparu un terrorisme déterritorialisé dont les cibles peuvent se trouver partout dans le monde. La prise d’otages et l’assassinat de 11 athlètes israéliens par le groupe terroriste palestinien Septembre noir lors des jeux Olympiques de Munich de 1972 en est un exemple.
Les sociétés démocratiques avancées ne sont pas à l’abri d’autres formes de terrorisme politique qui voient des individus isolés utiliser la violence comme forme de contestation extrême (en avril 1995, l’ancien vétéran américain Timothy Mac-Veight fait sauter un camion piégé qui tue 168 personnes à Oklahoma City pour se venger du gouvernement fédéral ; en juillet 2011, le Norvégien Anders Behring Breivik tue 77 de ses compatriotes au nom de la défense du nation blanche).
Fanatisme
Le fanatisme désigne un dévouement total à une cause, qu’elle soit religieuse ou politique. Par son caractère monolithique et absolu, il est porteur d’intolérance et de violence.
Daesh
Le nom de l’État islamique apparaît sous plusieurs formes :
- Daesh : acronyme de l’arabe Dowlat al-Islamiyah f’al-Iraq wa Belaad al-sham qui signifie « État islamique en Irak et au Levant »
- EI : sigle pour « État islamique »
- EII : sigle pour « État islamique d’Irak »
- EIIL : sigle pour « État islamique en Irak et au Levant »
- Isil : acronyme de l’anglais Islamic State in Irak and the Levant
Le 29 juin 2014, les djihadistes de l’État islamique en Irak et au Levant (EIIL), d’obédience salafiste, ont proclamé le rétablissement du califat, le régime politique islamique disparu il y a près d’un siècle, et le changement de nom de l’organisation en « État islamique » (« Daesh » en arabe). Il s’impose par la force aux populations de larges pans de territoires en Irak et en Syrie. Pour autant, aucune organisation internationale n’a reconnu Daesh comme État. La proclamation du califat, présenté par ses sectateurs comme « le rêve de tout musulman » et « le souhait de tout djihadiste », peut être considérée comme un nouvel avatar du djihadisme international qui s’est développé dans le monde depuis les attentats du 11 Septembre 2001 aux États-Unis.
Djihad
L’islam prône la purification du monde et des croyants. À ce titre, le grand djihad (« effort », « lutte ») désigne d’abord le combat que le croyant mène en lui-même contre le mal. Le petit djihad est la lutte menée contre les « Infidèles » pour soumettre de nouveaux territoires à Allah.
Pour être valable, il doit être déclaré par le calife (ou un de ses représentants).
Djihadiste
Un djihadiste est un combattant se réclamant de l’islam. Les groupes islamistes, en privilégiant une interprétation restrictive du terme « djihad », le détournent pour justifier leurs actes violents et diffuser leur idéologie.
Vérité, opinion, préjugés
La vérité n’est pas à confondre avec l’opinion et les préjugés. Elle implique une argumentation solide qui peut être soumise au jugement d’autrui de façon à ce qu’il admette qu’on a raison, ou inversement qu’il nous montre pourquoi on a tort.
La vérité ? C'est ce que je pense !
Michel Delattre, professeur de philosophie à Sciences-Po, Saint Germain en Laye.
La vérité peut-elle être plurielle ?
Parle-t-on de la même chose quand on parle de la vérité en sciences ou en religion ?
Michel Delattre, professeur de philosophie à Sciences-Po, Saint Germain en Laye propose des pistes de réflexion pour comprendre que vérité en sciences et vérité en religion ne sont pas en contradiction car ils ne répondent pas aux mêmes questions
Ma religion est aussi vraie que ce cours de chimie !
Michel Delattre, professeur de philosophie à Sciences-Po, Saint Germain en Laye.
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Extraits issus de fiches pédagogiques co-écrites en partenariat avec l'association Dessinez Créez Liberté dans le cadre du projet # je dessine. L'association Dessinez Créez Liberté a été créée par Charlie Hebdo, SOS RACISME et la Fidl pour valoriser les milliers de dessins d'enfants et d'adolescents envoyés à la rédaction de Charlie Hebdo suite à la tuerie préméditée de membres de sa rédaction le 7 janvier 2015, afin qu'ils servent de support à la réflexion, à l'échange, au débat, à la création.