Repères et conseils pratiques
Quelques repères pour anticiper sur le terrain
Comment savoir si ce que j’observe en classe est un trouble ou une difficulté d’apprentissage ?
Les retards dans les apprentissages peuvent avoir diverses origines.
Ce qui distingue les difficultés d’apprentissages du trouble, c’est l’écart à la norme qui va se creuser dans les progrès des élèves. Pour un élève en difficulté passagère, cet écart à la norme se résorbe avec le temps grâce à une aide pédagogique personnalisée. En revanche, un élève qui présente des troubles des apprentissages progresse, mais moins rapidement qu’un autre élève : « l’écart aux attendus » va, par conséquent, s’accroître.
Pour le mesurer de manière objective, des bilans sont à réaliser par des professionnels (orthophonistes, ergothérapeutes, psychologues, psychomotriciens, etc.). Leur analyse croisée permet ensuite de poser un diagnostic.
Pour en savoir plus
⇒ Difficulté d’apprentissage et dyslexie : comment les distinguer ? [webinaire enregistré – durée : 1 h 25 min]
Par Patrick Binisti, formateur ASH et chercheur au laboratoire Cifodem, université Paris-Descartes.
Pourquoi les difficultés dues à un trouble du neurodéveloppement (TND) ont-elles des répercussions sur tous les apprentissages ?
Le déficit présenté par un élève qui souffre d’un trouble du neurodéveloppement (TND) a des répercussions succeptibles d’entraver ses capacités cognitives et/ou attentionnelles dans l’ensemble des situations d’apprentissage, comme dans tous ses lieux de vie.
Par exemple, en situation de lecture, l’élève doit à la fois décoder et comprendre le texte. Il est alors en situation de double tâche. De ce fait, il sera plus lent et plus fatigable que ses camarades. Le coût cognitif de ces actions est très conséquent et cela devient un handicap pour tous ses apprentissages dès lors que la lecture est engagée.
L’identification du déficit vous permettra de le compenser à travers la mise en place d’adaptations et l’utilisation d’outils spécifiques.
Pour en savoir plus
⇒ Détecter les signes d’un développement inhabituel chez les enfants de moins de 7 ans [pdf – 580 ko]
⇒ Livret de repérage des troubles du neurodéveloppement chez les enfants de 7 à 12 ans [pdf – 1,2 Mo]
Comment se repérer dans les troubles des apprentissages ? Quelles sont leurs dénominations et leurs difficultés inhérentes ?
Les troubles du neurodéveloppement (TND) sont nombreux et affectent différentes capacités chez les élèves. Parmi eux, certains sont mieux connus des enseignants puisqu’ils affectent directement les apprentissages en classe. Mais il en existe d’autres que vous pouvez rencontrer.

Pour en savoir plus
⇒ Qu’est-ce que les TND et les TSA ?
⇒ L’impact des troubles dys dans les apprentissages [webinaire enregistré – durée : 1 h 37 min]
Par Michèle Mazeau, docteure en neuropsychologie infantile, spécialiste des troubles des apprentissages.
Des clés pour clarifier certains éléments de langage
Comprendre la distinction entre la différenciation et la compensation
Pour permettre à tous d’avoir accès au savoir et en fonction des besoins que vous aurez observés chez vos élèves, vous pouvez :
- différencier votre pédagogie et mettre en place des adaptations spécifiques en agissant sur l’environnement de l’apprentissage lorsque les difficultés observées sont passagères ;
- compenser les obstacles particuliers que rencontrent vos élèves lorsqu’ils ont un trouble identifié.
Pour en savoir plus
⇒ Pour différencier, faut-il individualiser ou personnaliser ? [vidéo CanoTech – durée : 3 min 34 s]
⇒ Faut-il privilégier la compensation ou l’accessibilité ? [vidéo CanoTech – durée : 3 min 54 s]
Comprendre la différence entre être « handicapé » ou « en situation de handicap »
Il n’est pas rare d’entendre, lors de discussions ou de réunions pluridisciplinaires, deux terminologies pour évoquer la même situation : « être handicapé » et « être en situation de handicap ». La première renvoie à une conception médicale du handicap qui entrave la vie sociale d’une personne ; la seconde défend l’idée que ce n’est pas le handicap en lui-même qui empêche l’accès à une vie ordinaire pour la personne en situation de handicap, mais l’inaccessibilité et l’inadaptation des lieux et environnements susceptibles de l’accueillir.
Pour en savoir plus
⇒ Pourquoi parle-t-on de « situation de handicap » ? [vidéo CanoTech – durée : 3 min 31 s]
Une difficulté, un besoin : des solutions
► CERTAINS DE VOS ÉLÈVES ONT DES DIFFICULTÉS À LIRE
Comment mettre en formes vos cours et consignes pour qu’ils soient accessibles à tous ?
1. Concevez des cours plus lisibles
Voici quelques conseils de mise en forme des cours, consignes ou textes à transmettre à vos élèves. Objectif : les rendre plus accessibles à tous, y compris pour ceux qui rencontrent des difficultés à déchiffrer un texte et à automatiser la tâche de lecture.
Polices
- Utiliser une police sans empattement (Arial, Verdana, Tahoma par exemple) ou spécifique (OpenDyslexic, Comic sans MS).
- Ne pas utiliser de polices avec empattements (Times New Roman par exemple) ou des polices trop originales.
- Utiliser une taille de 12 points a minima.
- Éviter les documents manuscrits.
- Éviter l’italique et le soulignage.
- Pour faire ressortir une partie d’un texte, utiliser plutôt des caractères gras ou encadrer l’élément à mettre en avant.
Disposition
- Aérer les informations mises à disposition : un seul texte par page.
- Éviter les distracteurs : pas de dessin ou d’illustration superflus.
- Augmenter les espaces entre les mots.
- Mettre un interligne de 1,5 a minima.
- Augmenter les marges.
- Éviter de disposer le texte en colonnes.
- Aligner le texte à gauche, sans le justifier.
Ces conseils constituent les préconisations minimales à appliquer lors de la conception de vos cours, pour l’ensemble de vos élèves. En combinant et en modulant ces recommandations, les texte et les consignes seront ainsi adaptés aux besoins de tous. Ils ne sont toutefois pas exhaustifs et certains élèves peuvent avoir des besoins plus spécifiques, qui nécessiteront des ajustements supplémentaires – pouvant aller jusqu’à la prise en charge totale de l’acte de lecture par un logiciel ou une personne tierce.
Vous pouvez aussi définir le confort de lecture avec l’élève, qui vous indiquera lui-même ce qui est le plus lisible pour lui. Les plus grands pourront gérer eux-mêmes cet ajustement s’ils disposent d’un outil numérique pour cela.
Exemple d’évolution pour créer un cours adapté à tous les élèves : Cours non adapté Cours adapté remis en page
Pour aller plus loin
⇒ Fiche Aider au décodage (Cap École inclusive)
2. Variez les moyens de diffusion de vos cours
Pour aider vos élèves à comprendre le texte lu et à mieux appréhender la tâche à réaliser, n’hésitez pas à leur proposer, en plus, ce contenu sous forme audio.
La synthèse vocale est un outil très intéressant. Elle permet à certains élèves en difficulté d’entendre une consigne qu’ils ne parviennent pas à lire correctement. En effet, si un élève n’a pas automatisé la tâche de déchiffrage, il ne pourra pas accéder au sens du texte qu’il lit et ne pourra donc pas réaliser l’exercice proposé. Enregistrer la consigne et partager le fichier audio correspondant, grâce à un QR code inséré dans votre cours, est un bon moyen de la rendre accessible à tous. Vos élèves pourront ainsi, via une tablette ou un smartphone, accéder à la version audio de celle-ci et réaliser l’exercice demandé. Grâce à la reconnaissance optique de caractères, certains logiciels sont même capables de produire la version audio d’un texte à partir d’une image. L’élève n’a qu’à lancer l’application, photographier le texte, et celui-ci est lu par la machine.
Pour aller plus loin
⇒ Proposer une version audio d’un texte (fiche – Cap École inclusive)
⇒ Convertir un texte simple en fichier audio Balabolka [tutoriel vidéo – durée : 3 minutes]
⇒ La lecture audio d’un texte avec Adobe Acrobat Reader [tutoriel vidéo – durée : 2 minutes]
⇒ S’enregistrer avec un smartphone Android et partager le fichier audio [tutoriel vidéo – durée : 2 minutes]
► CERTAINS DE VOS ÉLÈVES ONT DES DIFFICULTÉS À ÉCRIRE
Comment limiter la quantité d’écriture manuscrite pour soulager ceux qui n’ont pas encore automatisé le geste graphique ?
1. Soulagez le geste graphique
Voici quelques pistes pour limiter la quantité d’écriture manuscrite et soulager un élève qui aurait des difficultés à écrire et n’aurait pas complètement automatisé le geste graphique.
- Fournir le cours déjà imprimé.
- Prévoir un texte à trous.
- Utiliser des étiquettes lettres ou mots, des tampons, etc.
- Accepter des réponses orales, épeler un mot pour vérifier l’orthographe.
- Demander de dicter à l’adulte, avec l’aide de l’AESH par exemple.
- Proposer des consignes ne mobilisant pas l’écriture : surligner, souligner, entourer, encadrer, cocher, etc.
Les outils informatiques peuvent aussi constituer une aide précieuse pour les élèves qui ont des troubles du développement de la coordination, comme la dyspraxie ou la dysgraphie. Voici quelques idées pour leur faciliter la tâche.
- Leur transmettre le fichier numérique ou une photo du cours en le déposant sur l’ENT de votre établissement.
- Leur proposer d’annoter un document numérique au format PDF, pour qu’ils gagnent en efficacité et en autonomie.
⇒ Annoter, compléter un PDF Acrobat Reader DC » [tutoriel vidéo – durée : 1 minute] - Créer des documents avec des zones interactives dans lesquelles l’élève pourra répondre directement à vos questions.
⇒ Ajouter des champs interactifs à un PDF interactif [tutoriel vidéo – durée : 6 minutes]
Sur le site du Cartable fantastique, vous trouverez des ressources en français et en mathématiques, déjà adaptées, du CE1 à la 3e. Vous y trouverez notamment des exercices interactifs déjà conçus et rédigés en fonction des besoins des élèves dyspraxiques.
Avec La Quizinière, l’exerciseur de Réseau Canopé, créez des activités pédagogiques en ligne et permettez à vos élèves de répondre à vos questions dans des textes à trous, des QCM ou avec des dessins et des enregistrements audio !
2. Aidez à la correction orthographique
Certains élèves présentant des troubles spécifiques des apprentissages comme la dyslexie ou la dysorthographie ont des difficultés à écrire sans faire d’erreurs orthographiques, et encore plus à s’autocorriger. Des outils numériques peuvent les aider à acquérir une orthographe lexicale et grammaticale correcte.
Les prédicteurs orthographiques, lorsqu’ils sont installés sur un ordinateur ou une tablette, permettent à l’élève de trouver rapidement la bonne orthographe du mot qu’il est en train de taper sur son clavier. À partir de quelques lettres, le logiciel Lexibar, par exemple, propose une liste de termes parmi lesquels l’élève pourra choisir celui qu’il souhaitait écrire.
Il existe aussi des dictionnaires phonologiques – souvent disponibles sur tablette. Les élèves peuvent le consulter en situation de production écrite. Il choisit tout d’abord sur un clavier les sons qu’il entend parmi ceux qui composent le mot qu’il veut écrire. L’application lui propose alors le mot cherché avec la bonne orthographe lexicale. Le dictionnaire phonologique de la méthode de lecture Metallo propose en plus un conjugueur, qui assure un accès facile à l’orthographe grammaticale des mots.
Enfin, il est aussi possible de proposer à un élève d’écrire un texte en utilisant un outil de saisie vocale sur ordinateur ou sur tablette. Grâce à la reconnaissance automatique de la parole, les mots prononcés sont alors captés par le microphone puis automatiquement retranscrits en texte.