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Utiliser un sol interactif à l'école

Réseau Canopé- 2017

L’origine du projet

L’an dernier, ma classe a bénéficié du prêt du dispositif Ligthouse et Storyphones suite à un projet que j’ai formulé sous l’impulsion de l’inspectrice de la circonscription, désireuse de savoir quelle pouvait être la portée d’un telle installation dans une classe de maternelle.
Le Lighthouse est un cube qui intègre un projecteur interactif et un ordinateur qui permettent de transformer n'importe quel espace en un environnement d'apprentissage interactif. À l’école maternelle, ce cube permet de regrouper les élèves autour d’une vidéoprojection au sol. Ce cube est également équipé d’enceintes, les enfants interagissent grâce à deux stylets.
Les logiciels dédiés à la vidéoprojection au sol sont intéressants. Néanmoins, j’ai rapidement eu envie de créer mes propres activités grâce à un logiciel prévu pour tableau interactif afin de répondre plus précisément aux besoins de mes élèves. Cela me permettait aussi de préparer des supports permettant la différenciation pédagogique.



Le déroulement des activités

Les élèves travaillent en petits groupes de 7. L’intérêt principal du sol interactif a été pour moi de pouvoir proposer aux élèves des séances de jeu et de manipulation combinant sons et images. Je l’ai donc principalement utilisé pour travailler la conscience phonologique, découvrir la fonction de l’écrit, se repérer dans l’espace ou éveiller à la diversité linguistique.
Après un temps de familiarisation (3 semaines), les élèves ont été laissés en autonomie devant la tâche proposée. Je n’intervenais pas ou peu pendant l’activité. Je venais simplement valider le travail une fois celui-ci terminé, me dégageant un temps non négligeable pour mener d’autres activités en parallèle avec d’autres élèves.
Le sol interactif est donc devenu au sein de la classe un atelier que j’ai proposé quotidiennement aux élèves.



Les compétences mises en œuvre

Le sol interactif m’a permis de faire travailler les élèves de GS sur de nombreuses compétences mais plus particulièrement sur celles qui permettent de mobiliser le langage dans toutes ses dimensions, l’un des domaines les plus importants dans une école comme la mienne inscrite dans un dispositif REP.
En effet, cette installation favorise les échanges langagiers et une collaboration active entre élèves. Reuni autour du tapis, tout le groupe a une vue sur la situation problème et peut ainsi discuter d’une solution avant de la proposer.
Des compétences pour « vivre ensemble » sont donc nécessaires à l’utilisation du sol interactif en autonomie puisqu’il faut respecter le point de vue de l’autre, faire un choix commun et l’accepter. Mais aussi respecter le fait que le stylet passe d’un enfant à l’autre en se basant sur le principe du « chacun son tour ».



Les apports des TICE

Dans cette école en REP, nous n’avons pas d’ordinateur, pas de tablette, pas de tableau interactif, le sol interactif a donc permis d’y faire entrer l’outil numérique. J’ai constaté que les enfants sont très attirés par cette technologie, qu’ils y ont de suite pris goût et ont eu très vite envie de manipuler.
Ce qui est intéressant avec les activités menées avec cet outil, c’est que l’erreur n’est pas vécue comme un échec puisqu’ils peuvent immédiatement réessayer et réussir. Cela aide notamment les enfants en manque de confiance en soi à participer davantage.
Du point de vue de l’enseignant, le sol interactif permet de laisser des enfants travailler en groupe, de façon autonome, sur une activité qui aurait normalement demandé la présence de l’adulte pour renommer ou répéter des sons, des mots, une comptine…



Les aspects techniques

La prise en main de l’outil en lui-même a été relativement facile. J’ai dû demander à l’enseignant ressource pour les TICE (ERTICE) de ma circonscription d’y installer un logiciel pour tableau interactif et de m’en expliquer les rudiments afin de pouvoir créer mes activités, ce qui a demandé un certain investissement de ma part.


"Utiliser un sol interactif à l'école"

Ludovic Jourdain, professeur des écoles.
-Allez, les enfants, maintenant, on se met au travail.
Pour apprendre à lire et à écrire, les enfants doivent apprendre à entendre les sons dans les mots et, en avançant dans la grande section, entendre des unités sonores de plus en plus petites.
En fin de grande section, ils doivent être capables d'entendre des consonnes simples.
J'ai donc mis en place, en classe, un atelier Lighthouse au même titre qu'un atelier quotidien.
Au Lighthouse, on va aller entendre le son "N" n'importe où dans les mots.
Peut-être dans la première syllabe, dans la deuxième, dans la troisième...
Peut-être même plusieurs fois.
Le groupe de Marlon, Jade, Romane, Lise, Lila et Tom.
"Travailler la conscience phonologique"

Lors d'une activité de conscience phonologique, je demande aux élèves, d'abord, de trier les images dans lesquelles ils entendent le son étudié.
Voix du Lighthouse.
-Gruffalo.
Ludovic Jourdain, professeur des écoles.
-On met dans la maison.
Ou alors, si on n'entend pas le son étudié, on met dans la petite poubelle.
Dans un second temps, on reprend tous les mots dans lesquels on entend le son étudié et on essaie de localiser la syllabe.
Voix du Lighthouse.
-Benoît.
Ludovic Jourdain, professeur des écoles.
-Grâce au Lighthouse, on peut enregistrer sa voix, mettre du son sur une image et insister sur le son que les enfants doivent trouver dans le mot.
Voix du Lighthouse.
-Yanis.
Ludovic Jourdain, professeur des écoles.
-Ça, si on n'a pas l'outil numérique pour le faire, on est obligé d'être avec eux.
Là, ils peuvent travailler seuls.
Le vidéoprojecteur permet le travail de groupe.
Un élève, puis un deuxième.
-Il n'y a plus rien.
-Non, c'est là.
Ludovic Jourdain, professeur des écoles.
-Puisqu'un seul enfant manipule, mais tous interagissent.
Le deuxième élève, puis une élève.
-J'en ai une, là.
-Mattéo, il faut bouger, là.
Ludovic Jourdain, professeur des écoles.
-Cet outil permet de développer les compétences du vivre-ensemble, respecter le "chacun son tour", écouter l'avis de l'autre et finir par faire un choix ensemble.
Le deuxième élève.
-Ouais !
On a fini.
Je crois qu'on a fini.
Le deuxième élève, puis le premier.
-On a tout fini.
-On a terminé le truc.
Ludovic Jourdain, professeur des écoles.
-Lorsque les élèves ont découvert le Lighthouse, j'étais beaucoup plus présent avec le groupe en activité.
Maintenant, ils manipulent seuls et j'interviens à la fin de l'activité pour faire un bilan avec eux.
Ludovic Jourdain, professeur des écoles, puis les élèves.
Vous avez terminé l'exercice ?
-Oui.
Ludovic Jourdain, professeur des écoles, puis les élèves.
-On peut regarder ensemble les syllabes qui ont été cochées ?
-Oui.
Ludovic Jourdain, professeur des écoles.
-Dans "funambule", quelle syllabe as-tu cochée, Mattéo ?
Mattéo, un élève, puis Ludovic Jourdain, professeur des écoles.
-"Nan".
-"Nan", bravo.
"Lire dans le bon sens" L'objectif est de leur apprendre le sens de la lecture, commencer au bon endroit et avancer dans la lecture en allant dans le bon sens.
La latéralisation.
Un élève, puis la voix du Lighthouse.
-"À"...
-"La"...
L'élève.
-"Piscine".
Une élève, puis la voix du Lighthouse.
-"Piscine".
-"Piscine".
Ludovic Jourdain, professeur des écoles.
-Avec ton doigt.
Le premier élève.
-"Vendredi, Élodie nage à la piscine."
Ludovic Jourdain, professeur des écoles.
-En fonction du niveau des enfants, on peut aussi bouger les étiquettes, à la fin de l'activité, pour former de nouvelles phrases et vérifier qu'ils puissent redire les bons mots au bon endroit.
Tu viens lire ma phrase rigolote ?
Vas-y.
Ils manipulent des étiquettes mots qu'ils ont l'habitude de manipuler, sur un support plastifié, sur la table, habituellement, pour suivre les mots d'une phrase dans l'ordre et les dire.
Une élève, puis une deuxième.
-"Madame..."
-"Jourdain..."
La première élève, puis la deuxième.
-"Jourdain danse."
-"Danse."
"Éveiller la diversité linguistique en anglais" Ludovic Jourdain, professeur des écoles.
-J'utilise le Lighthouse pour compléter l'apprentissage fait en "Lire, s'exprimer et comprendre avec son corps", en salle de motricité.
Chanson en anglais.
-"What colours...
What colours do you like?"
Ludovic Jourdain, professeur des écoles.
-Dans un premier temps, les élèves ont écouté une comptine sur les couleurs en anglais.
Les élèves.
-"What colours do you like?
What colours do you like?"
Ludovic Jourdain, professeur des écoles.
Dans un second temps, ils ont inventé des pas pour faire une ronde sur cette comptine.
Ludovic Jourdain, professeur des écoles, et les élèves.
-"Green, green.
I like yellow, yellow."
Voix du Lighthouse.
-"Yellow.
I like yellow."
Chanson en anglais.
-"Yellow, yellow."
Ludovic Jourdain, professeur des écoles.
-Ce que je demande aux élèves sur cette activité, c'est d'écouter la comptine qu'ils connaissent, faire des pauses et manipuler les couleurs pour les amener au bon endroit.
Dans la mesure où les élèves maîtrisent la comptine en anglais, cette activité est en autonomie.
"Le bilan"

Pour moi, l'outil numérique facilite les apprentissages parce qu'il libère l'enseignant.
Il y a des activités où, avant d'avoir cet outil numérique, je devais être présent et qui peuvent désormais se faire sans moi.
Pendant ce temps-là, je suis sur une autre activité dirigée, de l'écriture dirigée, un groupe de langage, et on voit vraiment que mes élèves progressent.
Si je compare aux années précédentes, je m'aperçois que les compétences attendues en fin de grande section d'école maternelle ont été acquises plus vite, plus tôt dans l'année.


Durée : 00:05:54

Date de production : 2017

Réalisateur : Aurélie Dulin

Producteur : Réseau Canopé