Une classe inversée à l'ère du numérique
Réseau Canopé- 2016
- vidéo en ligne
Synthèse
La naissance du projet provient d’une question récurrente : comment rendre efficace le travail personnel de chaque élève ?
Ce constat m’est apparu devant le faible taux de réussite sur des exercices d’application à la maison.
Il s’agit de passer d’une pédagogie de l’application à une pédagogie de l’implication.
L’outil numérique, démocratisé, accessible, est un facilitateur de cette pédagogie dite de la classe inversée.
Le déroulement de l'activité
Idée générale : combiner une pédagogie de classe inversée en s’appuyant sur les outils numériques. Ce concept associe plusieurs phases combinables selon le degré de maîtrise :
- classe inversée uniquement (nécessite des cours en ligne, pouvant éventuellement provenir du professeur lui-même par des capsules vidéos, des diaporamas, des simulations…) ;
- pédagogie de projet uniquement (nécessite de créer une situation réelle déclenchante) ;
- progression individuelle (nécessite des cours en ligne, une planification du cycle d’apprentissage et un système de suivi et de notation). Par exemple, l’élève indique au professeur quand il se sent prêt à passer un examen écrit ou oral sur le sujet : évaluation en ligne, individuelle, droit de refaire…
Dans toutes ces phases, l’outil numérique est un support pour diversifier les pratiques, les productions, faciliter les échanges, différencier et réguler les apprentissages de chaque élève.
Les utilisateurs (élèves) deviennent producteurs, ils partagent, proposent des ressources, ajoutent, trient les informations… il y a horizontalité du partage. Cette approche dynamique permet aux élèves d’explorer des problématiques du monde réel. Les intérêts sont nombreux : développement de la culture générale et de compétences importantes (communication, coopération, réflexion, créativité…), plus grande motivation à apprendre, meilleure rétention d’informations, meilleure compréhension, etc. Ce concept peut s’utiliser dans n’importe quelle configuration pédagogique, mais une classe inversée aura beaucoup plus de temps à consacrer à des projets qu’une classe traditionnelle.
Les aspects techniques
95 % des élèves disposent d’une connexion internet personnel, 90 % de smartphones. Le lycée est suffisamment équipé pour permettre à chaque élève d’accéder aux informations mise en ligne, à une plateforme collaborative institutionnelle, à des logiciels de travail (Open Office, enregistrements sonores) sur une durée suffisante. Certaines activités sont effectuées par groupe pour faciliter la faisabilité.
Les apports du numérique
Mon analyse relève des évidences convaincantes du fait que les technologies de l’information peuvent augmenter l’apprentissage quand la pédagogie est de bonne qualité et qu’il y a une bonne concordance entre les outils, les méthodes et les objectifs.
Attention toutefois à une externalisation abusive des savoirs et aux interactions essentiellement à distance. Il faut redonner du sens à la présence de l’enseignant en classe. L’enseignant contrôle le triptyque « Informations – Activités – Productions » en alternant phase de régulation en classe et évaluation externe du travail personnel ou collaboratif.
L’amélioration des apprentissages est évidente car la combinaison d’une pédagogie active, autour d’un projet, avec les possibilités d’outils numériques divers permet à chaque élève de répondre aux objectifs à son rythme. L’élève est impliqué. Il a été responsabilisé dans son travail.
Les compétences mises en œuvre
S’informer : trier les informations, extraire, synthétiser, choisir.
Réaliser : récit vidéo, d’images, de sons, exposés avec quelques diapositives.
Valider : S’autoévaluer – critiquer – remédier.
Communiquer : différencier les supports de communication : oral (bande son), vidéo, exposé de présentation.
Autonomie : travail en équipe, collaborer, s’écouter.
Être autonome dans son travail : savoir l’organiser, le planifier, l’anticiper, rechercher et sélectionner des informations utiles, développer l’initiative.
Martial Gavaland
Transcription
"Une classe inversée à l'ère du numérique"
Léo Castelain, terminale S, lycée La Colinière, Nantes.
-L'expérience de la tâche 3 consiste à regarder combien émet de décibels un haut-parleur...
Martial Gavaland, professeur de sciences physiques.
-J'utilise le numérique, car ça devient un outil très disponible, à la fois dans l'établissement, la plupart l'ont chez eux, et pourquoi pas aussi sur leur smartphone.
-On est à 86.
Martial Gavaland, professeur de sciences physiques.
-Mon objectif est d'amener les élèves à s'approprier une situation, en développant leur autonomie, à s'organiser dans la recherche d'information, pour la synthétiser.
Le principe de la classe inversée, c'est de mettre à disposition des ressources, soit dans leurs livres scolaires, des livres, magazines au CDI, ou bien dans des livres personnels.
Maintenant, nous disposons évidemment du numérique, avec des tas de ressources aux supports divers, des bandes-son, des capsules vidéo faites par des enseignants, des simulations, des animations et, pourquoi pas, des applications gratuites.
Sandra Tsitère, terminale S, lycée La Colinière, Nantes.
-Ce que j'apprécie, c'est qu'en arrivant en cours on sait de quoi on va parler.
Charlotte Rousseau, terminale S, lycée La Colinière, Nantes.
-J'ai vraiment aimé le fait de devoir construire nos cours nous-mêmes, de chercher seuls les notions. Ça permet d'assimiler plus facilement.
Thibault Guénolé, terminale S, lycée La Colinière, Nantes.
-On est vachement autonomes et on va chercher les choses nous-mêmes.
On n'a pas tout sur un plateau.
Charlotte Rousseau, terminale S, lycée La Colinière, Nantes.
-Ça m'a aidée à mieux gérer mon temps.
En début d'année, j'avais du mal.
Martial Gavaland, professeur de sciences physiques.
-Parfois, on dénature la classe inversée. On pense que le simple fait de mettre des ressources en ligne, par le biais du numérique, peut faire une pédagogie de la classe inversée.
En fait, c'est un espace de stockage.
Et si on n'amène pas les élèves à travailler ces ressources en ligne, ça n'a aucun intérêt.
Il y quelque temps, sur le forum, vous aviez posté des tas de questions.
Puis vous aviez accédé aux questions de vos camarades sur cette situation de Baumgartner en chute libre.
Vous aviez déjà formulé un premier plan seul ou à deux.
J'ai un peu corrigé, ou validé pour certains.
Aujourd'hui, vous allez les mettre en commun et, surtout, ajouter des questions concernant, cette fois-ci, la partie énergie mécanique, cinétique, potentielle.
Une élève.
-Il faudrait poser une question sur la première phase, l'énergie potentielle d'opposition qui devient énergie cinétique.
Martial Gavaland, professeur de sciences physiques.
-La classe inversée vise à développer une pédagogie de l'implication, en préméditant les situations à étudier.
Thibault Guénolé, terminale S, lycée La Colinière, Nantes.
-On est obligés d'aller chercher les choses.
Alors que, dans les autres cours, on va juste réécrire, imprimer.
Là, il faut qu'on aille chercher.
Du coup, on apprend.
Et on apprend beaucoup mieux.
Martial Gavaland, puis Charlotte Rousseau.
-Les conditions d'apprentissage vont nous permettre de varier les méthodes et de développer la collaboration.
-On s'entraide bien.
On partage aussi les recherches à faire.
Ça dépend du travail qu'on a à faire.
Ce qui est intéressant, c'est qu'on l'envoie au professeur, et, pendant les vacances, il va nous envoyer un commentaire pour qu'on s'améliore et qu'on assimile les notions plus facilement.
Martial Gavaland, puis Charlotte Rousseau.
-C'est une suite d'allers-retours entre enseignant et élèves.
On distingue plusieurs espaces.
L'espace "établissement" va permettre au groupe ou à l'élève seul d'effectuer ses recherches, poursuivre ses travaux.
L'espace "classe" va permettre de réguler, de légitimer ce qui a été acquis par chaque élève.
Les élèves sont attachés à cette restitution en classe, présentée par leurs camarades, pour, en coopération, faire le point sur ce qui doit être acquis.
Alexandre Fouchard, terminale S, lycée La Colinière, Nantes.
-On fait nous-mêmes nos exposés, nos cours avant d'entrer en classe.
Si on n'a pas tout compris, les autres élèves et le prof nous réexpliquent.
Ça permet de bien connaître le cours.
Et en cours, on va surtout faire des exercices. Ça nous prépare au bac ou aux contrôles.
Martial Gavaland, professeur de sciences physiques.
-L'évaluation va avoir deux temps. Il peut y avoir un temps à distance, individuel, où je vais donc expliciter, conseiller l'élève sur l'avancée de ses travaux.
Léo Castelain, terminale S, lycée La Colinière, Nantes.
-Nous allons réaliser l'expérience de la tâche 3, qui consiste à mesurer la différence en décibels entre un son émis par un haut-parleur, puis par deux.
Martial Gavaland, professeur de sciences physiques.
-Et puis il va y avoir un temps de restitution en classe, soit seul, soit par groupe, où je vais à nouveau les évaluer, cette fois-ci, plus explicitement.
Charlotte Rousseau, terminale S, lycée La Colinière, Nantes.
-Le professeur a plus un rôle d'accompagnement que d'enseignement, vu que nous faisons nos recherches nous-mêmes.
Alexandre Fouchard, terminale S, lycée La Colinière, Nantes.
-L'enseignant va surtout évaluer nos connaissances, voir si on les maîtrise.
Marie Audrain, terminale S, lycée La Colinière, Nantes.
-Le rôle de l'enseignant est de mieux nous faire comprendre ce sur quoi on a déjà travaillé nous-mêmes, de nous aider à réorganiser notre travail, à bien comprendre tout ce qu'on a fait chez nous, et nous aider un peu plus.
Martial Gavaland, professeur de sciences physiques.
-Donc, l'enseignant, dans toutes ces étapes, il doit planifier, réguler, assurer les activités, à la fois à distance, en les aidant en ligne, et il doit assurer ces temps de regroupement.
Fiche détaillée
Durée : 00:05:47
Date de production : 2016
Producteur : Réseau Canopé
Réalisateurs : Pierrick David, Bernard Taillat