« On a rarement autant tremblé pendant la création d’un spectacle » : après
être revenu à « l’école de Shakespeare » avec Macbeth, le Théâtre du Soleil
puise, avec Une chambre en Inde, à une autre de ses sources, le théâtre indien,
pour affronter le chaos du monde. Cette nouvelle création collective, dont
Ariane Mnouchkine a expliqué quelques semaines avant la première représentation
qu’elle était encore instable, mouvante, volatile, met en scène l’espace
de tous les possibles et de toutes les apparitions : la chambre, une chambre
qui abrite au bord du précipice une troupe de comédiens sans son directeur...
Cette création, marquée par le « présent » des attentats, raconte la quête d’un
spectacle dont Ariane Mnouchkine a pu dire qu’il était un « bégaiement », une
acceptation du doute pour ne pas accepter le silence. La pièce poursuit une
ambition : celle de faire rire le public de ses peurs. Fanal qui surnage en pleine
tempête, le théâtre qui se déploie sous nos yeux questionne une nouvelle fois
notre humanité et résonne peut-être encore plus fort avec ce « terrain lourd »
qui est le nôtre depuis le 13 novembre 2015.
Le dossier invite les élèves à donner corps à « l’Inde de leurs rêves » et à explorer
la manière dont le théâtre peut raconter le monde. De nombreuses propositions
d’exploration sont suggérées par des membres de la troupe, et certaines
s’appuient sur le témoignage d’une classe de collégiens invitée par Ariane
Mnouchkine à vivre la vie du Théâtre du Soleil durant les répétitions du spectacle.
Ces petits ambassadeurs savent avant tous les autres élèves que ce
spectacle est une tentative pour prendre soin d’eux : « Comment vous raconter
le souci que je me fais pour vous ? », leur a demandé Ariane Mnouchkine.
De très nombreuses pistes sont proposées, organisées autour de quatre axes
d’exploration. Chaque classe puisera à sa guise dans ces suggestions pour
construire son propre chemin vers cette chambre en Inde.