Richard III est sous le feu des projecteurs. En effet, après avoir été monté lors
du festival d’Avignon par Ostermeier en 2015, deux mises en scènes sont présentées
en janvier 2016, l’une à l’Odéon par Thomas Jolly, l’autre au Théâtre de
L’Union par l’équipe artistique que forment Gérald Garutti, Lorenzo Malaguerra,
Élodie Bordas, Jean-Luc Therminarias, Stéphane Blanquet avec Jean LambertWild.
Est-ce une simple coïncidence ?
Soyons comme Jean-Lambert Wild et Richard III, attentifs aux signes et fantômes :
cet intérêt à l’égard de cette figure monstrueuse et fascinante, à l’égard de cet animal
politique, n’est pas éloigné de nos angoisses contemporaines à l’encontre du pouvoir,
des montées des dictatures, des manifestations de la violence brute, barbare, absolue.
Ce génie de la manipulation nous renvoie un miroir qui questionne finement notre
monde contemporain. La découverte de la dépouille du véritable Richard III, en 2012, et
les modifications de la vision du roi maudit que la recherche permit d’exhumer invitent
également à toutes les métamorphoses et relectures du personnage.
Mais cette concomitance de mises en scène, si elle révèle la puissance du génie
shakespearien dans la création de ce mythe de Richard III, témoigne de la puissance
du théâtre, comme de celle de la mise en scène. En choisissant comme titre
Richard III - Loyaulté me lie, devise du personnage historique, Jean Lambert-Wild
assume ce parti-pris de liberté. C’est le rapport à la loyauté et à la fidélité que décline
le spectacle.
En choisissant de monter la pièce à deux personnages - alors que celle-ci en
compte une quarantaine –, en choisissant d’être un « clown maudit », JeanLambert-Wild
exhibe totalement la puissance et liberté de la création théâtrale.
Ce dossier a été élaboré en s’appuyant à la fois sur le carnet de bord de la
création du spectacle mis en ligne semaine après semaine sur le site Jean
Lambert-Wild & Associés, et sur l’expérience d’une classe d’option spécialité
théâtre du lycée Limosin à Limoges qui a suivi le processus de création au fil
de rencontres avec l’équipe artistique, lors de répétitions, entretiens, conférences.
Il repose donc sur deux regards, celui à l’intérieur du projet de création
et celui relié au travail mené dans une classe.