Sous le pont d’Avignon… on y fait la révolution.
« Mais on ne fait pas la révolution seul », affirme Olivier Py qui, pour sa troisième
direction du Festival d’Avignon, lance un nouveau cri d’appel aux
citoyens du monde dont il se réclame. Or « quand la révolution est impossible, il
reste le théâtre ».
Le ton de cette nouvelle édition est donné : « tout est encore
possible. »
Face à un certain désespoir politique, face au désengagement culturel des
politiques que l’artiste dénonce, c’est cet « amour des possibles » qui tient lieu
de titre à l’édito du programme de la 70e
édition (Annexe 1). Édition d’anniversaire,
sans célébration excessive ni commémoration, à l’instar d’une histoire
du Festival toujours inscrite et réinscrite (re-jouée) dans les murs de la cité.
Au théâtre, il s’agit de représentations, qui ne sont jamais des répétitions du
même ni des imitations, mais de véritables créations.
Les enseignants le savent bien, c’est à l’art et à la culture de proposer des
modèles de réflexion. Au Festival d’Avignon, les créations, comme les grands
textes, sont mis à l’honneur comme autant d’appels aux jeunes consciences,
« une de nos étoiles à conquérir » comme aime à le rappeler Olivier Py.
Donner des outils aux professeurs pour accompagner le regard du jeune public
à travers des temps de réflexion, d’expérimentation, de savoirs partagés est
aussi une des missions du Festival d’Avignon.
Pour la 70e
édition du Festival d’Avignon, il faut insister sur deux aspects essentiels
de la programmation. D’une part les jeunes sont des spectateurs à part
entière pour des spectacles qui leur sont dédiés, comme pour tous les autres
spectacles de la programmation. D’autre part, les jeunes sont les acteurs de
leur Festival, de leur éblouissement et de leur propre expérience, vécue, inoubliable.
Il faut que les jeunes croient possible l’œuvre rêvée, créée pour eux et
par eux.
L’engagement de l’homme dans la cité est inséparable du rôle d’acteur, poète
et metteur en scène qui permet à Olivier Py de prendre tous les chemins possibles
pour lancer un cri d’espoir dans la cité, un cri que l’on entendra sur les
tréteaux et les plateaux du 6 au 24 juillet 2016 dans des spectacles itinérants,
dans des lieux patrimoniaux, dans des salles réinvesties ou découvertes.