« Depuis l’âge de quatre ans je parle tout seul en marchant et je joue en marchant,
je frappe, je cogne, je pulvérise, je massacre, je tire, je roule, je cours,
je parle et je crie en marchant. Seul. C’est ainsi que j’écris mes textes. C’est
ainsi que je fais mon théâtre ». En définissant ainsi son processus d’écriture,
Dieudonné Niangouna, révélé au plus grand nombre par sa participation en tant
qu’artiste associé au festival d’Avignon 2013, met à jour les ressorts profonds
de ses œuvres : le mouvement incessant, la colère, l’urgence de la quête. Loin
de l’épure et de la retenue, l’auteur, metteur en scène et comédien choisit la
violence de l’indignation, la démesure des mots, des sons et des images.
À cet égard, Nkenguegi s’inscrit dans la continuité de Shéda : un spectacle
total, qui mêle texte, musique et vidéo et pour lequel l’auteur et metteur en
scène retrouve la majorité des comédiens qui avaient participé à l’aventure de
Shéda. Face à une telle œuvre, inutile dès lors de chercher une posture définitive,
de vouloir discerner un « message » précis, une intrigue claire : « Le public
vit en temps réel ce parcours complexe que des êtres vivants font devant lui
et il partage l'insécurité de ce parcours. Des êtres de chair et d'esprit dans
lesquels le spectateur peut se reconnaître. Le théâtre crée un temps pendant
lequel ce partage est possible, c'est un espace poétique de liberté. »
Cependant, pour tracer quelques pistes et éviter aux élèves d’être complètement
désarçonnés devant un univers théâtral si particulier, le présent dossier
propose des exercices et des directions de recherche afin d'en explorer les
images fortes et de mettre à jour l’intransigeante conception de ce théâtre.