L’année 2014 est celle d’un double anniversaire théâtral : celui des 450 ans de
Shakespeare et celui des 50 ans du Théâtre du Soleil. Comme deux bonheurs valent
mieux qu’un, le Théâtre du Soleil a choisi de créer Macbeth, premier volet d’un diptyque.
En effet, dès la rentrée prochaine, la création d’une nouvelle pièce d’Hélène
Cixous devrait lui faire écho, comme la saga des Shakespeare (1981-1984) avait été
suivie par L’Histoire terrible mais inachevée de Norodom Sihanouk puis par L’Indiade
(1985-1987). Alliance du passé au présent qui est la marque d’une troupe qui se met
à l’école des grands maîtres pour parler de notre temps.
« Le Théâtre du Soleil, notre théâtre » a toujours rassemblé un vaste public. De
nombreux lycéens y découvrent la « fête du théâtre » avec leurs enseignants depuis
des décennies. Aussi ce cinquantenaire est-il l’occasion d’innover encore ensemble !
Ce dossier sur Macbeth prend donc une forme inédite grâce au compagnonnage bienveillant
et au désir de transmettre de toute une troupe ! Pendant les semaines qui
ont précédé la création, Ariane Mnouchkine et tous les membres du Théâtre du Soleil
ont accepté ce que nous avions rêvé et imaginé, qui est au cœur même des principes
de « Pièce (dé)montée ». Que chaque artiste, tout en préservant la surprise finale du
spectacle, puisse contribuer à faire partager aux élèves en coulisse une interrogation
ou une recherche qui furent les siennes pendant l’élaboration du spectacle. Chaque
enseignant pourra choisir parmi les nombreuses pistes de travail, questions et sources
d’inspiration que la troupe suggère aux élèves d’explorer collectivement. Ils pourront
ainsi se lancer eux-mêmes de manière active et empirique dans la recherche, en étant
aux prises avec le processus collectif de création.
Nous vous invitons à vous plonger durant quelques heures avec une classe dans
l’aventure, guidés par le Théâtre du Soleil, en chargeant chaque petit groupe d’élèves
d’une recherche concrète en fonction de leurs goûts ou de leurs talents : dessiner un
sol pour le château de Macbeth, réaliser la maquette d’une lande ou faire un ciel en
teignant un tissu, définir les lumières d’une nuit, concevoir une fresque représentant
Shakespeare et son univers, traduire un court extrait de Macbeth, habiller un roi
d’Écosse, jouer un portier pris entre l’ivresse et le sommeil, ou encore se demander
quelle allure on donnerait à une sorcière aujourd’hui… Ainsi faire de la classe un lieu
de quête et de partage inventif où chaque élève est comme un détective devant une
intrigue policière, mais aussi un « connaisseur » en herbe, prêt à affronter le Mal et
à l’extirper de ce monde, comme le lui propose Shakespeare…