Quand j’étais à la maison, je savais qui j’étais.
J’étais moi, tout simplement.
Puis je suis devenu un réfugié.
Chaque jour l’actualité nous rappelle le triste sort de ces milliers d’hommes
poussés à quitter leur pays au péril de leur vie pour fuir la guerre et chercher un
toit protecteur. Cette réalité violente et quasi quotidienne nous interroge, nous
ébranle tous, adultes et enfants. Dès lors comment fallait-il aborder ce thème
complexe et brutal avec le jeune public ? Mike Kenny a choisi de le traiter à
travers un texte sensible et poétique, Le Garçon à la valise ; un texte qui narre
les aventures d’un enfant poussé par la guerre à rejoindre son Eldorado. Et
c’est ainsi qu’à travers le portrait du jeune voyageur Nafi, l’auteur donne corps
à l’histoire humaine, et rend à la figure de l’exilé – bien trop présent dans les
médias – son identité.
En 2014, Odile Grosset-Grange découvre la pièce de Mike Kenny. Mais si elle
est séduite par son sujet sensible, c’est avant tout l’écriture et l’œuvre de cet
auteur britannique qui l’ont motivée et poussée une seconde fois à se frotter au
travail de la mise en scène. Après plusieurs collaborations avec l’auteur, elle a
souhaité monter, avec la Compagnie de Louise, cette pièce encore inédite en
France et fraîchement traduite, Le Garçon à la valise.
Ainsi, ce dossier propose d’accompagner le jeune public dans l’approche de ce
spectacle, en traitant la thématique centrale de l’immigration avec douceur,
et en donnant aux enseignants les clés pour aborder ou prolonger la pièce.
Il permettra, à travers une démarche active, d’impliquer les élèves dans la
construction du sens du spectacle, et de mieux saisir la dimension universelle
de cette fable qui a, malheureusement, le goût amer de l’actualité.