Le Festival d’Avignon, fondé en 1947 par Jean Vilar, reste la plus grande manifestation de
théâtre populaire du monde. Il produit chaque année entre 35 à 40 spectacles, majoritairement
de théâtre, mais aussi de poésie, de danse et de musique, dans de multiples lieux
d’Avignon et de ses environs, souvent patrimoniaux, dont le plus prestigieux demeure la cour
d’honneur du palais des Papes. Le Festival d’Avignon aborde cette année sa 68e édition, sous
la direction d’Olivier Py, succédant à Hortense Archambault et Vincent Baudriller (direction
de 2004 à 2013).
Olivier Py, auteur, comédien, metteur en scène, artiste aux multiples talents, imprime aussitôt
sa marque sur le festival, à la direction duquel il est nommé à partir de septembre 2013.
On a parfois reproché au festival de s’être éloigné de sa dimension populaire ; Olivier Py
entend renforcer cette dimension, en décentralisant la Culture, non de la capitale vers la
province, mais du centre vers la périphérie. La périphérie devient l’essentiel qui à la fois
reçoit et produit la création artistique : ainsi, on assiste au jumelage de la FabricA (lieu
de création) et du collège Anselme-Mathieu ; également au projet de transformer Monclar
en quartier numérique ; enfin, à l’itinérance d’un spectacle (Othello, variation), et à la projection
sur grand écran du Prince de Hombourg en direct de la cour d’honneur au MuCEM
de Marseille…
Cette 68e
édition met à l’honneur l’auteur allemand Heinrich von Kleist, avec la mise en
scène du Prince de Hombourg et de La Famille Schroffenstein par le metteur en scène
italien Giorgio Barberio Corsetti, et la lecture de La Marquise d’O par Nicole Garcia.
Une 68e
édition où la poésie et la danse sont omniprésentes, où les cinq continents sont
représentés par dix-sept pays, dont une place privilégiée à la Grèce. Olivier Py nous entraîne
aussi dans l’aventure des « ateliers de la pensée », soulignant ainsi que le théâtre a pour
mission de défendre, au-delà même du spectacle, une certaine vision du monde artistique.