« Je ne suis pas ce que je suis » : invité pour la première fois à diriger les comédiens
de la Comédie-Française, le metteur en scène allemand Thomas Ostermeier voit dans La Nuit des rois ou Tout ce que vous voulez l’occasion de questionner la manière dont nos identités intimes, sociales, ou fantasmées coexistent, s’associant ou s’opposant selon les moments. Dans un royaume d’Illyrie placé sous le signe de l’ivresse (causée par l’alcool ou par l’amour), les motifs de la gémellité, du travestissement et de la folie deviennent pour le directeur de la Schaubühne les figures multiples, dynamiques et contradictoires du moi : le « moi que je suis, celui que je présente aux autres et celui que je désire être » (Thomas Ostermeier, entretien pour la Comédie-Française, 2018).
La première partie du dossier (« Avant de voir le spectacle ») propose des activités concrètes permettant aux élèves de s’approprier l’intrigue de la pièce, d’en percevoir les enjeux (notamment autour de la question du genre et du rapport amoureux) et de mesurer la place qu’occupe le jeu dans la construction de notre identité et de notre rapport aux autres. Des ressources iconographiques les invitent à s’interroger sur les formes scénographiques que peut prendre l’Illyrie, ce lieu de tous les possibles. De courts passages du texte anglais et des extraits de différentes traductions sensibilisent enfin les élèves aux questions que se pose tout traducteur de Shakespeare, et aux enjeux spécifiques de la traduction pour la scène.
Un autre dossier pédagogique est destiné à accompagner la diffusion de la pièce sur Pathé live à partir du 14 février 2019. On pourra également se reporter aux dossiers Pièce (dé)montée consacrés à deux autres mises en scène de La Nuit des rois : celle de Jean-Louis Benoit en 2009 et celle de Bérengère Jeannelle en 2013.