« Depuis que l’homme est homme, il est mobile ; depuis que l’homme est homme, il a besoin de s’arrêter quelque part. Se déplacer et rester, se déplacer pour trouver
le lieu où habiter, où poser son existence, c’est le destin humain. »
En choisissant de partir de textes anthropologiques pour élaborer son spectacle
Marcel Bozonnet place d’emblée son travail dans
« un projet transversal et citoyen [...] L’intention est d’amener chacun à s’interroger
sur la figure de l’étranger, le sort des réfugiés, les migrations
et la mondialisation humaine. »
Travailler sur ce spectacle permet d’entrer à la fois dans le parcours d’éducation artistique
et culturel et dans le parcours citoyen.
Cette création est définie par la Compagnie comme un « conte documentaire » et qualifiée
de « spectacle nomade », il s’agit donc bien d’un voyage dans lequel le collectif
veut nous faire entrer. Voyage à travers le monde, les cultures, les idées. La question
du mouvement prend une place tant dans l’esthétique de la pièce que dans le thème
choisi. Dans cette perspective et en accord avec Les Comédiens voyageurs, nous faisons
le choix de ne faire retravailler que quelques courts passages du texte et seulement
dans la seconde partie du dossier.
Depuis 2007, date de la fondation du collectif des Comédiens voyageurs, ces derniers
« placent le droit à l’art au cœur de l’égalité républicaine » et revendiquent cette
« volonté d’interroger la société et les cultures du monde ».
Mais partir d’un essai anthropologique pour faire un spectacle, n’est ni simple ni
anodin.
« Le théâtre, ce n’est pas seulement l’intelligence ou la mémoire qui fonctionne :
c’est l’imagination, c’est l’émotion, c’est la sensibilité.»
Le théâtre, dans sa dimension artistique devient ici un bel exemple de forme symbolique.
Le texte par sa forme et son sujet traite de la violence sociale et l’approche de ce
sujet par la forme artistique qu’est le théâtre permet d’installer le spectateur dans une
expérience sensible qui lui permet d’accéder à une compréhension du monde.