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La quatrième révolution industrielle : l'industrie 4.0

Plus de robots, moins de salariés ? C'est la question posée dans un encadré par l'article du Parisien TV, à partir de l'exemple de l'usine de poulets Doux.

Bienvenue dans l'usine du Futur, ultra-connectée et robotisée

Les entreprises sans âme s’alignent sur des kilomètres. Dans cette zone industrielle de la banlieue sud de Paris, sur le plateau de Saclay, on ne croise personne. Juste des blocs de bureaux uniformes, du bitume gris et des chaînes de restaurants accrochés à l’autoroute. Pourtant c’est bien ici, dans l’une des coques anonymes de ce quartier d’activités, que le gratin des entreprises françaises se bous-cule aujourd’hui pour découvrir l’usine du futur. Celle où les drones et les « cobots » – robots collaboratifs – se chargent de 25 % des tâches (contre 8 % actuellement), où les ouvriers travaillent avec une tablette connectée sous le bras, où l’impression 3D et la réalité augmentée font partie du quotidien, où des relevés de température, de taux d’humidité ou de pression permettent de régler les machines pour un rendement optimal... L’usine du futur est silencieuse, efficace, flexible.On fabrique des scooters à la chaîne, certes, mais chaque modèle est personnalisé en direct. Et si l’on veut glisser quelques machines à laver sur le tapis roulant, aucun problème. Tout est prévu pour pouvoir accueillir des produits différents. « Dans les usines de demain, la flexibité du travail sera nettement renforcée avec, par exemple, un temps de montée en cadence réduit de 50 % à 60 %, décrypte Olivier Scalabre, le directeur associé du Boston Consulting Group (B.C.G.), un cabinet de conseil en stratégie à l’origine de ce showroom innovant. Le coût de fabrication sera aussi baissé de 10 % à 20 %, les frais de transport de 7 % à 15 %... On assiste à la quatrième révolution industrielle ! » 

Après la machine à vapeur, le travail à la chaîne et l’automatisation des usines, voici l’industrie 4.0, ultra-connectée et robotisée. Et si 72 % des entreprises françaises se sont déjà lancées dans des expérimentations à la marge pour adapter leur production aux nouveaux outils, aucune n’est encore totalement équipée. Voilà pourquoi la vitrine du B.C.G. – qui a fait travailler essentiellement des starts-up françaises – devrait susciter la curiosité des P.-D.G. de P.M.E. jusqu’au CAC 40.« Ici, ils vont pouvoir piocher à la carte dans un flot de pro-positions en fonction de leurs besoins et de leur budget, précise Olivier Scalabre. Il n’est pas question de raser une usine pour en reconstruire une nouvelle mais d’apporter des outils nouveaux. Pour le moment, nous ne sommes pas en retard par rapport aux autres pays industriels mais il ne faut pas rater le virage avant de se lancer. »

Visite au coeur de l'usine du Futur, ultra-connectée et robotisée

Pour voir la vidéo, allez sur le site du Le ParisienTV

Plus de robots, moins de salariés ?

Elles ont emballé des poulets toute leur vie. Mais une fois que le patron de Doux aura équipé ses usines de robots, drones et autres équipements révolutionnaires, les petites mains de l’usine auront-elles encore leur place ? Certainement, si l’on en croit le cabinet de conseil en stratégie B.C.G. Mais elles seront tout de même un peu moins nombreuses. « Selon nos estimations, dans une usine qui emploie aujourd’hui cent personnes, on comptera entre 10 % et 15 % de masse salariale en moins grâce au déploiement des robots », précise Olivier Scalabre, le directeur associé du B.C.G. Parmi ces quatre-vingt dix employés « sur-vivants », de nouveaux profils auront aussi fait leur apparition : experts en cyber-sécurité, spécialistes des données internet (data-scientist), automaticiens capables de régler les machines en fonction des demandes...Quid des ouvriers sans formation ? « Il faudra toujours environ 80 % d’opérateurs, assure Olivier Scalabre. Et puisque les usines du futur seront beaucoup plus flexibles et plus productives, cela va générer de la croissance et donc de l’emploi. Là où il y a aujourd’hui une seule usine, il y a en aura trois ou quatre demain. Quoi qu’il en soit, si on ne fait rien aujourd’hui, il n’y aura plus que cinquante salariés demain dans une usine qui en emploie actuellement une centaine. » 

Aurelie Lebelle, 28 septembre 2016, (c) Le Parisien et Le Parisien TV pour la vidéo