
Accompagner la communauté éducative après un évènement violent
Comment accueillir la parole des élèves après l’assassinat du professeur Dominique Bernard, enseignant à la cité scolaire Gambetta-Carnot à Arras, le 13 octobre dernier, trois jours avant l’hommage devant être rendu à Samuel Paty ? Un temps de réflexion avec les élèves doit être proposé par les équipes pédagogiques lundi 16 octobre.
Afin d’accompagner les débats et les échanges au sein des établissements scolaires, des dossiers comprenant des textes et des vidéos sont mis à disposition des équipes éducatives par Réseau Canopé.
Ils permettent d’évoquer des sujets sensibles comme le meurtre et la mort, les phénomènes de radicalisation et de complotisme et précisent des termes comme le terrorisme et l’islamisme... Ils donnent également des pistes pour aborder avec les élèves des valeurs de la République et de la citoyenneté.
Pourquoi une minute de silence ?
La minute de silence ne se réduit pas à une simple méditation solitaire. Il s’agit plutôt d'un moment de solidarité collective visant à rassembler un groupe après un événement traumatique qui l’a ébranlé. Elle aspire à transformer la passivité initiale des personnes impliquées au moment du drame en action. Se réunir, décider ensemble d'observer le silence, témoigner de sa solidarité peut être le début d’un processus cathartique. Cependant, pour les élèves, ces objectifs peuvent sembler obscurs, particulièrement lorsqu'ils ne sont pas explicitement formulés : pour que la minute de silence soit respectée, elle doit être engagée et prendre un sens pour chacun. Il n’est pas inintéressant de rappeler son origine historique pour éviter une mauvaise interprétation des élèves. Il s’agit bien d’un rituel laïque qui trouve son origine en France à la fin de la première guerre mondiale. Les familles étaient alors déboussolées face à la perte de milliers de soldats et l’impossibilité d’accomplir les rites funéraires. Le 11 novembre 1922 à 11h, le gouvernement propose pour la première fois une minute de silence pour commémorer tous les morts pour la France.
Que signifie le niveau « urgence attentat » ?
Suite à l’attaque à caractère terroriste qui s’est produite à Arras le 13 octobre 2023, la Première ministre, Élisabeth Borne, a décidé d’élever la posture du plan Vigipirate sur l’ensemble du territoire national au niveau « Urgence attentat ».
Le plan Vigipirate est un outil central du dispositif français contre le terrorisme. Il associe toutes les parties prenantes, l’État, les collectivités territoriales, les opérateurs publics et privés ainsi que les citoyens, à une attitude de vigilance, de prévention et de protection. Le niveau « urgence attentat » permet la mobilisation exceptionnelle de moyens.
Quelques milliers de militaires supplémentaires vont aider la police et la gendarmerie, pour surveiller les lieux publics afin de renforcer les dispositifs de protection.
La mort et le meurtre en question
Les meurtres commis en octobre 2020 et 2023, tout comme ceux qui avaient été commis en 2015-2016, posent la question d’actes commis par des personnes qui se situent hors des règles sociales. Elles pensent être dans leur droit en faisant justice elles-mêmes pour des atteintes qu’elles imaginent visant leur croyance. A l’école, il est primordial de mettre des mots sur les faits et de rassurer les enfants.
L'embrigadement
L’attaque terroriste du 13 octobre 2023, tout comme l’assassinat de Samuel Paty et les attentats terroristes de 2015 et 2016, a placé la notion de radicalisation au cœur des réseaux sociaux numériques : les personnes qui ont commis les attentats se seraient radicalisés en ligne et auraient utilisé les réseaux sociaux pour se former et se coordonner dans leurs actions. Les discours extrémistes tendent également à conforter le sentiment d’injustice et de trahison, en se fondant sur l’idée que les médias, en collusion avec les autorités politiques, ne disent pas toute la vérité. C’est là que le complotisme trouve ses racines.
Des repères pour comprendre
Des repères et des définitions claires et précises sont indispensables pour éviter tout amalgame : Qu’est-ce que le terrorisme ? Quelles différences entre djihadisme et islamisme, fondamentalisme et intégrisme ?