Ruptures
On peut distinguer trois types d’indicateurs :
1. Le comportement de rupture avec l’environnement
Il s’agit de l’un des indicateurs essentiels du processus de radicalisation, dans la mesure où l’individu modifie complètement ses habitudes quotidiennes et rompt toute relation avec les anciens amis, avec l’école et la communauté scolaire, voire avec la famille et les proches pour se consacrer à une relation exclusive avec un groupe et à sa mission.
2. Les changements d’apparence physique ou d’apparence vestimentaire
Ils constituent un des premiers indicateurs visibles de basculement dans la radicalisation. Toutefois, ce critère ne peut constituer à lui seul un indice de radicalisation violente sous peine de porter un jugement stigmatisant sur la pratique d’une religion par exemple. Pour caractériser le processus, cet indicateur doit donc être complété par d’autres indicateurs. Il faut noter par ailleurs que le changement d’apparence peut échapper à l’entourage proche, du fait d’une incitation croissante à la dissimulation.
3. Une pratique religieuse hyper ritualisée
Si cet indicateur ne peut constituer à lui seul un critère de radicalisation, il n’empêche que des signes montrant un intérêt soudain et exclusif pour une pratique religieuse radicale, démonstrative et en rupture avec la pratique familiale peuvent alerter.
En effet, par exemple, la mise en place d’interdits alimentaires étendus à l’entourage, le retrait ou la destruction de toutes photos ou représentations humaines, voire l’obsession autour de rituels peuvent caractériser un processus de radicalisation.
Dans tous les cas, l’analyse de la situation doit se faire avec discernement. Il convient en particulier de différencier ce qui relève du fondamentalisme musulman et ce qui relève de l’adhésion à un groupe radicalisé.
Source : SG-CIPDR, Ministère de l’Intérieur