De la Cartoucherie à Pondichéry se tient un pont. On y circule plusieurs fois par
an, dans un sens comme dans l’autre. C’est le pont du théâtre. Ses pierres invisibles
éloignent les mauvais esprits.
Quand Koumarane Valavane, metteur en scène franco-indien, ancien comédien
du Théâtre du Soleil, prend la route de l’Inde en 2005, il termine la création
du Dernier Caravansérail d’Ariane Mnouchkine. Il projette alors la création
d’un théâtre, comme un petit Soleil en terre indienne. Ce sera l’Indianostrum.
Lieu de transmission et de création, le théâtre devient en 2015 (après Santiago
du Chili, Fårö et Oxford) la quatrième escale de l’école nomade du Théâtre du
Soleil avant d’accueillir toute l’équipe d’Ariane Mnouchkine, lors de la création
d’Une chambre en Inde en 2016.
Dans le prolongement de cette dernière création et en dialogue avec l’Inde
dont se parent, depuis l’automne, les murs de la Cartoucherie, Koumarane
Valavane est de retour en France. À travers trois de ses spectacles (Kunti
Karna, Terre de cendres et karuppu), le public français est invité à explorer le
théâtre contemporain indien.
Alors que le mot théâtre en tamoul signifie aujourd’hui « série télévisée » et
que près de 90 % des troupes théâtrales ne peuvent accéder au statut professionnel,
il est nécessaire pour Koumarane Valavane d’interroger le statut
actuel de l’art et de l’artiste en Inde.