« Continue, tu vas finir par être connu », l’encourageait un écolier sincère, après
la venue en classe, très appréciée, de Jean-Claude Grumberg, auteur fêté de L’Atelier,
Grand Prix de l’Académie française, Molière du Meilleur auteur dramatique, entré au
répertoire de La Comédie-Française, entre autres récompenses… Cette familiarité
touchante en dit long sur les relations affectueuses et réciproques que le dramaturge
entretient avec les enfants et qui justifient les nombreuses pièces de théâtre qu’il
leur a dédiées à ce jour. Jean-Claude Grumberg, en bon grand-père, confie d’ailleurs
(postface de Marie des grenouilles, 2003) « Je crois qu’en prenant de l’âge j’aime de
plus en plus les enfants… Mais ce que j’aime par-dessus tout c’est le sourire des
enfants. » Ne nous y trompons pas, cependant, Jean-Claude Grumberg n’est pas un
grand-père gâteux ! Son théâtre jeunesse est à l’image de son théâtre généraliste,
intransigeant et complexe, grinçant et tendre.
La mise en scène du Petit Violon joué par les Tréteaux de France nimbe la courte pièce
de Grumberg d’une poésie visuelle douce et prégnante, qui l’éloigne de la grisaille
des contes initiatiques de Dickens ou Hector Malot dont elle s’inspire pourtant.
Le spectacle entraîne le public dans une histoire qui mêle noirceur et humour, et qui
ne finit pas mal, parce que ça pouvait être pire !
Ce dossier pédagogique propose de faire découvrir aux élèves la pièce d’un auteur parmi
les plus importants de notre époque, par la mise en relation de certains éléments clés du
texte et de leur potentiel scénique. L’écart important que les élèves pourront percevoir
entre le texte et sa possible projection théâtrale d'une part et la représentation qu’ils
découvriront d'autre part, devrait permettre alors de mettre en évidence le rôle déterminant
de la mise en scène au théâtre, en tant que révélateur de sens et créateur de formes.