Europe, mon amour. Alors qu’en 1959, Marguerite Duras et Alain Resnais interrogeaient,
avec Hiroschima mon amour, les traumatismes d’une génération
qui avait connu et vécu dans sa chair la seconde guerre mondiale, c’est à une
toute autre mémoire que s’intéressent Jade Herbulot et Julie Bertin. Enfants
d’une génération née dans les années 80, qui a vécu le passage du xxe
au xxie
siècle, les deux jeunes metteuses en scène ont souhaité parcourir à nouveau,
sur un plateau de théâtre, les trois dernières décennies, celles qui ont vu se
construire, mais aussi se fissurer une certaine idée de l’Europe. Leur trilogie,
Europe mon amour, se construit en trois volets : le premier Berliner Mauer
traverse les années 90 et la chute du mur du Berlin, le second Memories of
Sarajevo s’articule autour du siège de Sarajevo dans les années 90, Dans les
ruines d’Athènes, enfin, met en scène la crise grecque et ses conséquences
dans les années 2000.
Nourri de lectures, de documents d’archives, Dans les Ruines d’Athènes
possède indéniablement une dimension documentaire et met en scène un
matériau historique. Mais Athènes est aussi le lieu de naissance de la démocratie
et du théâtre occidental. En donnant à leur pièce la forme d’un jeu de
reality-show, tout autant que celle d’une tragédie grecque, le Birgit Ensemble
souhaite aussi nous amener à réfléchir aux processus démocratiques qui sont
les nôtres, aujourd’hui : sommes-nous condamnés à n’être que les spectateurs
du grand jeu démocratique des institutions ? Le théâtre n’est-il pas le
lieu idéal pour se ressaisir de notre histoire et la réinvestir ? Ce dossier propose
aux professeurs et aux élèves des éléments pour se préparer au spectacle, en
plongeant dans la mémoire de la crise grecque, et en explorant des espaces
géographiques autant que démocratiques.