Si le grand public le connaît pour avoir interprété notamment le père de Marcel
Pagnol dans les films d’Yves Robert La Gloire de mon père et Le Château de
ma mère (1990), Philippe Caubère a aussi été l’un des piliers du Théâtre du
Soleil dans les années 1970 et le formidable Molière du film éponyme qu’Ariane
Mnouchkine réalisa en 1978. Depuis qu’il a quitté le Théâtre du Soleil, Caubère
n’a cessé de charrier cette matière biographique et théâtrale en lui donnant
forme, épisode après épisode, dans ce qui finit par devenir une fresque colossale
baptisée « Le Roman d’un acteur » qu’il interprète seul en scène. Cette
œuvre, composée de onze épisodes, qu’il définit avec humour « entre Tintin et
La Recherche du temps perdu », expose les tribulations artistiques et amoureuses
de son double artistique, Ferdinand Faure. Comme son auteur, Ferdinand
ne sépare jamais la vie du théâtre et le théâtre de la vie ! Cette épopée
tragique et burlesque, héroïque et naïve prend vie sur le plateau presque nu,
animé par un comédien au sommet de son art qui fait revivre des dizaines de
personnages de manière étourdissante.
Plus de trente ans plus tard, Philippe Caubère retrouve Ferdinand et ses aventures
rocambolesques. Serait-ce l’ultime épisode du Roman d’un acteur ?
Adieu Ferdinand ! qui a été créé au Théâtre du Chêne Noir en novembre 2017,
est annoncé comme le « testament provisoire et jubilatoire » de cette aventure
théâtrale qui se développe sur deux soirées : Clémence avec La Baleine et
Le camp naturiste pour la première et Le Casino de Namur (Les Pétrieux) pour
la deuxième . Ces deux représentations peuvent se voir de manière indépendante.
Qui pense que cet « adieu » est définitif ?
En 2017, Philippe Caubère reçoit le Molière du Meilleur Comédien dans un spectacle
de Théâtre public et le Prix du Théâtre de l’Académie Française pour l’ensemble
de son œuvre dramatique.