En son temps, To be or not to be fut peu ou mal compris, accueilli avec raideur par des critiques dont les films antinazis mettaient le goût à rude épreuve. Soixante-dix ans plus tard, le film vibre encore de ses paradoxes. Produit d’une époque troublée, il parle aux publics d’aujourd’hui comme à ceux d’hier. Incarnation de l’âge d’or hollywoodien, il joue avec ses normes, ses genres, ses limites.
Disons-le autrement : To be or not to be est devenu un classique, et comme tous les classiques, il a au moins deux histoires. L’une est ancrée dans son temps, liée aux circonstances historiques, artistiques, sociales et culturelles de sa production. L’autre, non terminée, est écrite au jour le jour par chaque nouvelle génération de spectateurs, éblouis par ce mélange unique de futilité, de drame et de profondeur.
L’auteur
Jacqueline Nacache est professeur d’études cinématographiques à l’université Paris-Diderot et spécialiste notamment du cinéma hollywoodien classique. Parmi ses ouvrages : « Ernst Lubitsch » (Edilig, 1987), « Hollywood, l’ellipse et l’infilmé » (L’Harmattan, 2001), « L’Acteur de cinémà» (Nathan, 2003), « Lacombe Lucien » (Atlande, 2008), « Cinématismes. La littérature au prisme du cinémà» (collectif, P. Lang, 2012, en collaboration avec Jean-Loup Bourget).