Programme

Mercredi 31 mai 2023

Interventions de 30 minutes suivies de 15 minutes de discussions et d’échanges avec le public.

8 h 30    Accueil et café

9 h   Ouverture

  • Claire Mazeron, DASEN de Paris

9 h 10   Introduction

  • Stanislas Dehaene, président du Conseil scientifique de l’éducation nationale
  • Pascal Bressoux, professeur de sciences de l’éducation à l’université Grenoble Alpes

Matinée animée par Laurent Lima, maître de conférences en sciences de l'éducation et de la formation à l'université Grenoble Alpes.

9 h 30   L’enseignement explicite : une pédagogie au service d’une plus grande réussite des élèves en éducation prioritaire

  • Céline Guilmois, inspectrice de l’éducation nationale et directrice adjointe de l’INSPÉ de Martinique

Les résultats d’enquêtes internationales indiquent que la France est le pays de l'OCDE qui créé le plus d'inégalités scolaires, avec une proportion d'élèves à faibles résultats qui ne cesse d'augmenter, notamment en mathématiques. Aussi, la question de l’efficacité des méthodes d’enseignement se pose. Les méta-analyses montrent que l’enseignement explicite est plus approprié pour aider les élèves peu performants. Après en avoir expliqué les fondements et les principes, la présentation portera sur les résultats d’une recherche réalisée en contexte réel de classe. Par le biais d'un plan expérimental, trois études sont mises en œuvre pour tester l’efficacité relative de séquences d’enseignement correspondant à deux méthodes d’apprentissage pour apprendre des compétences mathématiques de base en CE1, CM1 et CM2.

10 h 15    L’architecture cognitive de l’homme et ses conséquences dans l’enseignement – en visio-conférence

  • John Sweller, professeur de psychologie de l’éducation à l’université de New South Wales, Sydney, Australie

Lorsqu'il est en situation d’apprentissage, l’homme peut acquérir des connaissances dites primaires ou secondaires. Notre espèce a évolué de façon à acquérir inconsciemment des connaissances primaires au fil de nombreuses générations. À contrario, les connaissances secondaires sont des connaissances culturelles que notre évolution ne nous a pas permis d’acquérir de la même manière. Les institutions éducatives ont justement été créées pour enseigner ces connaissances secondaires. Elles peuvent être acquises soit par la résolution de problèmes soit par la communication orale ou écrite en interaction avec d’autres personnes - cette dernière étant beaucoup plus efficace. Une fois acquises, les connaissances secondaires sont traitées par la mémoire de travail dont la capacité et la durée restent limitées avant d'être stockées en vue d'une utilisation ultérieure dans la mémoire à long terme dont la capacité et la durée sont illimitées. Ces informations sont ensuite retransférées de la mémoire à long terme vers la mémoire de travail en fonction des signaux qui proviennent de l’environnement extérieur afin d’y répondre de façon appropriée. Or, la mémoire de travail n’a pas de limites connues lorsqu'elle traite des informations familières qui lui proviennent de la mémoire à long terme. La théorie de la charge cognitive se fonde sur cette architecture pour concevoir des méthodes d'enseignement destinées précisément à réduire la charge inutile de la mémoire de travail lors de l'acquisition de connaissances secondaires.

11 h 30     L’enseignement explicite des stratégies de rédaction à l’école élémentaire

  • Jonathan Fernandez, maître de conférences en psychologie cognitive à l’INSPÉ de Créteil

De nombreux élèves de l’école élémentaire éprouvent des difficultés à rédiger des textes structurés, intégrant de nombreuses idées et contenant les informations nécessaires à la compréhension du lecteur. Les recherches montrent que les interventions les plus efficaces pour améliorer la qualité des rédactions des élèves sont celles intégrant les principes d’un enseignement explicite. Celles-ci ont pour but : 1) d’enseigner aux élèves les objectifs et les stratégies rédactionnelles ; 2) de leur montrer comment écrire des textes grâce au modelage et à la verbalisation de l’activité mentale et 3) de les guider dans la mise en œuvre des stratégies jusqu’à ce qu’ils soient en mesure de les utiliser en autonomie. Jonathan Fernandez présente les recherches internationales menées sur ce type d’enseignement et la manière dont ces modèles d’intervention peuvent être transférés dans un contexte francophone.


Après-midi animé par Marc Demeuse, professeur de psychologie à l’université de Mons, Belgique

13 h 45    Enseignement explicite des stratégies de compréhension en lecture au 2nd degré

  • Anna Potocki, maîtresse de conférences en sciences de l’éducation à l’université Grenoble Alpes

La compréhension en lecture est une compétence complexe sous-tendue par un ensemble de processus et habiletés, et qui pose des difficultés à un grand nombre d’élèves (voir par exemple, les résultats des études PIRLS ou PISA). Plusieurs études ont néanmoins montré qu’il était possible d’enseigner la compréhension afin de réduire ces difficultés. Mais pour que cet enseignement soit efficace, une approche explicite apparaît essentielle. Dans cette perspective, nous présentons un ensemble de ressources co-élaborées avec des enseignants pour l’enseignement explicite des compétences et stratégies de compréhension sollicitées dans les activités impliquant la lecture de documents écrits au second degré. Des études menées pour valider l’efficacité de ces ressources auprès d’élèves au collège et au lycée sont également présentées et discutées.

14 h 30     La pédagogie coopérative : expliciter la manière de coopérer pour soutenir des interactions au service des apprentissages

  • Céline Buchs, professeure HEP ordinaire, Haute école pédagogique du Canton de Vaud, Lausanne, Suisse

La pédagogie coopérative (cooperative learning) repose sur des travaux de groupe structurés par l’enseignant·e pour renforcer la qualité des relations et des apprentissages, en veillant à soutenir la participation de tou·te·s les élèves. Cette intervention présente les principes pour préparer les élèves à coopérer (favoriser un climat propice aux relations et aux apprentissages, travailler explicitement des habiletés coopératives, faire réfléchir sur le fonctionnement des élèves et des équipes) et organiser les interactions lors des travaux de groupe (proposer une tâche de groupe qui nécessite la contribution de tou·te·s les élèves en structurant l’interdépendance positive et renforçant la responsabilisation individuelle). Ces propositions pédagogiques sont présentées de manière à souligner le rôle de l’enseignant·e dans l’explicitation des comportements, procédures et stratégies utiles pour travailler et apprendre ensemble ; elles sont discutées en lien avec les principes de l’enseignement explicite et la structuration des séances.   

15 h 15     L’enseignement explicite et la gestion des comportements

  • Ariane Baye, professeure et directrice d’AIDE (Analyses et Interventions dans les domaines du Décrochage et de l’Exclusion) à l’université de Liège, Belgique

Les questions liées à l’amélioration du climat scolaire et des stratégies de gestion des comportements problématiques suscitent de plus en plus d’intérêt de la part des équipes éducatives. Parmi les interventions possibles, le Soutien aux Comportements Positifs (SCP) est une piste intéressante, dans le mesure où ses effets ont été évalués de manière rigoureuse dans divers contextes. La présentation porte sur la mise à l’essai, dans un contexte francophone, de ce projet fondé sur le modèle de réponse à l’intervention et qui recourt à l’enseignement explicite et au renforcement positif des comportements attendus. Nous présentons les résultats d’une revue systématique des études disponibles, avant d’aborder les résultats d’une étude quasi-expérimentale portant sur les effets du SCP sur différentes dimensions du climat scolaire et sur l’efficacité collective des enseignants.

16 h 30    Comment former les enseignants à l’enseignement explicite ?

  • Marie Bocquillon, première assistante à la faculté de psychologie et des sciences de l’éducation de l’université de Mons, Belgique
  • Laëtitia Delbart, assistante à la faculté de psychologie et des sciences de l’éducation de l’université de Mons, Belgique

L’enseignement explicite est une approche pédagogique dont l’efficacité sur l’apprentissage des élèves a été démontrée par de nombreuses recherches rigoureuses. Il est donc important qu’elle fasse partie du « répertoire de pratiques » des enseignants. Or, les pratiques efficaces ne s’acquièrent pas naturellement et leur mise en œuvre par les enseignants nécessite de porter une attention à leur développement professionnel (DP). Cela n’est pas chose aisée, car les programmes de DP engendrent difficilement la modification des pratiques des enseignants (Guskey, 2021). Une synthèse de recherches portant sur les caractéristiques des dispositifs de DP efficaces (Richard et al., 2017) - c’est-à-dire permettant aux enseignants de faire évoluer leurs pratiques et aux élèves d’améliorer leurs apprentissages - est présentée. Dans un second temps, des exemples de dispositifs de formation à l’enseignement explicite élaborés par notre équipe sur la base des principes du DP efficace sont exposés.

17 h 15     Table ronde avec l’ensemble des intervenants

  • Animée par Matthieu Lahaye, sous-directeur des savoirs fondamentaux et des parcours scolaires à la DGESCO, ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse

17 h 45    Synthèse et conclusion

  • Pascal Bressoux, membre du CSEN

La conférence a été organisée sous la coordination scientifique de Pascal Bressoux, Marc Demeuse et Laurent Lima, avec le concours de l’ensemble des membres du CSEN.