Enseigner la déportation
Quelle place pour l’enseignement de la Shoah ?
Dans les programmes scolaires, l’enseignement de la Shoah a une place très explicite et très claire dans le cadre des programmes d’histoire de cycle 3, de cycle 4 et de lycée. Les programmes des cycles 3 et 4, comme les domaines du socle commun de connaissances, de compétences et de culture et le Parcours citoyen permettent également d’enseigner la Shoah, notamment dans le cadre de projets pédagogiques et de pratiques interdisciplinaires. Il serait ainsi très réducteur de limiter l’enseignement de la Shoah à la seule discipline historique même si celle-ci y a sa part centrale.
Le cours d’histoire : une leçon singulière
C’est dans le cadre des cours d’histoire que l’enseignement de la Shoah trouve tout naturellement sa place. Les instructions officielles des programmes de cycle 3, de cycle 4 et de lycée (terminales générale, technologique et HGGSP) amènent les professeurs d’histoire-géographie à aborder le « génocide des Juifs ».
Pour la majorité des professeurs d’histoire, cette leçon est une leçon singulière, de par sa gravité et la possibilité de transmettre aux élèves le sens de l’histoire et la nécessité de la recherche. C’est une leçon à part parce que les élèves l’attendent et derrière laquelle ils mettent beaucoup de représentations. Ce sont des sujets qui restent sensibles. C’est aussi une leçon sur le temps long qui peut servir de fil directeur à l’ensemble de l’année scolaire.
La Shoah dans le parcours citoyen de l’élève et dans le cadre de l’enseignement moral et civique
La leçon sur la Shoah dépasse le cadre du simple cours d’histoire et peut-être directement associée à la construction du parcours citoyen de l’élève et à son corollaire, l’enseignement moral et civique.
Né du constat clair établi par le Cnesco en janvier 2015 selon lequel l’apprentissage de la citoyenneté à l’école française relevait d’un engagement fort dans les programmes mais d’une réalité de terrain en décalage, le parcours citoyen de l’élève, de l’école élémentaire à la terminale, est institué.
Il s’agit de construire un itinéraire cohérent de l’école au lycée et d’assurer une implication plus forte des élèves dans des actions éducatives. Le parcours citoyen concourt à la transmission des valeurs et des principes de la République et de la vie dans les sociétés démocratiques.
C’est tout naturellement dans le cadre de cette transmission des valeurs que se positionne l’enseignement de la Shoah à l’École, en abordant les grands principes de l’éducation à la citoyenneté, et plus particulièrement celui de la lutte contre toutes les formes de discriminations, dont la prévention et la lutte contre le racisme et l’antisémitisme. Si le parcours citoyen engage tous les enseignements dispensés et fait de l’enseignement de la Shoah un enseignement au carrefour des disciplines, en son sein l’enseignement moral et civique permet de structurer la continuité et la progressivité des apprentissages et des expériences de l’élève.
Ainsi, l’enseignement de la Shoah a sa pleine place dans les programmes d’enseignement moral et civique des cycles 3 et 4 et du lycée et plus particulièrement dans le cadre des leçons sur les valeurs, le respect d’autrui, la construction de l’esprit critique (culture de la sensibilité, culture du jugement, culture de la règle et du droit, culture de l’engagement).
De plus, le parcours citoyen s’enrichit par l’engagement des élèves dans des projets ou actions éducatives à dimension citoyenne mais également morale relevant de choix de société auxquels peut directement être associé l’enseignement de la Shoah (participation au Concours national de la Résistance et de la déportation, à une journée mémorielle comme celle du 27 janvier, à la visite d’un lieu de mémoire…). Le bulletin officiel spécial du 22 janvier 2019 précise aussi aux enseignants que dans le cadre de l’enseignement moral et civique au lycée, il conviendra de développer un « projet de l’année » avec les élèves. L’enseignement de la Shoah peut y trouver pleinement sa part.
Par ailleurs, la leçon sur la Shoah est une leçon d’actualité. Sans faire de raccourcis trop rapides, Shoah et antisémitisme sont liés, et même si faire une leçon d’histoire sur la Shoah ne constitue pas un « vaccin » contre l’antisémitisme, l’engagement des élèves dans des actions éducatives dans le cadre du parcours citoyen et de l’enseignement moral et civique peut être grandement porteur de sens. C’est ce à quoi l’institution incite les enseignants, par exemple par l’organisation de projets autour de « la semaine de lutte contre le racisme et l’antisémitisme ». Les domaines 3 (« la formation de la personne et du citoyen ») et 5 (« les représentations du monde et l’activité humaine ») du socle commun de connaissances, de compétences et de culture sont dès lors particulièrement liés à l’enseignement de la Shoah.
Au carrefour des disciplines : Shoah, arts, littérature, philosophie et langues étrangères
La leçon sur la Shoah dépasse le cadre du simple cours d’histoire et peut-être directement associée à la construction du parcours citoyen de l’élève et à son corollaire, l’enseignement moral et civique.
Né du constat clair établi par le Cnesco en janvier 2015 selon lequel l’apprentissage de la citoyenneté à l’école française relevait d’un engagement fort dans les programmes mais d’une réalité de terrain en décalage, le parcours citoyen de l’élève, de l’école élémentaire à la terminale, est institué.
Il s’agit de construire un itinéraire cohérent de l’école au lycée et d’assurer une implication plus forte des élèves dans des actions éducatives. Le parcours citoyen concourt à la transmission des valeurs et des principes de la République et de la vie dans les sociétés démocratiques.
C’est tout naturellement dans le cadre de cette transmission des valeurs que se positionne l’enseignement de la Shoah à l’École, en abordant les grands principes de l’éducation à la citoyenneté, et plus particulièrement celui de la lutte contre toutes les formes de discriminations, dont la prévention et la lutte contre le racisme et l’antisémitisme. Si le parcours citoyen engage tous les enseignements dispensés et fait de l’enseignement de la Shoah un enseignement au carrefour des disciplines, en son sein l’enseignement moral et civique permet de structurer la continuité et la progressivité des apprentissages et des expériences de l’élève.
Ainsi, l’enseignement de la Shoah a sa pleine place dans les programmes d’enseignement moral et civique des cycles 3 et 4 et du lycée et plus particulièrement dans le cadre des leçons sur les valeurs, le respect d’autrui, la construction de l’esprit critique (culture de la sensibilité, culture du jugement, culture de la règle et du droit, culture de l’engagement).
De plus, le parcours citoyen s’enrichit par l’engagement des élèves dans des projets ou actions éducatives à dimension citoyenne mais également morale relevant de choix de société auxquels peut directement être associé l’enseignement de la Shoah (participation au Concours national de la Résistance et de la Déportation, à une journée mémorielle comme celle du 27 janvier, à la visite d’un lieu de mémoire…). Le bulletin officiel spécial du 22 janvier 2019 précise aussi aux enseignants que dans le cadre de l’enseignement moral et civique au lycée, il conviendra de développer un « projet de l’année » avec les élèves. L’enseignement de la Shoah peut y trouver pleinement sa part.
Par ailleurs, la leçon sur la Shoah est une leçon d’actualité. Sans faire de raccourcis trop rapides, Shoah et antisémitisme sont liés, et même si faire une leçon d’histoire sur la Shoah ne constitue pas un « vaccin » contre l’antisémitisme, l’engagement des élèves dans des actions éducatives dans le cadre du parcours citoyen et de l’enseignement moral et civique peut être grandement porteur de sens. C’est ce à quoi l’institution incite les enseignants, par exemple par l’organisation de projets autour de « la semaine de lutte contre le racisme et l’antisémitisme ». Les domaines 3 (« la formation de la personne et du citoyen ») et 5 (« les représentations du monde et l’activité humaine ») du socle commun de connaissances, de compétences et de culture sont dès lors particulièrement liés à l’enseignement de la Shoah.
L’enseignement de la Shoah nécessite l’appui du professeur d’histoire. Il doit être expliqué et contextualisé. Cependant, il n’est pas exclusivement réservé au professeur d’histoire-géographie et doit être abordé dans une logique plus large et plus ouverte. C’est à cette conclusion qu’aboutit entre autres le rapport de la Mission d’étude en France sur la recherche et l’enseignement des génocides et des crimes de masse. En effet, dans ses recommandations concernant l’école et la pédagogie, celle-ci explicite clairement l’idée d’un « renforcement des approches philosophiques, politiques, littéraires et artistiques dans une perspective d’éducation humaniste ». Il s’agit d’appliquer à l’enseignement de la Shoah les principes de l’interdisciplinarité.
Une lecture fine des programmes de lettres, langues vivantes étrangères, arts, éducation musicale, éducation aux médias et à l’information et histoire des arts des cycles 3 et 4, démontre que l’enseignement de la Shoah est possible dans la totalité de ces disciplines. Les enseignements pratiques interdisciplinaires (EPI) peuvent permettre d’élaborer des projets où l’enseignement de la Shoah, dans la perspective d’une histoire longue, peut trouver sa pleine concrétisation. Ainsi, le programme de lettres de l’année de 3e autour de l’écriture de soi, visant à « percevoir l’effort de saisie de soi et la recherche de la vérité » peut amener à un travail pluridisciplinaire qui fait le lien entre Shoah et littérature. Le rapport de la Mission d’étude en France sur la recherche et l’enseignement des génocides démontre tout l’intérêt de ce lien pour les élèves à différentes échelles et insiste par ailleurs sur le fait que « les ressources de la littérature et leur exploitation apportent un renouvellement des études sur la Shoah et son inscription dans la conscience européenne ». Enfin, le jalon « le génocide dans la littérature et le cinéma » de l’objet de travail conclusif du thème 3 du programme d’histoire, géographie, géopolitique et sciences politiques de terminale invite à la fois travailler la dimension pluridisciplinaire, interdisciplinaire et transdisciplinaire de la Shoah.
Les situations pédagogiques pour enseigner la Shoah : état des lieux des pratiques et perspectives formatrices associées
En dressant un état des lieux des situations pédagogiques utilisées par les enseignants pour enseigner la Shoah, leur variété peut surprendre. Cette variété n’enlève pas la nécessité de s’interroger sur certains de ces supports et des pratiques pédagogiques qu’ils induisent dans une perspective dynamique, actuelle et renouvelée de l’enseignement de la Shoah. En effet, plusieurs de ces supports suscitent des questionnements pédagogiques importants et récents.

Figure réalisée à partir d’une enquête menée auprès de 40 professeurs de l’académie d’Aix-Marseille
Les manuels scolaires, oublis et confusions
Pour enseigner la Shoah, la majorité des enseignants utilisent des manuels scolaires. Cet usage peut questionner sur la nécessaire distance critique et les formations et informations à fournir aux enseignants quand on se livre à une petite analyse critique de ceux-ci. En effet, il demeure beaucoup d’erreurs dans les manuels scolaires. Les apports renouvelés de la recherche et les démarches actualisées induites par une historiographie en perpétuel renouvellement ne sont pas toujours pris en compte. Ainsi, sur la dizaine de manuels de 3e édités en 2016 examinés, seulement trois prennent la précaution d’utiliser le terme de « centres de mise à mort », ne tenant pas compte des travaux récents qui font des « camps d’extermination » une expression désuète puisque les déportés n’avaient pas vocation à s’installer et à travailler dans ces camps comme dans les camps de concentration. De même, le « prisme » d’Auschwitz est encore très présent et souvent (c’est le cas de quatre manuels sur dix), des images de la partie éradicatrice du camp sont encore associées au camp de concentration par une vision trop « simplificatrice » du lieu qui est en réalité d’une extrême complexité. Or la lutte contre l’antisémitisme commence par une présentation rigoureuse des faits.
Les séquences audiovisuelles : les sens de l’image ?
L’utilisation de séquences audiovisuelles pour enseigner la Shoah est une pratique encore très répandue, mais qui ne va pas sans soulever de nombreuses interrogations. La masse des productions filmées invite les professeurs à recourir à cet outil. Cependant, le génocide des Juifs est par excellence le crime sans image. Bien souvent, ces productions sont utilisées avec un rôle illustratif, davantage qu’un support de travail et d’analyse ; le film valide d’autres savoirs, transmis de façon plus traditionnelle. Parallèlement au discours de l’enseignant, le film peut alors apparaître à l’élève comme une réalité scientifique. Cet usage mérite donc d’être interrogé pour amener les professeurs à une réflexion autour des langages de l’image, de ses conditions de production, de sélection, voire de réception.
Shoah et littérature : de l’interdisciplinarité
Les œuvres littéraires constituent un autre type de support à l’enseignement de la Shoah, notamment parce que le génocide a donné lieu à la mise en récit de témoignages, de parcours, de vies. Là encore, une actualisation et une approche renouvelée doivent entrer en ligne de compte pour faire réfléchir et former les enseignants. Le rapport de la Mission Génocides invite les enseignants à mieux prendre en compte la dimension de l’écrit survivant et surtout de l’action d’écrire pour laisser une trace. Un travail interdisciplinaire peut amener à cette prise de conscience que ces écrits sont parties prenantes des événements et pas seulement des sources, des documents ou des témoignages. Ce sont des faits d’écriture à part entière qui intéressent la connaissance des victimes, des modalités de la survie et tout ce qui relève des pratiques mémorielles et des transmissions (la littérature comme refuge).
Les lieux de mémoire : faut-il amener des élèves à Auschwitz ?
Quand on demande aux professeurs s’il faut amener des élèves à Auschwitz-Birkenau, ils répondent « oui » de manière quasi unanime. Quand on les interroge sur la nécessité d’amener des élèves sur des lieux de mémoire, on aboutit quasiment au même résultat. Le questionnement sur la pratique est quelque peu différent, puisqu’un tiers d’entre eux reconnaissent ne jamais avoir amené d’élèves sur ce genre de lieux. Un professeur sur cinq déclare utiliser la visite d’un lieu de mémoire pour enseigner la Shoah. Cela fait directement référence à ce qu’Anne Grynberg nomme « la pédagogie des lieux ». Plusieurs historiens et professeurs d’histoire ont pourtant montré que si elle semblait incontournable, la visite des lieux de mémoire ne pouvait à elle seule suffire et ne constituait en aucun cas un « vaccin contre l’antisémitisme ». Le travail de préparation y est indispensable pour les élèves. Seul un travail rigoureux permet d’accompagner au mieux les élèves sur ce genre de lieux, ce qui nécessite de s‘y être formé.
Comment enseigner la Shoah sans les « grands témoins » ?
Peu nombreux sont désormais les professeurs qui enseignent la Shoah à l’aide de l’intervention d’un témoin. Ceci est le reflet du contexte actuel où les « survivants » en capacité de témoigner devant des classes sont rares. Aujourd’hui, nous pouvons déclarer avec l’historienne Annette Wieviorka que nous sommes passés de « l’ère du témoin » (1998) au temps du témoignage. Ces témoignages n’exonèrent pas en effet les professeurs d’un travail critique. Tout en honorant la mémoire des témoins, il s’agit de replacer leurs récits dans un contexte historique. S’il est vrai que les survivants ont un « effet de réel » sur les élèves et semblent les mieux à même de délivrer un message éthique ou moral, il conviendra sans doute aux enseignants de demain de se recentrer sur le sens de l’histoire, amener des élèves à acquérir une intelligence du passé : établir les faits, comprendre, accéder au sens… À l’heure de la post-vérité et des faits alternatifs, cela semble aussi une position éthique. L’enseignement de la Shoah aujourd’hui amène à relever un certain nombre de défis dans les classes.
Les réactions des élèves et les défis de l’enseignement de la Shoah
Entre intérêt et émotion
Les élèves attendent souvent la leçon sur la Shoah. C’est une leçon qui suscite l’intérêt Le nombre d’élèves s’inscrivant et participant chaque année au Concours national de la Résistance et de la déportation tend également à le prouver. Certains élèves se sentent directement concernés par cette histoire. La leçon sur la Shoah est une leçon qui suscite l’émotion des élèves. Cette émotion, il importe de savoir l’accueillir, l’accompagner et la dépasser. La culture de la sensibilité est au centre du programme d’EMC des cycles 3 et 4. À celle-ci se joint la culture du jugement. C’est au professeur d’amener les élèves vers une prise de distance nécessaire pour comprendre et saisir la complexité.
Un sujet « sensible » ?
L’enseignement de la Shoah fait partie des questions dites « sensibles ». Les professeurs sont confrontés dans leur classe à l’antisémitisme et parfois même à la contestation, voire au refus de cet enseignement. Des remarques de rejet ou empreintes de stéréotypes sont faites aux professeurs quand il s’agit d’aborder cette question. Oui, l’enseignement de la Shoah est un sujet difficile dans notre société actuelle. Ce n’est pas parce qu’il est « sensible » qu’on doit le mettre de côté. Il convient d’analyser ces difficultés et d’essayer de trouver des pistes pour accompagner les professeurs face à ces réactions. Un sondage effectué par l’IFOP pour la Fondation Jean-Jaurès faisait état du fait que 21 % des 18-24 ans interrogés déclaraient « ne jamais avoir entendu parler de l’Holocauste » (12 décembre 2018). Différents analystes se sont penchés sur la question, qui interroge bien sûr. Cela semble impossible puisque cette leçon est abordée au moins trois fois dans le cursus des élèves français. Il est aussi possible de prendre les chiffres à l’envers et d’estimer que 79 % des 18-24 ans en France connaissent la Shoah. Si l’on prend un peu de hauteur et que l’on change d’échelle, c’est beaucoup plus que nos homologues européens.
Finalités, compétences civiques et éducation à l’esprit critique
L’enseignement de la Shoah nourrit donc plusieurs finalités. Elles sont d’abord et avant tout pluridisciplinaires et l’affaire de tous les enseignants et personnels du système éducatif. Cet enseignement permet de développer des compétences civiques indispensables aux élèves, futurs citoyens, telles que la culture du jugement ou l’exercice du jugement dans la droite ligne d’une recherche de la vérité. Il s’agit dès lors pour l’élève de mettre à distance ses propres représentations, de comprendre le sens et la complexité des choses et en définitive d’être capable de considérer les autres dans leur diversité et leur différence. Il s’agit aussi d’éduquer à l’esprit critique, de permettre aux élèves de se documenter, de prouver et de lutter contre les théories négationnistes qui foisonnent. En devenant autonomes et en apprenant à penser par eux-mêmes, les élèves sont ainsi mieux armés pour respecter la dignité humaine. La leçon sur la Shoah peut ainsi devenir une véritable éducation à la valeur de la République qu’est la fraternité.
Enseigner la Shoah : quelques pistes et orientations
Enseigner la Shoah nécessite donc plus que jamais de faire de l’histoire, c’est-à-dire de contextualiser, d’envisager l’histoire du peuple juif sur le temps long (« sortir de l’ère victimaire »), d’explorer les différentes temporalités (projet pédagogique de l’académie de Versailles « Par les vivants »).
Cela impose de la rigueur, de développer des connaissances précises et un vocabulaire adapté.
Cela implique de sortir de l’émotion. Si celle-ci est légitime, l’expérience récente a montré qu’enseigner la Shoah ce n’est pas « vacciner » contre la haine. Il s’agit plutôt de faire la part entre l’émotion et la raison pour fabriquer du commun et éduquer à la fraternité.
La pédagogie des lieux peut-être un moyen, une méthode, mais elle se prépare et s’accompagne.
La Shoah s’enseigne aussi par le vide. C’est le sens même du mot génocide. Il faut apprendre à montrer ce vide, à l’expliquer et à l’expliciter aux élèves pour en faire des citoyens éclairés.

Clairière de Birkenau, mars 2018 © Sarah Clavé
« Notre plus grande vengeance, pour nous tous, les survivants, c’est d’avoir pu survivre justement. De nous être mariés et d’avoir assuré une descendance et une pérennité à ce peuple que les nazis avaient décidé de faire disparaître de la surface de la Terre. »
Benjamin Orenstein