« Si j’avais choisi Depardieu comme Tartuffe, c’était d’abord pour affirmer la possible irrésistible séduction de l’homme Tartuffe » : la mise en scène de Jacques Lassalle, c’est d’abord et avant tout une distribution qui porte en elle une dramaturgie car « Tartuffe, c’est le résultat de tous les fantasmes, de tous les rêves des autres personnages ».
Par une série de courtes activités, apprécier le coup de génie de Jacques Lassalle lorsqu’il choisit le comédien de Loulou pour donner corps à la séduction trouble qui émane de Tartuffe, ou lorsqu’il place face à lui la comédienne Elisabeth Depardieu pour signifier d’emblée la vulnérabilité d’Elmire au charme de Tartuffe. Saisir également les enjeux de la scénographie sombre et glacée de Yannis Kokkos et des lumières qui construisent tantôt un espace de surveillance austère, tantôt un tableau baroque tout en clair-obscur. Mesurer enfin les partis pris de jeu qui font de cette comédie farcesque une pièce crépusculaire aux accents tragiques dont aucun personnage ne sort indemne.