« Je me refuse à enfermer la pièce dans un petit endroit qui serait un coin de mon cerveau » : c’est en ces termes que Nicolas Briançon rejette l’idée d’un metteur en scène imposant sa seule vision à un texte. Soucieux, à l’inverse, de « laisser monter les sens » et de se faire surprendre par les acteurs, il propose en 2003 une mise en scène d’Antigone, devenue désormais une référence.
Quels choix ont donc été mis en œuvre pour un tel résultat ? Au fil des recherches et des analyses, on interrogera bien sûr la sobriété des effets scéniques ou la recherche de la nuance dans les images et les significations, mais aussi le refus du pathos facile, de la « sensiblerie pleurnicharde », qui permet au duel entre Antigone et Créon d’acquérir une pleine valeur tragique.