Mettre en scène À vif relève d’une gageure : pas d’intrigue à proprement parler, deux personnages seulement, peu de place accordée à leurs psychologies, mais de longs affrontements argumentatifs qui se répondent terme à terme. Autant d’éléments qui risquaient de rendre la pièce aride et difficile d’accès. Comment faire « entendre » des discours, alors que le théâtre, étymologiquement, renvoie avant tout à « voir » * ? Comment, alors, articuler ces deux aspects afin que la force des mots puisse se déployer au mieux ?
* θεάομαι, en grec, signifie « regarder ». Remarquons cependant que le terme anglo-saxon « audience » a, quant à lui privilégié, l’écoute.