Programme
Le congrès mondial pour la pensée complexe a réuni le 8 et 9 décembre 2016 à Paris, un ensemble de chercheurs, d'enseignants et d'associations pour échanger sur les problèmes vitaux et globaux que rencontre l'humanité.
Les conférences se sont orientés autour de quatre grandes thématiques :
- La connaissance de la connaissance
- L'éducation et l'apprendre à vivre
- Éthique, décision, action
- L'ère planètaire
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Programme (français - PDF - 1,4 Mo) Program (english - PDF - 1,4 Mo)
Jeudi 8 décembre
8 h 30 – 9 h. Inscriptions
9 h – 9 h 45. Inauguration
- Discours de la directrice générale de l’Unesco, Irina Bokova
- Secrétaire d'État auprès de la ministre de l’Éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche, chargé de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Thierry Mandon.
- Ouverture du Congrès par le président de la Commission nationale française pour l’Unesco, Daniel Janicot, et le secrétaire général de l’Association pour la pensée complexe, Nelson Vallejo-Gomez
- Cérémonie de signature portant déclaration d’intention de la création de la future chaire internationale Unesco pour la complexité Fondation Maison des sciences de l’homme/Unesco – en partenariat avec l’Essec, Sciences Po, la Multiversidad Mundo Real, l’Institut pour la pensée complexe de l’université Ricardo Palma et la Corporation Complexus pour le développement
- Remise du doctorat honoris causa à Edgar Morin par l’université José Martí de Latinoamérica de Monterrey (Mexique)
- Vidéo en hommage posthume au fondateur de la Multiversidad Mundo Real, Rubén Reynaga (Hermosillo, Mexique)
9 h 45 – 10 h 30. Conférence inaugurale
Edgar Morin, « Les défis de la pensée complexe à l’ère planétaire »
10 h 30 – 10 h 45. Pause
10 h 45 – 12 h 30. Table ronde : L’éducation et l’apprendre à vivre
Introduction : Edgar Morin
Animateur : Jean-Michel Blanquer
Rapporteur : Jérôme Saltet
Intervenants
François Taddei
Inviter les prochaines générations à coconstruire le monde de demain
Dans notre monde complexe, confronté à une conjonction sans précédent de crises à la fois environnementales, économiques et sociales, les élèves et les étudiants ne doivent plus être en compétition pour acquérir les savoirs d’hier. Il nous faut trouver les moyens d’inviter nos enfants à inventer autre chose, penser une éthique de l’action et coopérer sur les défis d’aujourd’hui pour coconstruire demain.
Maria Candida Moraes
Réformer la pensée et reformer l’éducation pour apprendre à vivre
La complexité des phénomènes éducatifs exige d’aller au-delà de l’énonciation de propositions théoriques. Il est urgent de concrétiser les nouvelles stratégies des politiques éducatives qui, en prenant en compte la transversalité des « sept savoirs pour l’éducation de l’avenir », soient capables de transformer profondément les pratiques de nos enseignants et institutions. Le développement de cette thématique exige de rendre concrets les sens de « la réforme de la pensée » et de « la réforme de l’éducation », afin de rendre explicites les chemins vers la viabilisation de ces réformes à travers des propositions qui doivent être adoptées par nos institutions éducatives, par le corps enseignant, par les communautés et administrations qui gèrent les politiques dans le champ de l’éducation.
Iván Rodriguez Chavez
L’enjeu de l’institutionnalisation éducative et la complexité du monde éducatif
L’institutionnalisation éducative comporte des enjeux culturels, socio-économiques, politiques et philosophiques considérables, car l’éducation scolaire, l’enseignement supérieur et la recherche pour un pays passent par la nécessaire systématisation des projets politiques, leur transformation en démarche législative, en mise en œuvre de la politique éducative et son accompagnement pédagogique, la formation initiale et continue tout au long de la carrière des enseignants, et des personnels de l’éducation en général ; enfin, le budget public et la participation privée pour financer ce que l’on considère comme la matière grise de l’avenir pour une nation. Voilà autant de sujets qui ne sauraient être abordés que de façon à la fois locale et globale, soit, en somme, prenant en compte les défis de l’éducation dans un monde globalisé.
Carlos Jesús Delgado
Éduquer à partir de la pensée complexe
Le travail d’Edgar Morin a eu un fort impact sur le continent latino-américain. Or, des écarts d’interprétation de la pensée complexe existent, selon les enseignants. L’expérience de la diversité d’Edgar Morin est présentée au cours des programmes de doctorat et de master, au sein desquels s’établissent d’étroits points de convergence entre la pensée complexe de Morin et celle d’autres enseignants de la pensée complexe et transdisciplinaires, de Paulo Freire, en particulier.
Luis Carrizo
Incertitude et vie quotidienne : la construction d’un pouvoir
La présentation aborde la notion d’incertitude et sa valorisation éducative comme une stratégie clé, dans la vie quotidienne, pour atteindre le bien-vivre et le savoir-vivre. Elle envisage le caractère psychosocial et le processus de construction historico-épistémique de l’incertitude – fortement définie autour de notions comme danger, risque et menace. Alternativement, elle met en valeur l’incertitude de la vie quotidienne afin de construire le pouvoir de l’utopie. La présentation propose de mettre en débat le paradigme positiviste de « l’ordre et le progrès » (sur lequel se fonde l’idée dominante d’incertitude) pour nous permettre, depuis la pensée complexe et l’œuvre d’Edgar Morin, de comprendre la logique de l’incertitude comme une œuvre ouverte à l’art de vivre au 21e siècle.
Pascal Roggero
Éduquer à la coopération : un enjeu civilisationnel selon la pensée complexe
En s’interrogeant sur l’éducation du futur, Edgar Morin (1999) pointe l’impérieuse nécessité d’enseigner la condition et la compréhension humaines. Mais cette louable ambition ne peut être que limitée si les relations sociales, y compris scolaires, s’avèrent, de plus en plus, pensées et effectivement régulées par la concurrence ou la compétition entre les individus. Il nous semble donc que la pensée complexe, en accord avec certains développements des neurosciences, de la primatologie ou de l’approche socio-anthropologique du don, nous invite à considérer la coopération avec les autres comme un objectif éducatif à promouvoir et, au-delà, un enjeu civilisationnel à défendre.
12 h 45 – 13 h. Échanges
13 h – 14 h 30. Déjeuner libre
14 h 30 – 17 h. Table ronde : La connaissance de la connaissance, épistémologie de la complexité
Introduction : Edgar Morin
Animateurs : Jean-Louis Le Moigne et Giuseppe Gembillo
Rapporteur : Leonardo Rodríguez Zoya
Intervenants
Fausto Fraisopi
Les horizons de la pensée complexe : le défi épistémologique et la pensée spéculative
La pensée complexe se présente dans l’horizon de la philosophie théorique (ou systém-at-ique) et dans l’horizon de la théorie de la science comme un héritage non suffisamment exploité. Toutefois, l’avancée théorique de la pensée complexe représente une vraie révolution dans la façon de concevoir la situation, le rôle et les enjeux du savoir de l’homme. Nous procéderons à définir ces enjeux et la portée de cette révolution par le développement du potentiel spéculatif de la pensée complexe elle-même par rapport à la philosophie théorique et la théorie de la science. C’est uniquement par cette dimension spéculative et dynamique que nous pourrons définir ses horizons futurs.
Marc Halévy
Une révolution épistémologique
La pensée complexe, portée par la physique de l’auto-organisation d’Ilya Prigogine et par « La Méthode » d’Edgar Morin, induit une révolution épistémologique qui fait basculer toute démarche scientifique dans l’après-modernité, dans l’après-mécanicisme, dans l’après-réductionnisme. Ma contribution portera sur cinq concepts fondamentaux : le processus au-delà de l’objet, le tout au-delà de ses parties, l’émergence au-delà de l’assemblage, l’indétermination au-delà du déterminisme et l’intention au-delà de la cause.
Helena Knyazeva
La pensée complexe comme l’art de penser et de construire le monde
La complexité de la pensée doit être commensurable à la complexité du monde. Une personne construit un monde dans le processus de la connaissance. Dans le processus de construction du monde, une personne construit soi-même. Nous pouvons parler de double non-dualité dans le processus de la cognition : de la non-dualité du corps et de l’esprit et de la non-dualité du sujet de la connaissance et de la réalité qu’il connaît. Edgar Morin a écrit que la pensée complexe est un radical multidimensionnel, systématique et écologique. Ajoutant à cela, je considère la pensée complexe comme évolutionniste, non linéaire et holistique. Cultiver les principes de la pensée complexe, c’est apprendre l’art de penser et de recréer le monde.
Julien Malaurent
Quand les stratégies de contournements des systèmes d’information entraînent des changements organisationnels : une conséquence des systèmes d’activités complexes
Les systèmes ERP (Enterprise Resource Planning) sont singulièrement présents dans les multinationales. Le plus souvent, les directions générales de ces entreprises déploient ces systèmes d’information dans le dessein de structurer l’organisation, de la doter en quelque sorte d’un « squelette », mais aussi d’exercer un contrôle sur les processus de gestion de leurs filiales ou de leurs partenaires. Toutefois, si la solution d’une matrice d’ERP universelle est séduisante en théorie, elle s’avère en pratique complexe, risquée et coûteuse. Sous le prisme de la pensée complexe et de la théorie de l’activité, notre étude démontre que les contournements sont des développements normaux. Par conséquent, l’émergence de ces développements incertains et imprévisibles, par les utilisateurs, devrait être considérée comme la résultante légitime de tout système d’information, particulièrement s’il est déployé à une vaste échelle.
Auguste Nsonsissa
Edgar Morin et l’enseignement de la philosophie au Congo. Histoire, état des lieux, enjeux et perspectives
Nous nous proposons de faire l’histoire, l’état des lieux de la place d’Edgar Morin dans l’enseignement de la philosophie en Afrique noire francophone. Au-delà de la réception de sa pensée complexe par les élèves, nous focaliserons sur les enjeux théoriques et pratiques des travaux produits par les étudiants et les enseignants-chercheurs sur l’épistémologie de la complexité de Morin à l’université Marien Ngouabi de Brazzaville. De là, nous tenterons de dégager quelques perspectives liées à la réorganisation de l’enseignement de la philosophie, depuis peu, au lycée et à l’université, à l’occasion de la réforme opérée par le ministère de l’Enseignement primaire, secondaire et de l’Alphabétisation au Congo, à partir de 1990.
Alexandre de Pomposo
La trace du temps au centre de la pensée du réel
Le premier pas dans la découverte du devenir consiste à reconnaître le piège de la symétrie : la méthode dans la recherche scientifique a changé au long du siècle dernier, surtout à cause des découvertes de certains phénomènes de la nature, aux niveaux microscopique et macroscopique, à la superposition des sciences, des technologies et des philosophies. Partant, l’épistémologie a subi les conséquences de cette évolution puisque c’est la dynamique de la connaissance même qui s’est trouvée modifiée. Les présupposés des modèles théoriques du monde, qui veulent garder la validité des principes de conservation caractérisant les lois de la nature, ont donné lieu à beaucoup de polémiques, nous empêchant ainsi d’avoir une vision unificatrice de la réalité.
17 h – 17 h 30. Échanges
Fin de la journée
Vendredi 9 décembre
10 h – 12 h. Table ronde : Éthique, décision, action
Introduction : Edgar Morin
Animateur : Mauro Ceruti
Rapporteur : François L’Yvonnet
Intervenants
Laurent Bibard
La notion de rationalité limitée et ses enjeux
Les relations entre éthique, action et décision sont ici abordées à partir de ce qu’Edgar Morin appelle « les pièges de la connaissance », dans le contexte de la connaissance pratique des acteurs au quotidien de la vie des organisations. Une phénoménologie du quotidien organisationnel montre dans quelle mesure l’efficacité des acteurs est fonction du degré d’intériorisation des normes, via la répétition des tâches qui rend l’exécution de celles-ci réflexe. L’exécution réflexe de tâches, tous niveaux hiérarchiques et fonctionnels confondus, fabrique d’un même coup les compétences et les « routines » organisationnelles, individuelles et collectives.
Daniel Favre
Modèle complexe des motivations humaines, valeurs et incertitude
Nos recherches sur la violence à l’École nous ont amenés à modéliser l’être humain avec trois systèmes de motivation complémentaires et antagonistes à l’origine de notre liberté relative. De la motivation de sécurisation découlent comme valeurs la sécurité et la stabilité ; la motivation d’innovation fait de nous des « sujets en devenir » en quête d’autonomie d’exploration et de responsabilité ; à l’opposé, la motivation d’addiction favorise les valeurs associées à l’individualisme, la logique d’immédiateté et le « toujours plus », avec le refus de tout ce qui diffère de soi. Accepter d’être porteur de cette complexité nous amène dans une représentation incertaine du monde, car les comportements, les choix d’action, que ce soient les nôtres ou ceux d’autrui, ne sont pas ou peu prévisibles. La perception de cette réalité incertaine peut engendrer en chacun un besoin intense de certitudes, d’où un plaidoyer pour une « éducation à l’incertitude » (Dunod, 2016)
Dominique Genelot
Responsabilité éthique et épistémique dans l’action en complexité
Dès que l’homme veut exercer son autonomie et décider dans l’action, il se trouve immergé dans la complexité, qui se manifeste à lui sous les traits de dilemmes indécidables, d’incertitudes, d’informations partielles et confuses. Les méthodes apprises, les règles et procédures, les lois et les codes moraux s’avèrent inopérants face au défi de la complexité. Devant cette réalité qui échappe à notre entendement, toute décision est un pari ! Cette incertitude appelle à chaque instant la réinvention d’une stratégie pour chercher sans relâche à en faire un pari gagnant, c’est-à-dire à donner du sens à nos décisions. Voilà l’homme placé devant la responsabilité d’inventer les voies de son futur. Cette responsabilité est à la fois épistémique et éthique.
Jean-Yves Le Déaut
La loi face à la complexité : l’apport de l’évaluation technologique parlementaire
Alors que la science a longtemps été conçue comme une entreprise de pur savoir, l’époque moderne a vu le développement des sciences et des techniques permettant à l’homme de modifier son environnement de vie. Mais, ce faisant, elle a suscité de nouveaux problèmes et de nouvelles inquiétudes. On lui demande aujourd’hui de faire d’avance la preuve de son apport au sein d’une société complexe de plus en plus tiraillée entre des tensions contradictoires.
Raul Motta
La « vita activa », entre l’éthique et la politique. La complexité humaine est le principal défi de l’enseignement des humanités dans l’« ère planétaire »
Ce programme d’action répond à une éthique et à un savoir rationaliste, unidimensionnel et mutilateur de l’être humain et de la dimension sociale et politique de toute productivité et économie. La complexité humaine nous montre que son éthique est complexe et en tant que telle, nécessite de la politique. Or, la politique a elle-même sa propre complexité et nécessite elle-même une réflexion éthique. De cette tension, complémentaire et contradictoire, naît l’art de la « vita activa » et du savoir-vivre. Contrairement à l’élimination de ces disciplines, il est nécessaire de repenser les humanités à partir de la complexité humaine et, de cette façon, revisiter l’idée d’une « vita activa » de Giambattista Vico à l’aube d’une « Scienza Nuova ».
Alfonso Montuori
L’éducation pour le 21e siècle : complexité, transdisciplinarité, créativité
Complexité, transdisciplinarité et créativité devraient former la base d’une ébauche des systèmes éducatifs au 21e siècle. Nous proposons un bref rapport sur un programme doctoral créé aux États-Unis sur ces principes, s’appuyant sur une expérience de plus de dix ans, qui synthétise les pratiques d’enseignants et d’étudiants travaillant avec ces concepts.
Sean Kelly
La complexité du changement climatique planétaire
Le péril du changement climatique planétaire peut devenir un catalyseur pour un engagement plus large intégrant les principes de la pensée complexe. Ces principes nous invitent à voir et à réagir au changement climatique, qui n’est pas seulement une crise environnementale, mais celle de l’économie politique, de l’éthique et de la vision mondiale ou du paradigme détaillé.
12 h – 12 h 30. Échanges
12 h 30 – 14 h. Déjeuner libre
14 h – 16 h 30. Table ronde : L’ère planétaire
Introduction : Edgar Morin
Animateur : Michel Wieviorka
Rapporteur : José Luis Solana
Intervenants
Sabah Abouessalam-Morin
Complexité urbaine : quel nouveau paradigme pour la ville de demain ?
L’ensemble de la planète est aujourd’hui engagé dans un processus d’urbanisation accélérée. Entre 1950 et 2000, la population urbaine du monde a plus que triplé, principalement dans les pays du Sud. Les particularités de l’urbanisation de ces pays en comparaison à celle des pays du Nord sont l’ampleur du processus, la croissance accélérée de la pauvreté, le développement accéléré des bidonvilles et l’existence d’un secteur de l’économie informelle en pleine croissance. La définition monétaire de la pauvreté par les statisticiens et par la Banque Mondiale est insuffisante et trompeuse, car elle sous-estime le caractère propre au secteur informel et à la réalité de sa dynamique économique. Cette lacune aboutit à l’ignorance des logiques subtiles organisant ce secteur ainsi qu’à l’échec des politiques urbaines et de lutte contre la pauvreté dans ces pays.
Gianluca Bocchi
L’humanité : mille modes d’être planétaires
La mondialisation de nos jours n’est pas un commencement absolu, qui serait dénué de tout antécédent. Notre ère est plutôt l’âge d’une mondialisation très poussée, où les interactions et les hybridations se produisent avec une vitesse remarquable et prennent des aspects bien individuels et individualisés : aujourd’hui, les grands rencontres et affrontements entre les cultures ne sont pas abstraits, généraux, top-down, mais sont un entrelacement de rencontres et d’affrontements concrets, particuliers, bottom-up. Et dans ces entrelacements, il y a toujours plusieurs tendances et contre-tendances très hétérogènes et parfois franchement contrastantes. Un des grands défis de notre présent, politique, anthropologique, culturel et éducatif à la fois, est de savoir gouverner ce grand mélange, sans trop standardiser ni trop séparer les êtres humains, dans le but d’étendre l’espace des possibilités pour les individus et les collectivités.
Fabrice Cavarretta
Propriétés épistémiques des théories de l’action : paradigmes et vérité dans un monde fractionné
Les acteurs subissent les contraintes de la rationalité limitée et ne peuvent donc instancier la totalité des théories concernant leur action. Si la littérature identifie les « règles simples » comme guidant des comportements spécifiques, d’autres champs suggèrent l’existence de règles de niveau plus haut, qui généreraient les règles simples. Nous conduisons une exploration qualitative de ce type de règles architecturales et considérons leurs valeurs épistémiques. En particulier, il apparaît que celles-ci n’ont pas à correspondre à des théories validées scientifiquement, et vont s’agréger par cluster, selon le temps et la géographie. Ces dynamiques paradigmatiques constituent un obstacle majeur à l’émergence d’une représentation partagée et validée.
Gilbert Hottois
Trans-humanisme et bioéthique : un humanisme complexe
Julian Huxley, premier directeur général de l’Unesco, introduit le terme « trans-humanisme » comme un raccourci pour « humanisme évolutionnaire ». À quelles conditions et en quel sens le trans-humanisme actuel, en tant que pensée complexe, intègre, critique et enrichit les humanismes traditionnels et modernes d’une façon actuelle et prospective ? En quel sens la bioéthique, qui est une école de la complexité, constitue-t-elle l’espace de discussion pluridisciplinaire et pluraliste des questions concrètes soulevées par le trans-humanisme ?
Candido Mendes
L’ère planétaire et la dialectique de la globalisation
La globalisation contemporaine répand la veillée de la différence, requise comme paradigme de la postmodernité. Elle s’appuie sur le dépassement de l’État-nation, vu comme achèvement de l’identité collective, après l’humanisme des Lumières. La chute des tours à New York élimina toute ambition hégémonique de l’Occident et rendit irréversible le contrepoint entre les processus de culture et de civilisation dans le monde contemporain. De même, on a vu l’éclatement des racines de cette préalable identité collective, portée au simulacre et à l’inertie de la domination. Du coup, un immense chantier est en cours, celui de l’ère planétaire, auquel participe activement l’œuvre d’Edgar Morin.
Alain Touraine
Diversité des acteurs et unité des systèmes
La mondialisation est une grande porte ouverte aux influences mutuelles de tous les pays de la planète, y compris des pays dits « plus faibles » sur d’autres, dits « plus forts ». Nous le constatons dans le cadre, notamment, des pratiques terroristes qui deviennent transnationales, provoquant des réactivations des politiques réactionnaires, basées sur l’idéologie de la peur, la terreur et le néo-impérialisme. L’ère planétaire permet l’émulation du pire comme des meilleurs entre les pays. De quoi est-il, en somme, fait le nom « ère planétaire » ?
16 h 30 – 17 h. Échanges
17 h. Lecture commentée du Manifeste mondial pour la pensée complexe, par Gustavo López Ospina, directeur exécutif de la Corporation Complexus pour le développement, Antonio Oliveira Cruz, président de l’Institut Piaget de Lisbonne, et Nelson Vallejo-Gomez, secrétaire général de l’Association pour la pensée complexe
17 h 15. Mot de clôture par Edgar Morin
Nota bene :
Le Congrès rendra un hommage posthume à Rubén Reynaga, recteur-fondateur de l'université Multiversidad Mundo Real Edgar Morin (Sonora-Mexique).
A l'occasion du Congrès sera présenté le numéro spécial des Cahiers de L'Herne consacré à Edgar Morin.

Couverture du numéro spécial des Cahiers de L'Herne consacré à Edgar Morin.