
Valoriser les ancrages linguistiques au sein de la classe
- Adaptation du langage écrit et oral
Description
Afin d’améliorer l’acquisition du langage, il est essentiel de valoriser l’ancrage linguistique des élèves en utilisant des supports visuels : affichages formalisés, fiches-outils et espaces dédiés à la trace écrite.
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Les acquisitions linguistiques se font généralement de manière naturelle chez les élèves. Dès qu’il entrera à l’école, de nombreuses activités métalinguistiques lui seront proposées prenant appui sur une langue française orale construite. La langue française orale est parfois en cours d’acquisition, même si elle paraît déjà construite en communication spontanée chez certains élèves (difficultés auditives ou de communication). En effet, un bain linguistique carencé (en quantité, en qualité et en variété) ou des difficultés d’accès à la compréhension limitent l’appréhension de nombreuses subtilités le freinant ainsi dans le rythme de ses acquisitions et de ses productions.
Il est essentiel de visualiser la langue française orale pour ces élèves mais aussi pour tous les élèves. Cela se décline de trois façons :
- Les affichages formalisés au fil des activités pédagogiques de la classe. Il s’agit pour l’élève de mobiliser et d’ancrer un certain nombre d’apprentissage et de compétences développées durant les séquences pédagogiques. Le professeur pourra y faire référence lors de conduite de séances ultérieures.
- Les fiches-outils à destination de l’élève facilitant la mémorisation et son autonomie lors d’activités du lire-écrire.
- La nécessité absolue de créer des espaces destinés à accueillir les traces écrites qui rendent compte des interactions à l’œuvre dans le cheminement pédagogique.
Points de vigilance pour l’élève sourd ou malentendant
L’enfant sourd ou malentendant apprend la langue et ses outils dans le même temps. Par conséquent, il réalise des apprentissages linguistiques tout en exerçant des activités métalinguistiques sur la même langue française. Le rapport intuitif à la langue est différent :
- l’enfant entendant a engrangé une somme d’usages de la langue qu’il réinvestit de manière naturelle au quotidien, il détient donc l’objet d’étude ;
- l’enfant sourd ou malentendant ne maîtrise que partiellement l’objet d’étude, il se retrouvera en difficulté lors des activités d’étude et usage de la langue.
Les activités de systématisation linguistique peuvent être investies de manière mécanique. L’enfant sourd ou malentendant peut connaître la conjugaison et donner l’impression de la maîtriser, mais ne pas savoir la mobiliser dans les activités de lecture et d’écriture. Ainsi, la systématisation ne doit pas être dissociée des activités fonctionnelles de la langue.
Lors de conduites de séances, les professionnels ne peuvent pas s’appuyer uniquement sur le canal auditif mais doivent utiliser des modalités redondantes pour s’assurer de la réception du message.
Recommandations
- Rendre visuelle la langue :
- faciliter l’accès à la langue écrite en proposant à l’élève des outils transférables à d’autres situations d’apprentissage ;
- structurer des connaissances à partir de cas concrets ou pratiques ;
- élaborer des outils discursifs et des outils de langue (outils grammaticaux par exemple). - Proposer des outils visuels auxquels l’élève fera référence :
- construire des fiches-outils individuelles et/ou collectives ayant pour but de faciliter l’autonomie
linguistique de l’élève au quotidien ;
mettre en place des affichages.

Affiche mnémotechnique « Symétrie »
Source : @halatte, Charivari à l’école

Affiche mnémotechnique « Sécante »
Source : @halatte, Charivari à l’école
- Créer des fiches-outils transférables, élaborées à partir de situations d’apprentissage pouvant être utilisées dans de nouvelles situations. Par exemple, une fiche-outil ne doit pas reproduire fidèlement un conte merveilleux sous forme d’un dessin, mais doit prendre l’aspect d’une représentation de la structure du schéma narratif. À ce titre, elle est transférable à d’autres situations.
- Créer des cartes mentales facilite la mémorisation et construction du sens.

Carte mentale « Le dictionnaire »
Droits réservés

Carte mentale « Le panda »
Source : Grégory Sainton et Valérie Bourgeat, « Démarche d’appropriation des cartes mentales auprès d’élèves sourds ou malentendants : quels bénéfices ? », La Nouvelle Revue de l’adaptation et de la scolarisation, vol. 74, no 2, 2016, p. 221-235.
- Gérer les espaces visuels dans la classe :
- rassembler les affichages par discipline ;
- dédier et ritualiser des espaces spécifiques sur le tableau :
· trace de la leçon,
· accueil des propositions des élèves (hypothèses, leçons et brouillons des occurrences linguistiques),
· projection du support de travail.

Espace de classe avec tableaux et affichage disciplinaire
© Institut national des jeunes sourds, Paris

Le tableau blanc à droite permet d’avoir une trace de la leçon, le paperboard à gauche d’accueillir les propositions des élèves, et le tableau central sert d’espace de projection du support de travail.
© Institut national des jeunes sourds, Paris