Travail sur les transitions

Niveau : 1er degré 
Types de besoins :
  • Structuration du temps

Description

Certains élèves ont besoin que les possibles entre deux activités soient précis et explicités, faute de quoi ils risquent d’occuper ce temps « vide » à leur façon, parfois non adaptée aux attentes de l’école. Ces temps doivent donc faire partie intégrante de la préparation des séances pédagogiques.


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Comment organiser les transitions entre deux temps de travail ? Comment faciliter, pour l’élève, la gestion du temps d’attente, des moments de décharge ou de pause ? On évitera les pauses au cours d’une même séance pour éviter de détourner de la tâche, et on rendra explicites les temps de transition.

Avoir la bonne posture en classe ne va pas de soi. Toutes les attentes scolaires ne sont pas explicites, elles relèvent d’un contrat tacite liant l’enseignant et l’élève, auquel certains élèves n’ont pas accès.

Les adaptations peuvent se penser de manière individuelle, avec et pour l’élève dont le besoin est manifeste, ou d’une manière collective car chacun dans le groupe classe peut y trouver un intérêt. D’une manière générale il est plus facile de proposer cette organisation à toute la classe, même lorsque seuls quelques élèves sont concernés.

Organisation globale

Les règles des activités

À l’école certaines règles sont imposées, et il est important que les attitudes attendues et les règles soient exposées et partagées avec les élèves afin qu’ils puissent donner du sens à ces attentes. Une fois celles-ci explicitées, des étapes d’élaboration seront nécessaires. Ce travail s’effectue dans le cadre de la construction des compétences sociales et civiques.

Dans tous les cas il s’agit d’activités de pause. En aucun cas ce temps ne sert à rattraper le travail. C’est un temps pour soi, un souffle pour chacun.

Gestion des propositions d’activité

Chaque élève travaille à son rythme, tous n’ont pas toujours terminé le travail au même moment.

Il est intéressant de prévoir chaque semaine un temps dédié à la régulation de l’achèvement du travail ; ces temps constituent des moments de récupération pour optimiser l’engagement dans la séance d’apprentissage qui suit. Ainsi, une attention particulière sera déployée pour revenir sur un point d’organisation ou modifier le fonctionnement si le non-achèvement est lié à ce type de difficultés.

Si des lieux ou ateliers dédiés à ces temps sont mis en place dans le fonctionnement de la classe, le nombre d’élèves y participant doit être réfléchi et matérialisé pour en faciliter la gestion.

L’anticipation de ces temps libres peut également être matérialisée, sur un temps dédié et ritualisé : en début de journée par exemple, chacun anticipe ce qu’il fera si un temps d’entre-deux se présente.

Certains élèves vont parfois se saisir de ces temps pour se choisir une routine rassurante, pour adopter un comportement rituel qui sera en règle avec les attentes et les règles établies. Dans ce cas il est important de signaler ces réussites, de les verbaliser et d’en faire la promotion.

Certains élèves peuvent s’angoisser car ils ne repèrent pas si leur avancée dans le travail leur offre la possibilité d’une pause. Dans ce cas, soit l’enseignant explicite le « fini » et marque le passage d’un temps à un autre (si possible de manière concrète afin que l’élève en garde trace et donc mémoire), soit on travaillera avec des temps donnés et mesurés (time timer), éventuellement associés à un emploi du temps. Dans tous les cas, il est important que tous les élèves bénéficient sur ces temps d’un moment pour mener une activité qu’ils choisissent et apprécient. Si l’élève est particulièrement lent dans la réalisation d’une tâche, il peut être nécessaire de revoir les conditions de l’achèvement (terminer le schéma, recopier uniquement la première phrase…).

Mise en place

Quelles activités ?

L’activité peut être collective. Par exemple, l’enseignant proposera un temps très cadré sous la forme d’une activité rituelle, simple et redondante, facile à mettre en place, qu’il s’agisse du temps de transition entre deux temps de travail ou de la gestion d’un temps d’attente.

L’activité peut être individuelle et autonome, chacun travaillant alors à son rythme et selon son choix au sein d’une offre prédéterminée. Ainsi chaque élève peut avoir à sa disposition quelques activités prévues et validées avec l’enseignant, en fonction de ses centres d’intérêts et de ses besoins. Ces activités seront contractualisées afin que l’élève se sente « en règle » en les pratiquant (pochette ou cahier d’activité, coloriage, récit libre, lecture plaisir en cours choisie par l’élève, bloc de production libre…). L’élève peut rester à sa place ou au contraire en changer, selon les besoins (certains élèves ont besoin de deux lieux distincts).

Enfin l’enseignant peut mettre en place quelques lieux d’activité à fréquenter en petits groupes (coin sciences, coin écoute…), proposer que certains des métiers de la classe s’effectuent sur ces temps d’entre-deux.

Pour certains élèves il sera plus indiqué de proposer une liste limitée dans les activités possibles (un choix moins étendu étant plus facile à investir…).

Il est important que la liste des activités soit affichée dans la classe, ou bien mise en évidence dans un outil personnel de l’élève, toujours à sa disposition.

Début et fin du temps de pause

L’enseignant fait vivre ce temps de transition : c’est lui qui indique que c’est fini et autorise à lâcher prise.

Il veillera à ce que les élèves qui ne s’autorisent pas à arrêter soient rassurés et aidés à le faire. Au-delà de la simple indication, certains élèves auront besoin d’adaptations de type « boîte à travail terminé » dans laquelle on place sa production, et d’une modification de l’emploi du temps individuel pour marquer l’arrêt de la tâche en cours et le passage en temps de pause.

Certains élèves ont besoin de ranger leur matériel de façon rituelle avant de s’autoriser à passer à autre chose.

Certains peuvent être perturbés par le fait que tous les élèves ne soient plus concernés par une même tâche. Ils associent cette « liberté » à une désorganisation qui les effraie. Dans ce cas :

  • on proposera dans un premier temps des activités identiques pour tous ;
  • on indiquera clairement sur l’emploi du temps collectif le temps de latence et le retour à une situation plus classique ;
  • on veillera à cadrer et sécuriser les activités de pause de cet élève (puisque nous le savons particulièrement angoissé pendant ce sas).

La reprise de l’activité collective peut se décliner en deux ou trois étapes :

  1. indication du rassemblement, de la fin l’inter-temps par un signal : signal sonore autre que la voix, ou signal visuel (disparition de la zone rouge du time-timer, geste de l’enseignant) ;
  2. tâche commune de reprise : l’enseignant peut rassembler les élèves dans une même tache simple, rituelle et très courte qui clôt l’inter-temps, par exemple : frise (trois ou quatre modèles simples et rituels) sur le cahier sur lequel l’élève va reprendre le travail, comptine énoncée ensemble, temps de calme (yeux fermés, tête dans les bras), jeux de rythme, furet…
  3. phrase rituelle de ré-engagement dans l’activité, avec éventuellement un emplacement physique dédié sur lequel l’enseignant se positionne pour marquer ce retour au temps collectif, et le démarrage d’une nouvelle séance.