
L’auto-évaluation pour renforcer l’autonomie dans la pratique professionnelle et expérimentale
- Structuration pédagogique
Description
L’auto-évaluation est un moyen pour entraîner l’élève à évaluer lui-même son travail et ses progrès. Pour le professeur, elle permet de repérer les difficultés rencontrées par l’élève et de lui proposer des adaptations ciblées, voire des moyens de compensation qui lui permettront de travailler seul.
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Selon une étude de Pôle Emploi réalisée en 2019, 93 % des employeurs interrogés placent l’autonomie comme l’une des compétences les plus attendues par les employeurs. Cette compétence est essentielle pour favoriser une insertion professionnelle. À l’issue de sa formation, l’élève doit être en mesure d’exécuter les tâches sans solliciter de l’aide. L’un des objectifs de l’école est de lui permettre de développer cette compétence tout au long de son parcours de formation. C’est un processus progressif.
Dans le cadre de sa formation professionnelle, l’élève apprend à organiser son travail, à réunir toutes les ressources nécessaires, à préparer son poste de travail et à exécuter les tâches demandées. Il va développer des savoir-faire qu’il devra mettre en pratique dans différents contextes. Il devra être capable de s’adapter pour répondre aux exigences professionnelles et faire face à tous types d’aléas.
L’auto-évaluation permet à un élève de prendre conscience de son action en fonction des attendus. Elle l’oblige à analyser ses propres difficultés, à améliorer la qualité de son travail. Ainsi elle lui permet de l’accompagner vers la réussite de son geste professionnel, en comprenant comment il le réalise.
L’élève est dans une posture réflexive par rapport à ses apprentissages. Il sera amené à développer des stratégies de contrôle qui permettent de surveiller ce que l’on fait, d’évaluer la conformité du processus et du produit avec ce qui est attendu, de juger de la pertinence des étapes suivies et de la démarche. Il sera en capacité de faire, par exemple, des propositions de modifications ou de suggérer des utilisations différentes. Ce qui favorisera le développement de son autonomie.
La grille d’auto-évaluation (documents 1 et 2)
L’élaboration d’une grille d’auto-évaluation peut s’appuyer sur le contenu de la fiche TP, éventuellement d’un mode opératoire, d’une fiche de procédure, d’une fiche guide (cf. fiche « Aider les élèves à automatiser les gestes professionnels et techniques ») ou de tout autre outil d’aide. Elle peut concerner une tâche complète ou seulement une étape de la tâche. Elle sera proposée en début de séance et sera complétée par l’élève en fin de séance ou à l’issue de l’exécution de chaque étape.
Cette grille peut servir d’appui pour compenser les difficultés d’un élève (problème d’organisation, de mémorisation, d’attention…). Elle sera plus ou moins détaillée, adaptée aux besoins de l’élève et à son niveau. Les tâches et les étapes sont présentées dans l’ordre précis d’exécution. Si besoin, elles seront cochées au fur et à mesure de la réalisation.
L’auto-évaluation proposée doit permettre à l’élève de mesurer ses réussites. Elle doit donc être positive. L’élève réussit toutes les tâches, soit en autonomie, soit en s’appuyant sur une fiche de procédure qu’il aura l’autorisation d’utiliser avant de solliciter de l’aide, soit avec l’aide d’un tiers (un pair ou le professeur). Il pourra identifier les points à améliorer, son degré d’autonomie et ainsi développer une certaine assurance.
Document 1 : extrait d’une auto-évaluation d’une tâche complète

Document 2 : extrait d’une auto-évaluation de l’étape qui précède la tâche à réaliser

Ce qui est formateur, c’est de faire prendre conscience explicitement à l’enfant de l’écart entre sa propre évaluation et celle du professionnel : il faut donc que l’évaluation de l’enfant et celle du professionnel soient côte à côte pour que le feed-back (rapide, quasi immédiat) de l’adulte permette si nécessaire un ajustement et une amélioration de la tâche.