
Guider l’écoute et le visionnage d’une vidéo pour en faciliter la compréhension en LVE (Langue vivante étrangère)
- Compensation avec du matériel
Description
L’enjeu de l’apprentissage d’une LVE est d’amener l’élève à être autonome face à une situation de communication. Voici quelques dispositifs d'adaptation à l'usage du professeur d'anglais pour répondre aux besoins spécifiques des élèves dyslexiques lors d’une activité de compréhension orale d’une vidéo.
En savoir plus
Perdus par la somme d’informations lors du visionnage d’une vidéo, les élèves dyslexiques peinent à la comprendre. Ces difficultés de compréhension sont liées aux difficultés de prises d’indices et d’inférence, de discrimination auditive ainsi qu’au déficit de mémoire de travail et de mémoire à court terme. Il convient de guider l’élève dyslexique et de l’accompagner pas à pas pour qu’il puisse mener à bien l’activité.
Dédramatiser l’exercice du visionnage d’une vidéo
L’élève dyslexique éprouve des difficultés dans les domaines de la discrimination auditive, de la phonologie et de la vitesse de traitement de l’information (cf. Margaret Crombie, Specific Learning Difficulties: Dyslexia, Jordanhill, 1991). L’anglais s’avère particulièrement difficile pour les élèves dyslexiques pour plusieurs raisons :
- il est une langue accentuelle alors que le français est une langue syllabique ;
- en anglais, les mots, les syllabes et donc les phonèmes n’ont pas tous la même valeur au sein d’un énoncé oral, ce qui rend leur reconnaissance et leur interprétation particulièrement délicates pour un français, même non dyslexique ;
- certains mots usuels monosyllabiques sont très proches phonologiquement et graphiquement (the ; they ; then ; them ; there / is ; his ; this / etc.).
Il s’agit donc dans un premier temps de dédramatiser et de montrer à l’élève qu’il peut accéder au contenu sans pour autant décoder la totalité de la vidéo.
Pour faciliter l’entrée dans la tâche, il est possible de proposer un visionnage libre en amont de la séance. Ce temps de préparation permettra à l’élève d’identifier des indices visuels qui allègeront la charge cognitive au moment de la séance
Préparer le visionnage par une inférence thématique et une anticipation lexicale
Sur ce point, nous invitons le lecteur à consulter également la fiche « Faciliter le traitement phonologique du lexique ».
Chez l’élève dyslexique, les prérequis indispensables à la capacité à discriminer les sons de la langue (conscience phonologique) sont déficitaires. Il est donc essentiel que les sons et le sens des mots-clés de la vidéo soient bien en place en amont du visionnage.
Par exemple, l’enseignant d’anglais peut commencer par guider les élèves sur le contenu de la vidéo :
- en leur demandant d’abord de se livrer à des inférences thématiques à partir du titre de la vidéo ou de la première image (ou des premières images) ;
- en faisant suivre cette inférence thématique par une injection du lexique clé.
Cette phase préalable à l’écoute doit permettre à l’élève de mémoriser le modèle phonologique de ces mots-clés tout en accédant à leur sens. Ceci favorise ensuite leur reconnaissance lors du visionnage et de l’écoute de la vidéo.
Pallier les difficultés de mémoire de travail et de mémoire à court terme par un outil informatique
Les enfants dyslexiques ont des difficultés de mémoire de travail et de mémoire à court terme, ce qui signifie qu’ils ont du mal à garder en mémoire plusieurs informations à la fois. Ils éprouvent une difficulté à maintenir temporairement une information nécessaire pour effectuer une tâche spécifique. Il est donc important de fragmenter les données et de procéder par étapes. Il est possible de rendre une vidéo interactive (Vizia, Blubbr, Edpuzzle), en y intégrant des questions (orales ou écrites), des quizz, des compléments multimédias sous forme de liens, d’images animées, des aides ponctuelles (modèles écrits / graphie ou version imagée de certains mots). Les questions de compréhension pourront être insérées au fur et à mesure du visionnage de la vidéo afin de favoriser la concentration des élèves sur les informations essentielles de celle-ci. Cet accompagnement, réalisé tout au long du déroulement de la vidéo, favorisera le maintien de l’attention de l’élève. Il est possible non seulement de segmenter la vidéo mais aussi, pour certains élèves, de la raccourcir, de proposer des longueurs et des complexités variées.
Proposer des consignes ne mobilisant pas l’écriture et accepter des réponses orales ou d’autres modalités de vérification de la compréhension
Demander à l’élève dyslexique de répondre à l’oral aux questions de compréhension, formulées à l’oral, peut être tout à fait pertinent. Un convertisseur de texte en fichier audio (From Text to Speech par exemple) permettra d’enregistrer les questions (en adaptant le débit de parole) et ces dernières pourront ensuite être intégrées à la vidéo interactive. On veillera à proposer des alternatives à toutes tâches de production écrite. On peut demander à l’élève de dessiner ce qu’il a compris, de numéroter des images dans l’ordre où il les a entendues dans le support audio, travailler par QCM à l’oral, etc.