
Faciliter l’écriture manuscrite
- Structuration pédagogique
Description
L’écriture manuscrite est le fruit de nombreux apprentissages (orientation dans l’espace, geste graphique, préhension de l’outil…). Il s’agit donc de proposer des supports et des outils facilitateurs lorsque l’apprentissage n’est pas terminé.
En savoir plus
Le geste, la mémorisation des tracés, la tenue de l’outil scripteur, le repérage dans l’espace de la feuille composent les différents apprentissages réalisés par l’élève, qui vont l’amener vers l’apprentissage proprement dit de l’écriture. Le geste graphomoteur se développe par des entraînements réguliers et progressifs. Les premiers tracés sont hésitants et imprécis, l’élève développe petit à petit une maîtrise de l’écriture.
« Des études […] ont examiné le développement des gestes d’écriture du point de vue psychomoteur. Elles indiquent qu’avant 8 ans, la production des séquences de lettres reste relativement lente car la plupart des gestes nécessitent un contrôle extrême et les enfants vérifient leur écriture en permanence grâce à la vision et aux traitements proprioceptifs. Le contrôle moteur de l’écriture est très coûteux sur le plan cognitif. […] La maîtrise des habiletés motrices requise pour l’écriture fera l’objet d’un processus relativement long, qui se terminera vers 10 à 11 ans. » Sonia Kandel, Psychologie cognitive des apprentissages, Dunod, 2018.
Plusieurs écritures sont considérées : capitales d’imprimerie, scripte, cursive.
Les supports sont multiples : page blanche, ligne simple, lignes « CP », lignes Seyès, petits carreaux…

Réglure Seyès
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L’apprentissage de l’écriture nécessite plusieurs années avant d’atteindre une vitesse d’exécution rapide et une qualité lui permettant d’être fonctionnelle. L’apprentissage de l’écriture manuscrite est complexe. Le développement de cette compétence peut s’accompagner de difficultés.
Les difficultés d’écriture
L’observation des productions de l’élève nous renseigne sur son niveau de maîtrise de l’écriture.
Les critères observés sont :
- le respect des tracés conformes aux lettres ou aux chiffres ;
- l’enchaînement conforme des lettres au sein d’un mot ;
- la régularité de l’écriture ;
- la conformité de la taille des lettres vis-à-vis des lignes de la feuille ou du support ;
- la vitesse d’exécution et l’aisance du geste dans la tâche d’écriture.
L’écriture manuscrite est-elle fonctionnelle ? (l’élève arrive à se relire et écrit à la même vitesse que les autres élèves).
Cette observation fine tient compte :
- de l’âge de l’élève et de son niveau de développement moteur et cognitif ;
- des attentes scolaires en termes de vitesse ou de performance.
Si ce n’est pas le cas, il faut proposer dans un premier temps des aides et des supports qui permettent de développer des compétences en écriture.
Si malgré ces adaptations l’écriture manuscrite reste très difficile, il est important de faire le point en équipe et avec les parents. L’expertise des professionnels de santé (orthophoniste, psychomotricien…) est alors un apport précieux pour la réflexion.
Aménager les supports
La taille moyenne des lettres des productions de l’élève est un indice qui permet de définir le niveau de maîtrise et de finesse de l’écriture permettant de mettre en place les adaptations.

Cette production d’un élève de CE2 montre une écriture irrégulière dont la taille des lettres s’inscrit en moyenne dans un interligne de 3-4 mm en comparaison de l’interligne classique du Seyès de 2 mm.
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Pour diminuer la contrainte graphomotrice on peut proposer un lignage adapté. Pour cela on peut utiliser par exemple :
- le site de Jérôme Desmoulins, qui propose des générateurs de feuilles librement utilisables pour l’écriture : les réglures sont paramétrables, des modèles d’écriture peuvent être prévus, la feuille générée est au format pdf ;
- la réglure « ligne simple », qui peut être intéressante car l’élève écrit sans la contrainte des interlignes : une écriture un peu grande posera moins de problèmes – de la même façon, les interlignes peuvent être source de difficultés pour certains élèves du fait des informations visuelles supplémentaires à traiter.

Réglure « ligne simple »
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Pour tenir compte des difficultés graphiques
Il faut prévoir sur le support un espace suffisant pour la trace écrite :
- adapter les lignes ou cadres de réponses dans les exercices à compléter ;
- adapter les tableaux, cartes, graphiques ;
- adopter une mise en page aérée en lien avec la taille d’écriture de l’élève.
Guider l’élève sur le repérage
- surligner l’interligne de la ligne d’écriture ;
- utiliser un code couleur marquant le point de départ, le point d’arrivée ;
- adopter un code couleur pour le repérage sur la page (haut, bas, gauche, droite) ;
- adopter un code couleur pour les différentes lignes de la réglure utilisée.

Le repérage
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Guider l’élève sur la tenue de l’outil scripteur
- utilisation de crayons ou feutres à trois pans ;
- apporter une aide visuelle pour le positionnement des doigts ;
- utilisation de guide-doigts.

Outils scripteurs
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Guider l’élève sur l’étayage verbal
- adopter un vocabulaire précis accompagnant le geste ou le tracé ;
- consigne concise et répétée à l’identique.

Lignes
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Guider l’élève sur la personnalisation de l’écriture
Un choix peut être fait entre l’écriture cursive ou scripte pour les majuscules : la fonctionnalité est recherchée par rapport aux compétences conventionnelles. Par exemple, l’écriture des majuscules ne sera pas poursuivie en cursive car elle se révèle trop complexe ou trop coûteuse à mettre en place.
Après quelques mois, si l’écart à la norme perdure ou s’accroît, il sera nécessaire de compenser le déficit de l’écriture manuscrite avec d’autres outils, par exemple le numérique.