Expliciter pour donner du sens aux apprentissages

Niveau : 1er degré  2nd degré 
Types de besoins :
  • Structuration pédagogique

Description

Tous les élèves ne trouvent pas de « sens » aux savoirs, aux situations proposées d’apprentissage. Il convient alors d’avoir des méthodes pour les amener à s’interroger sur le sens de leur travail. C’est dans le cadre d’un enseignement explicite que peuvent s’inscrire des méthodes actives d’apprentissage.


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Les enseignants légitiment leur action au quotidien en alliant bienveillance et exigence. Leur écoute et leur observation attentives valorisent l’élève. La confiance qu’ils mettent dans la capacité de chacune et chacun des élèves à apprendre, à progresser, favorise leur réussite. C’est dans ce cadre que peut positivement s’inscrire l’enseignement explicite, ainsi que dans la lignée du principe d’éducabilité énoncé par Philippe Meirieu.

On peut parler d’enseignement explicite si les élèves savent :

  • ce qu’ils ont à faire ;
  • ce qu’ils pourront apprendre ;
  • ce qui leur est nécessaire pour réaliser les tâches (stratégie ou procédure à mettre en œuvre) ;
  • ce qui est mobilisable ou à mobiliser en termes de savoirs ;
  • ce qu’ils auront appris.

Les apprentissages peuvent ainsi se faire à différents niveaux :

  1. L’enseignant répond à la question du « pourquoi ? » des apprentissages visés en explicitant les tâches, les procédures (« comment ?»), ce qu’ils pourront apprendre et les progrès réalisés. C’est un geste professionnel que l’on dénomme la « clarté cognitive ». On se situe sur un niveau où l’enseignant explicite aux élèves.
  2. L’élève explique à l’enseignant et conscientise les processus intellectuels en jeu en répondant aux questions de l’enseignant : « Que faut-il faire ? » et « Comment vas-tu faire ? » Prendre le temps de faire comprendre à l’élève (à travers l’étayage en fonction des besoins) le but des tâches scolaires et la manière de les réaliser va l’engager dans une activité mentale. Se développent alors des capacités réflexives. L’élève s’explique à lui-même et comprend sa façon de faire (apprendre à…).
  3. L’explicitation entre pairs à traverse les sollicitations de l’enseignant sont à initier par des questionnements du type : « Comment allez-vous faire pour… ? » Lorsque les élèves échangent sur la manière dont ils vont s’y prendre pour arriver au but recherché, ils proposent des « façons de faire ». Ils prennent conscience de leur procédure.

En prolongement

Pour faire vivre l’enseignement explicite, il faut mettre en place des méthodes actives que Roland Goigoux décline en 7 points (conférence de R. Goigoux, 17 mars 2016, sur le site du Cnesco), à savoir :

  1. Planification : objectifs bien articulés entre eux ; étapes modestes mais fortement structurées. (La progressivité des apprentissages est définie à partir des caractéristiques de la cognition enfantine dans les domaines considérés.)
  2. Étayage (ou guidage) serré de la part de l’enseignant pour garantir la compréhension des notions par les élèves (conceptualisation) et pour faciliter l’apprentissage des procédures et/ou des connaissances visées.
  3. Clarté cognitive : pour les maîtres qui doivent précisément « savoir où ils vont » et pour les élèves qui doivent progressivement cerner les enjeux d’apprentissage et les procédures à leur disposition. Clarté facilitée par l’énoncé des apprentissages visés et celui des acquis réalisés à chaque étape.
  4. Régulation de l’attention des élèves, favorisée par un centrage sur les informations importantes à comprendre et à mémoriser ; allègement de la charge cognitive en évitant de submerger les élèves par une trop grande multiplicité d’opérations à réaliser en parallèle.
  5. Mémorisation : rôle de l’exercice et de l’entraînement favorisant l’automatisation des procédures et la mémorisation à long terme ; rôle des révisions fréquentes, hebdomadaires et mensuelles, des apprentissages effectués et du renforcement des prises de conscience (clarté cognitive et métacognition).
  6. Caractère exhaustif de l’enseignement : les compétences requises par la réalisation des tâches scolaires (autrement dit leurs préalables) doivent être prises en charge par l’enseignement. (Voir l’effet socialement discriminant des pédagogies qui présupposent des compétences qu’elles n’enseignent pas.)
  7. Motivation : ce n’est pas un préalable, mais la conséquence d’un sentiment de compétence, généré par des réussites progressives.

Enfin, le recours à des outils numériques, ainsi que certains logiciels et l’utilisation de matériel pédagogique adapté peuvent permettre de soutenir les problématiques des élèves (attention, mémorisation…).

Liens sur l’enseignement explicite