
Enrichir le lexique des élèves avec des troubles des fonctions auditives
- Adaptation du langage écrit et oral
Description
S’appuyer sur des illustrations, des pictogrammes, le jeu pour enrichir le lexique. Utiliser des outils de suivi du lexique. Adapter les formulations, la mise en page des textes pour faciliter la compréhension.
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Le lexique
Le domaine 1 du socle commun « des langages pour penser et communiquer » est directement impacté par les problèmes de surdité.
Les répercussions de la surdité sur le développement de l’enfant et sur sa scolarité dépendent de l’âge du diagnostic, du type et du degré de surdité, du choix du mode de communication fait par la famille : langue orale, langue orale et langage parlé complété (LPC), langue orale et langue des signes française (LSF), LSF et Français écrit), de la mise en place des aides techniques ( prothèses auditives, implants, micro HF), de la rééducation orthophonique et des capacités de communication de l’enfant.
La principale incidence de la surdité est qu’elle entrave la construction de la langue orale. Le retard de langage et de parole constaté se traduit du point de vue du lexique en expression et en compréhension et du point de vue de la syntaxe (les mots outils comme les déterminants, les prépositions... sont mal perçus.)
La langue est un moyen de communication, un instrument d’échanges. Les interactions langagières avec le milieu environnant jouent un rôle prépondérant dans l’acquisition des connaissances. Les enfants présentant une surdité n’ont pas accès aux paroles qui donnent du sens, qui rendent explicite ce qui est implicite. Les savoirs se construisent par l’expérience mais aussi par les échanges et les discussions avec les autres, par les confrontations des points de vue.
Le problème du lexique à l’école
Compte tenu de ses difficultés de perception et son retard de langage oral, l’élève se retrouve confronté à de grosses difficultés de compréhension. Son stock lexical est réduit ; or on ne reconnaît que ce que l’on connaît déjà, l’élève ne va donc pas comprendre une grande partie de ce qu’on lui dit, qu’on lui lit ou qu’il lit lui-même. La complexité de notre langue avec les mots polysémiques, les expressions imagées, l’implicite, le sens concret, le sens abstrait l’empêche d’accéder au sens.
Chaque enfant est unique et il est indispensable de penser les adaptations au cas par cas pour qu’elles répondent le plus possible aux besoins de chacun en apprenant à connaître cet enfant, en échangeant avec ses parents, les professionnels de soin ou d’accompagnement qui le connaisse.
Propositions et exemples
Les comptines en maternelle
Illustrer les comptines en maternelle
Les bosses


- Une bosse, c'est le dromadaire

- Deux bosses, c'est le chameau

- Trois bosses, c’est mon petit frère

qui tombe de l’escabeau
Flic, floc, flic, floc

Quel est ce bruit un peu loufoque ? (2 fois)
C’est peut-être un renardeau
qui boit dans le ruisseau
Ou alors un petit faon
qui tête sa maman.
Ouh... Ouh...
Quel est ce bruit qui me rend fou (2 fois)
C’est peut-être un méchant loup 
Ou bien un hibou 
On ferait bien de rentrer, je suis effrayé.
Utiliser des pictogrammes pour le lexique concernant la météo, les émotions…
Avoir toujours à portée de main un imagier.
Un texte de lecture
Reformuler en utilisant des synonymes ou des périphrases
Exemple :
Texte initial (méthode de lecture Léo et Léa)
Milo a sali la fée Léa.
Difficulté : l’élève ne connaît pas « sali ».
Il a fâché Léa.
Difficulté : il a fâché est une forme inhabituelle, qui est « il » ?
Léa l’a chassé.
Difficulté : chasser = tuer avec un fusil.
Texte adapté
Léa est la fée.
Milo a les pattes sales.
Milo a sali Léa.
Léa est fâchée.
Léa a poussé Milo.
Un problème en mathématiques
Texte initial
Vincent, Philippe et Éric se répartissent les frais de voyage qui s’élèvent à 372 euros. Éric paie 85 euros, Vincent 18 euros de moins que lui et Philippe le reste. Qui paye le plus ?
Difficultés : se répartissent = ils repartent ? Les frais ? s’élèvent ?
Texte reformulé
Vincent, Philippe et Éric se partagent le prix du voyage qui coûte 372 euros au total.
Vincent paie 85 euros.
Vincent paie 18 euros de moins qu’Éric.
Philippe paie le reste.
Calcule combien paient Philippe et Vincent.
Qui paye le plus ?
Exercice d’écriture en CE1
Donner une liste de mots avec une explication, un synonyme ou une illustration
Exemple :
La lionne s’approche tout doucement et silencieusement de la rivière. Elle voit les quatre zèbres et les trois gnous se désaltérer tranquillement. Elle pense à ses petits qui n’ont rien mangé depuis plusieurs jours et qui attendent dans le buisson.
Écris la suite de l’histoire.
Silencieusement : sans bruit
Un gnou : 
Se désaltérer : boire
Un buisson : des petits arbres
Autres propositions
Mettre en évidence la ponctuation
Exemple :
« Je parie que je vais tous vous battre à la course ! », lance Paul.
Lancer est ici associé au fait de lancer un ballon.
« Je parie que je vais tous vous battre à la course ! », lance Paul.
L’élève repère alors qu’il s’agit de paroles d’un dialogue : « lance » = « dit ».
Donner le vocabulaire à l’avance
- Travailler de façon plus systématique en vocabulaire sur les familles de mots ; les préfixes, les suffixes.
- Travailler sur les mots polysémiques, sur le sens propre, le sens figuré, les expressions imagées.
- Travailler sur l'implicite : aider l’élève à comprendre ce qui n’est pas écrit.
Exemple : J’ai rencontré Marie. Sa fille est tombée et s’est fait mal au nez. Heureusement elle n’a pas eu besoin de lui changer ses lunettes.
Il faut comprendre que les lunettes ne sont pas cassées. - Donner l’infinitif des verbes au passé simple ou retranscrire au présent.
Exemple : Nous nous assîmes (s’asseoir) dans l’herbe, il cueillit (cueillir) une fleur et prononça (prononcer) un mot. Il me fit signe (faire)…
Extrait de Le Hollandais sans peine de M.-A. Murail. - Choisir des livres qui ont été édités sous forme simplifiée ou en BD ou adaptés au cinéma.
Beaucoup de romans sont parus sous forme de BD ; ce qui permet aux élèves d’avoir accès au sens, au contexte de l’époque (costumes, paysages...) - Travailler à la compréhension des consignes : surligner les verbes (= nombre de tâches) ; reformuler.
- Répondre aux questions de l’élève concernant le lexique lors des évaluations, lui écrire le synonyme.
Mettre en place des outils pour l’aide à la mémorisation du lexique
- Créer des jeux type loto qui reprennent le lexique de l’histoire ou du thème travaillé, avec une photo à l’appui.
- Jouer les histoires (les personnages sont photocopiés, découpés et fixés sur des baguettes)
- Mettre en place un répertoire commun à l’école, à la maison (et l’orthophoniste) dès que l’enfant déchiffre (constitution de son dictionnaire) On y note les mots avec le déterminant si c’est un nom, on illustre ou on fait une phrase ou on dessine le signe correspondant.
- Continuer à utiliser le répertoire en y ajoutant le vocabulaire écrit d’une couleur différente en fonction de la matière (français, maths, histoire, géographie…).
- Proposer l’utilisation d’un dictionnaire des synonymes dès que possible.
- Inciter l’élève à utiliser le dictionnaire le plus possible.
Travail partenarial
Si les parents ont fait le choix d’une prise en charge orthophonique et s’ils en sont d’accord, prendre contact avec l’orthophoniste : lui donner la progression prévue, les supports qui seront utilisés (comptines, histoires, textes), les notions qui seront étudiées, les thèmes qui seront abordés ; ainsi le vocabulaire pourra être anticipé et repris.