Communiquer à l’oral avec un élève accompagné par une aide humaine à la communication

Niveau : 1er degré  2nd degré 
Types de besoins :
  • Repenser la communication avec l'élève

Description

En contexte scolaire, les élèves sourds et malentendants peuvent être accompagnés par des aides humaines à la communication. Ces professionnels leur permettent d’avoir accès aux énoncés oraux, quel que soit le locuteur.


En savoir plus

Pour les élèves ayant fait le choix d’un mode de communication bilingue, l’aide humaine à la communication traduit également leurs prises de parole. Leur intervention, concomitante au déroulé de la séance, implique certaines mises en œuvre afin que les élèves accompagnés en tirent pleinement profit.

Les aides humaines à la communication

En contexte scolaire, les aides humaines à la communication sont des interprètes en français/Langue des signes française (LSF) ou des codeurs en Langue française parlée complétée (LPC). Selon le mode de communication de l’élève, il pourra être accompagné par l’une ou l’autre.

Les modes de communication

Les élèves sourds ou malentendants et/ou leur famille peuvent, entre autres, faire le choix d’une communication bilingue ou d’une communication en français (voir circulaire n° 2017-119 du 3 février 2017 portant sur le « Parcours de formation du jeune sourd »).

Deux schémas linéaires. Premier schéma : « Communication bilingue : Français écrit/LSF (flèche) Interprète français/LSF». Second schéma : « Communication en français : Français écrit/LSF (flèche) Codeur en LPC ».

Les interprètes en français/LSF

Ce sont des professionnels titulaires d’un master 2 d’interprétariat. Concernant la communication orale, les interprètes en français/LSF interviennent ainsi sur les deux versants : réception et production. Ils traduisent, à l’attention de l’élève, les différents énoncés en LSF et traduisent en français les prises de parole de l’élève.

La présence d’un interprète ne garantit toutefois pas la compréhension des énoncés par l’élève. Ce dernier peut en effet se trouver en difficulté du fait de carences lexicales, qu’il s’agisse du vocabulaire courant ou disciplinaire, ou d’une méconnaissance de références culturelles communes et donc non explicitées.

Même s’il constate ou suppose une incompréhension de la part de l’élève, l’interprète ne reformule pas de sa propre initiative. C’est à l’élève qu’il revient de demander à ce que les propos soient répétés ou reformulés par l’enseignant.

Les codeurs en LPC

Ce sont des professionnels titulaires d’une licence professionnelle de codeurs en LPC.

Éléments de définition
La Langue française parlée complétée est un code manuel qui donne à voir l’intégralité des phonèmes successifs d’énoncés oraux par l’intermédiaire de configurations de la main combinées à ses emplacements au niveau du visage. L’ensemble de la chaîne parlée est ainsi visualisé par l’élève. La LPC vient en appui à la lecture labiale et lève ainsi les problèmes de compréhension liés aux sosies labiaux. Elle amoindrit dans le même temps les efforts liés à la suppléance mentale.

Le codeur en LPC code, l’élève décode.

Les codeurs en LPC interviennent sur le versant réception.

Dans certains cas, les codeurs en LPC peuvent être amenés à reformuler des propos non compris par les élèves. Ils se basent pour cela sur leur connaissance des élèves, de leurs acquis linguistiques, ainsi que sur les incidences de la surdité à prendre en considération en contexte d’apprentissage. Ils n’interviennent toutefois pas au niveau de l’enseignement explicite, qui est le fait du professeur. Des temps d’échanges réguliers entre ce dernier et le codeur sont nécessaires à ce niveau.

Points de vigilance

Agissant sur la réception du discours énoncé par autrui, l’interprétariat et le code donnent accès aux énoncés des tiers mais n’en garantissent pas la compréhension par l’élève sourd ou malentendant.

Bien que ces professionnels constituent la médiation estimée la plus pertinente pour les élèves auprès desquels ils interviennent (avec éventuellement d’autres aides humaines), la configuration induite implique une communication indirecte, moins confortable de fait que la communication directe.

L’intervention de l’aide humaine requiert une attention soutenue et continue de la part de l’élève. Il sera donc plus fatigué que dans des conditions ordinaires, même si l’accès aux énoncés oraux est plus assuré.

Penser les activités orales lors de séances en présence d’une aide humaine à la communication

La présence d’une aide humaine à la communication a des incidences sur le déroulé de la séance, même si elle « se fond » très rapidement dans la classe. Cette présence agit comme une énonciation seconde et complexifie de fait la communication en situation scolaire. Certains éléments sont à garder à l’esprit pour faciliter la communication et l’accès aux apprentissages des élèves concernés.

Le déroulé de la séance/en cours de séance

S’adresser à l’élève comme s’il n’était pas accompagné, et non pas à l’aide humaine à la communication : il s’agit de respecter la communication première, à savoir le professeur s’adresse à l’élève.

Veiller à ce que l’aide humaine à la communication soit visible de l’élève (être vigilant aux contre-jours, éviter une pénombre trop prononcée en cas de projection, etc.) : il s’agit, pour l’interprétariat, d’offrir à l’élève la vision de l’énonciation seconde.

Veiller à assurer à l’aide humaine à la communication et à l’élève un environnement facilitant. L’aide humaine à la communication doit avoir un accès clair aux énoncés oraux. L’élève doit, quant à lui, pouvoir se concentrer sans surcoût.

Il convient pour cela de :

  • veiller au calme dans la classe ;
  • faire respecter les tours de parole et faciliter l’identification de celui qui intervient ;
  • ne pas parler dans le bruit.

Attendre que l’aide humaine ait fini de traduire ou de coder sa prise de parole avant de passer à une autre tâche ou à un autre locuteur, le temps de la traduction ou du codage pouvant être plus long que celui de la prise de parole.

Garder à l’esprit que les échanges avec une aide humaine à la communication, l’interprète notamment, peuvent être plus longs du fait de reprises (à l’initiative de l’élève ou du professeur s’il suppose une incompréhension) visant à assurer la compréhension.

S’ils n’ont pu être donnés en amont, écrire ou épeler les noms propres.

Dès qu’une activité autonome est engagée, du type exercice écrit, lecture silencieuse, etc., ne plus prendre la parole pour donner de nouvelles informations ou indications à la classe. L’élève ne pourra y avoir accès que s’il regarde son aide humaine à la communication, ce qui est impossible s’il est concentré sur une autre tâche.

Si une information doit toutefois être donnée, alerter l’élève et veiller à ce qu’il soit en situation de regarder son aide humaine.

Pour toute tâche d’écriture sous la dictée : il convient de distinguer le temps de l’énonciation, pendant lequel l’élève sourd ou malentendant regarde exclusivement l’interprète en LSF ou le codeur, de celui de l’écriture. Ces deux tâches ne peuvent être concomitantes. Des répétitions ou explications ne doivent pas être données pendant le moment d’écriture.

Certains élèves peuvent être accompagnés par une aide humaine à la communication et par une aide humaine individuelle (AESH). Dans ce cas, les tâches de l’AESH et de l’aide humaine à la communication sont distinctes : l’AESH peut reformuler (après échanges avec l’enseignant) ou être scripteur.

Remarque : selon les besoins des élèves, d’autres modalités de diffusion de la trace écrite peuvent être envisagées (distribution par l’enseignant de la synthèse du cours, par exemple).

Préparation de la séance

Le professeur et l’aide humaine à la communication sont amenés à travailler ensemble. Des points réguliers et l’envoi de tout document permettant à l’aide humaine de se préparer au mieux sont garants d’un accompagnement optimal :

  • transmettre sa progression, le contenu et déroulé des séquences et séances en amont ;
  • envoyer les textes, documents, schémas, infographies, diaporamas, etc. ;
  • transmettre également les noms propres, termes peu connus ou peu usités ;
  • transmettre tout ce qui a trait aux particularités disciplinaires (lexique, mises en œuvre spécifiques, etc., et plus généralement d’expliciter la langue de l’école) ;
  • avertir l’aide humaine si la séance se passe sur une modalité particulière ;
  • si un tiers est amené à intervenir, en avertir l’aide humaine à la communication et lui donner toutes les informations dont il pourrait avoir besoin (nom, profession, objectifs de l’intervention, déroulé de la prise de parole, documents projetés, etc.).

Points de vigilance en lien avec les modifications d’emploi du temps

L’accompagnement par les aides humaines à la communication est envisagé par période, l’année scolaire en général, et peut ainsi varier en fonction des besoins des élèves.

L’emploi du temps des aides humaines est donc établi à l’avance et peut difficilement être modifiable.

Un délai est en effet nécessaire pour permettre au service de s’organiser en cas de changement à ce niveau. Ce délai est à envisager en début d’année avec le service ou l’association employeur. Lorsque le délai n’est pas suffisant, ou en cas de changement de dernière minute (il convient donc d’interroger si une aide humaine à la communication est normalement présente), l’élève accompagné ne pourra plus avoir accès aux énoncés oraux (soit plus du tout, soit imparfaitement dans des conditions impliquant des efforts accrus). Il faut, dans ce cas, privilégier d’autres adaptations.